22/04/2017

LA NUIT DERRIERE MOI

Nuit 5.jpgQuatrième de couverture : J'ai une deuxième vie : celle de Furio Guerri, le monstre. ". C'est ainsi que commence la confession du héros de ce livre, commercial dans une société d'imprimerie, bien sous tous rapports. Soigner son sourire et ses chaussures, tel est le secret, selon lui, du bon vendeur. Il a une belle maison dans la province de Pise, une femme qu'il aime, une fille pour qui il s'efforce d'être un père présent et compréhensif. Un modèle. Mais, derrière les apparences, il y a la face obscure de Furio, qui passe certaines de ses journées sous une identité d'emprunt, rôde pour une raison obscure près d'un lycée, et épie les jeunes filles. Quand il commence à connaître quelques soucis professionnels et qu'il découvre que sa femme, Elisa, lui cache des choses, son " vernis de respectabilité " commence peu à peu à se fissurer. La tension monte, jusqu'à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps ?

 

 

 

 

 

 

Nuit 2.jpgL'auteur : Giampaolo SIMI

Nationalité : Italie, né à : Viareggio , le 10/12/1965

Biographie :

Journaliste, un scénariste et un écrivain italien de roman policier et de littérature d'enfance et de jeunesse;

En Italie, il travaille comme journaliste pour "La Repubblica" et "Il Tirreno". Il collabore à l’écriture des épisodes des séries RIS – Delitti imperfetti (saison cinq et six), l’Ispettore Coliandro et Crimini pour laquelle il scénarise en 2010 sa nouvelle Luce del Nord. Stefano Sollima réalise l’épisode.

Il est l'auteur de neuf romans et d'une série de six romans pour la jeunesse. En France, trois de ses livres ont été traduits, dont deux dans la collection Série noire.

 

Mon avis :

Plus qu'un thriller, on peut parler d'un roman noir psychologique. Un roman étonnement construit entre le passé et le présent, entre le représentant et père de famille bien sous tout rapport et le "monstre".

Un roman perturbant par le style, l'auteur utilise  la première personne quand c'est le "monstre" qui parle et la deuxième personne quand il s'agit du bon mari.

Le récit un peu lent au début n'est jamais ennuyant, l'auteur décrit parfaitement la descente aux enfers de Furio Guerri et sa volonté de rédemption 10 ans plus tard, la crise conjugale d'un couple qui a tout pour être heureux et les conséquences d'un manque de compréhension et d'écoute de l'autre.

L'étude psychologique est précise, très bien rendue, le suspens oppressant va crescendo, quelques fausses pistes et un final à la hauteur.

Un très bon roman qui a obtenu le prix des lecteurs du "livre de poche" 2017, il le mérite.

 

 

En marge du livre :

Nuit 3.jpgFaire face à la crise de couple.

Dans une relation, les crises, inévitables, marquent la fin d’un cycle. Enfants, maison, construction professionnelle, tout cela est derrière soi. Et maintenant ? « L’un se réjouit de ce qui a été accompli et ne met plus d’énergie dans la relation, décrit Isabelle Constant, psychothérapeute intégrative. L’autre, en mal de projets communs, exprime son malaise par une dépression, une conduite addictive, une infidélité. Son symptôme, identifié comme la cause de la crise, a plutôt valeur de signal d’alarme. » Est-ce le signe de la fin ? Pas forcément. À condition de s’en donner les moyens, les conjoints peuvent parvenir à surmonter l’épreuve.

http://www.psychologies.com/Couple/Crises-Divorce/Conflit...

20/04/2017

UN PRISONNIER MODELE

Prisonnier 1.jpgQuatrième de couverture : Tueur en série légendaire, Joe Middleton, surnommé le Boucher de Christchurch, s'est tiré une balle dans la tête. Par malheur, il s'est raté et a atterri à l'hôpital, escorté par une horde de policiers qui se demandent déjà s'ils n'auraient pas mieux fait de l'achever discrètement.

Un an plus tard, Joe est toujours derrière les barreaux d'un quartier de très haute sécurité. Son procès est imminent. Mais pour ceux qui ont eu affaire à lui, seule sa mort rapide est souhaitable.

On retrouve dans Un prisonnier modèle tout ce qui a fait la réussite d'Un employé modèle : des scènes violentes qui secouent, un humour férocement noir, une intrigue aux multiples rebondissements. Que les âmes sensibles s'abstiennent... et que les autres plongent avec délices dans ce thriller jubilatoire où notre serial killer préféré devient une cible à son tour . Du Cleave... pur sang !

