16/01/2017

LE DERNIER JUIF

Juif 1.jpgQuatrième de couverture : "Il s'adressa au Tout-Puissant, non pas en l'implorant, mais en l'interpellant avec fureur : Quel est donc ce dessein divin qui conduit tant de mes frères à leur perte ? Et à quelle fin as-Tu fait de moi le dernier juif d'Espagne ?"

  1. L'Inquisition s'abat sur l'Espagne, décimant les juifs du royaume. L'un d'eux, Yonah, porte sur l'Histoire un regard lucide d'enfant meurtri, témoin de la disparition des siens.

Cette épopée romanesque nous conduit des plaines arides de Castille à la "Montagne sacrée" de Grenade, du détroit de Gibraltar aux blancs sommets des Pyrénées.

Fresque flamboyante, Le dernier juif est un passionnant voyage semé de rebondissements haletants et d'intrigues entrecroisées. Cette grande fable savamment orchestrée, hymne à l'amour et à la tolérance, dessine avec force le destin d'un héros pour incarner la mémoire de son peuple.

Noah Gordon

Auteur acclamé du Médecin d'Ispahan, best-seller international, Noah Gordon est un véritable phénomène d'édition. Le dernier juif est l'un des dix romans les plus vendus au monde.

 

 

Juif 2.jpegL'auteur : Noah GORDON

Nationalité : États-Unis

Né(e) à : Worcester (Massachusetts) , le 11/11/1926

 

Noah Gordon est un romancier américain.

Il a été journaliste scientifique, directeur de journaux médicaux.

Les thèmes principaux développés dans ses romans sont l’histoire et l’éthique médicale et plus récemment l’Inquisition et l’histoire de la culture juive.

Il vit avec sa femme Lorraine dans une exploitation forestière des monts Berkshire, à l’ouest du Massachusetts.

 

Mon avis : Un très bon roman historique sur fond d'inquisition espagnole et plus particulièrement sur l'expulsion des juifs en 1492.

Aucun temps mort, aucune longueur, il se passe toujours quelque chose, une belle épopée, passionnante du début à la fin, un plaidoyer pour la tolérance.

Un roman plein de rythme, de cours chapitres, une écriture simple, l'auteur réussit à nous captiver avec l'histoire du dernier juif dans un climat de terreur et d'horreur.

 

En marge du livre : Expulsion des juifs d'Espagne

juif 3.jpgLe samedi 31 mars 1492, la reine Isabelle de Castille et son mari Ferdinand d'Aragon signent un édit par lequel ils laissent aux juifs d'Espagne jusqu'au 31 juillet pour se convertir ou quitter le pays.

Plus d'une centaine de milliers de juifs et de marranes (faux convertis) choisissent l'exil. Ils s'établissent dans les États musulmans d'Afrique du Nord, à Salonique, cité grecque sous souveraineté ottomane, ou encore au Portugal voisin ou dans les États du pape, où leur sécurité est assurée ! Ils restent connus sous le nom de «sépharades», mot qui désigne l'Espagne dans leur langue dérivée de l'hébreu, le ladino.

Quelques marranes du Portugal s'installeront plus tard dans le Bordelais (parmi eux les ancêtres de l'écrivain Michel de Montaigne), d'autres en Hollande (parmi eux les ancêtres du philosophe Spinoza). Le décret d'Isabelle et Ferdinand sera aboli le 5 juin 1869 par un article de la Constitution espagnole.

http://www.lemonde.fr/ete-2007/article/2007/08/02/l-expul...

15/01/2017

PETIT PAYS

Petit pays 1.jpegQuatrième de couverture : En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…

« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages... J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d'être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »

Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

 

 

Petit pays 2.jpgL'auteur :  Gaël FAYE

 Nationalité : France

Biographie :

Gaël Faye est né en 1982 au Burundi d'une mère rwandaise et d'un père français.

En 1995, après le déclenchement de la guerre civile et le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, il arrive en France. Il passe son adolescence dans les Yvelines et découvre le rap.

Gaël Faye étudie dans une école de commerce, obtient un master de finance et travaille à Londres durant deux ans pour un fonds d'investissement. Il quitte la cité de Londres pour se lancer dans l'écriture et la musique.

Franco-rwandais, Gaël Faye est auteur compositeur interprète de rap. Aussi influencé par les littératures créoles que par la culture hip hop, il sort un album en 2010 avec le groupe Milk Coffee & Sugar (révélation Printemps de Bourges).

En 2013 paraît son premier album solo, "Pili Pili sur un croissant au beurre". Enregistré entre Bujumbura et Paris, il se nourrit d’influences musicales plurielles : du rap teinté de soul et de jazz, du semba, de la rumba congolaise, du sébène…

En 2016, il sort son premier roman, "Petit pays", qui obtient le Prix du roman Fnac et le Goncourt des lycéens.

 

 

Mon avis :  Après avoir lu la première partie du livre, je dois dire que j'étais assez dubitatif, je ne comprenais pas bien ce qu'on trouvait de si extraordinaire à ce roman pour le couvrir de prix et être encensé de toute part. Je n'y voyais qu'une histoire assez simple et banale, sans beaucoup d'intérêt, certes attachante mais pas très passionnante.

Heureusement la suite de l'histoire va crescendo, le petit garçon bascule de l'insouciance de sa jeunesse vers le drame du génocide rwandais, la stupidité et l'horreur de la guerre, le tout raconté avec les yeux d'un enfant.

Sans en rajouter l'auteur nous livre un roman puissant, touchant, dramatique et drôle à la fois, avec beaucoup de sensibilité voire de poésie.

Ce jeune auteur a réussi un très bon premier roman mais je n'irai pas jusqu'à en faire un chef d'œuvre.

 

 

Petit pays 3.jpgEn marge du livre : Génocide rwandais

Le 6 avril 1994, le président-dictateur du Rwanda, Juvénal Habyarimana, est tué dans un attentat contre son avion personnel. Ses fidèles de la majorité hutu entreprennent aussitôt le massacre de la minorité tutsie(10% de la population) et des hutus modérés.

En trois mois, 800 000 innocents sont massacrés à coups de machette. C'est l'un des génocides du XXe siècle définis comme tel par l'ONU, avec le génocide arménien, le génocide juif et le massacre de Srebrenica.

https://www.herodote.net/6_avril_1994-evenement-19940406....

 

 

03/01/2017

LE SOURIRE ETRUSQUE

Etrusque 1.jpgQuatrième de couverture :  Salvatore Roncone, vieux paysan calabrais attaché à sa terre et à ses traditions, doit se rendre à l'évidence. Pour combattre cette bête qu'il nomme la "Rusca" et que les médecins appellent le cancer, qui lui dévore peu à peu le ventre et le tue, il doit quitter son village natal et partir en convalescence chez son fils à Milan. Milan que le Calabrais déteste, Milan et sa fureur, sa solitude, sa laideur aussi et sa vie sans goûts ni odeurs. Milan et son fils, qu'il croit ne plus connaître et sa belle-fille qui ne vient pas du même monde. Milan ou l'enfer. Cet enfer qui va pourtant lui offrir son dernier amour - un amour franc et total, plus fort que tout - en la personne de son petit-fils Bruno qu'il ne connaît pas...

L'écriture de José Luis Sampedro est d'une douceur infinie. Il aborde dans ce roman touchant l'approche de la mort, la remise en question et développe le thème de l'apprentissage dans un langage d'une clarté limpide. Nourri de ce talent de la simplicité, Le Sourire étrusque est l’œuvre de la transcendance, celui de la mort par l'amour.

 

 

 

 

 

L'auteur : José Luis SAMPEDRO

 Etrusque 2.jpg

 né en 1917 à Barcelone, d'un père natif de Cuba et d'une mère espagnole d'Algérie.

A Aranjuez, il exerce comme fonctionnaire à la Direction générale des douanes. En parallèle il s'éprend de poésie, commence à écrire et crée des revues, (Uno et la Revista de Estudios Islamicos.) Après la guerre d'Espagne, il se tourne vers l'économie, entre à la faculté de Sciences politiques et économiques et devient conseiller du Commerce extérieur du gouvernement espagnol. Néanmoins, il défend l'écologie et se considère comme un opposant politique. En 1977 il devient sénateur.

Avec sept romans, il s'est imposé en Espagne comme un des plus grands auteurs contemporains. Jose Luis Sampedro est décédé le 8 avril 2013 à Madrid.

 

 

Mon avis : Après un roman dur et cruel, ce roman de Sampredo, publié en 1985, m'est apparu comme un jour de grand soleil après 3 jours de tempête.

On ne peut que s'attacher à ce vieux paysan Calabrais, bourru, rustre, attaché à la vie et aux traditions de son village de montagne. Il se sait en fin de vie, il s'y accroche car il ne veut pas mourir avant son ennemi farouche, un fasciste qu'il a combattu du côté des partisans.

Il est choqué des méthodes d'éducation de sa belle fille, pensez donc son petit fils de 13 mois doit dormir seul la nuit dans sa chambre.

Il va réagir comme s'il était toujours à la guerre, il va protéger son petit fils, il va en faire son complice, il va prendre en charge son éducation pour en faire un homme. Son attachement à ce petit bonhomme va le transformer à tout point de vue, il devient un tendre "nonno", et sa rencontre avec Hortensia va lui faire voir les rapports humains sous un angle moins macho.

Un roman d'une tendresse extraordinaire, très touchant, bouleversant, poignant où l'émotion est permanente. L'écriture est simple et efficace, voilà encore un auteur  que j'ajoute volontiers à ma liste déjà longue d'écrivains hispaniques.

 

 

En marge du livre : au début du roman, le vieux paysan accompagne son fils dans un musée de Rome, la villa Giulia, il tombe en extase devant un sarcophage étrusque et le sourire étonnement doux d'un couple enlacé.Etrusque 3.jpg

http://www.rome-roma.net/villa-giulia-musee-national-etru...

la Villa Giulia, édifice de la Renaissance, est une petite partie d'une ancienne propriété.

Depuis le début du XXe siècle, la villa abrite le Musée national étrusque, fondé en 1889 dans le but de rassembler toutes les antiquités pré-romaine du Latium, de l'Etrurie méridionale et de l'Ombrie appartenant à la civilisation étrusque, falisques et capenates.

Parmi les œuvres exposées dans ce riche et vaste musée, la plus connue est un monument funéraire en l'argile, le Sarcophage des époux, où est sculpté un couple marié, presque en grandeur nature, et jovials. Parmi les autres trésors, se trouvent les Tablettes de Pyrgi (prés de Santa Severa), texte etrusco-phénicien, l'Apollon de Véies, les restes d'un temple trouvé près d'Alatri, etc