 

 

 

 

 

Prisonnier 2.jpgL'auteur : Paul CLEAVE

 

Nationalité : Nouvelle-Zélande, né à : Christchurch , le 10/12/1974

Paul Cleave est né à Christchurch, Nouvelle Zélande, en 1974.

Il a travaillé comme prêteur sur gages pendant sept ans avant de se tourner totalement vers l'écriture. Il avait écrit son premier roman à 19 ans, et depuis ses premiers jours à l'école, a toujours voulu être un écrivain.

"Un employé modèle" est son premier roman. Il a connu un succès international retentissant, se classant dès sa parution en tête des meilleures ventes en Allemagne, au Japon, en Nouvelle Zélande et en Australie.

Son second roman, "Un père idéal", est publié en France Chez Sonatine en octobre 2011.

"Nécrologie" est sorti en France en 2012.

 

Mon avis :

Avis aux amateurs d'humour noir, ne ratez surtout pas ce roman !

L'auteur utilise la technique de chapitres très courts chacun portant sur un des personnages complètement déjantés du roman.

Le personnage principal, c'est Joe, le boucher de Christchurch, un tueur en série complètement débile ou intelligemment naïf, un tueur qui a sa vision des faits tout à fait à contre sens du commun des mortels. Les chapitres qui lui sont consacrés sont écrits à la première personne, Joe s'adresse donc directement au lecteur. Au fur et à mesure, l'auteur arrive même à ce qu'on ressente de la compassion voir de l'empathie pour cet affreux personnage.

Les autres personnages sont tout aussi décalés, tous ont une très forte personnalité, tous sont très bien construits : Melissa, tueuse sans scrupule elle aussi, petite amie de Joe, Schroder l'inspecteur qui a poursuivi Joe pendant des années et qui a été remercié de la police pour meurtre,  Raphael, le père d'une jeune femme victime de Joe et qui n'a qu'une idée d'appliquer la loi du talion, faire souffrir et tuer Joe, la mère de Joe qui ne comprend rien à rien et qui vit dans son monde, les autres prisonniers du pénitencier de haute sécurité, tout aussi affreux que Joe, les gardiens féroces et sadiques, les avocats, les policiers, etc.

Les dialogues sont à la hauteur des personnages, c'est corrosif, décapant, surréaliste, complètement amoral, l'ironie et l'humour noir sont permanents. Un roman où on n'a jamais le temps de s'embêter, des situations burlesques, des rebondissements, du suspens, Paul Cleave nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

Un roman qu'on lâche difficilement et comme les chapitres sont courts, on a tendance à en lire encore un, puis encore un.

 

En marge du livre :

Les Tueurs en série : http://www.tueursenserie.org/

Prisonnier 4.jpg

"Nous craignons ce que nous pourrions faire -le monstre, la bête tapie en nous- bien plus que nous ne craignons les conséquences judiciaires de nos actes. Mais pour un tueur en série, c'est bien différent : les actes de mutilation et d'overkill lui donnent un sentiment de contrôle et de domination sur ses victimes humiliées. Ces actes sont le cadre de son empreinte psychologique, quelque chose qu'il doit faire, qui doit sortir de lui, quelque chose qui le pousse à tuer, encore et encore.

Robert KEPPEL (signature Killers)

13/04/2017

CE QUE J'AI VOULU DIRE

Maraï 1.jpegQuatrième de couverture : Construit autour de deux dates – le 12 mars 1938, lorsque l’Allemagne nazie annexe l’Autriche, et le 31 août 1948, lorsque l’écrivain et sa famille quittent la Hongrie, désormais pays satellite de l’URSS –, ce récit mêle confession intime et analyse historique. Sándor Márai ausculte une société tiraillée entre désir d’indépendance et rêve de grandeur nationale qui va finir par servir l’Allemagne nazie.

Longtemps présumé perdu avant d’être retrouvé et de paraître en 2013 à Budapest, Ce que j’ai voulu taire constitue le dernier volet inédit des Confessions d’un bourgeois et est un véritable réquisitoire contre le fascisme et la barbarie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maraï 2.jpgL'auteur : Sandor MARAÏ

 

Nationalité : Hongrie

Né à : Košice (Slovaquie, ex Haute-Hongrie) , le 11/04/1900

Mort(e) à : San Diego (États-Unis) , le 22/02/1989

 

Sándor Márai (de son vrai nom Sándor Grosschmied de Mára) est un écrivain et journaliste hongrois.

Il connaît dès ses premiers romans un immense succès avec "Les Révoltés" (1930) et surtout "Les Confessions d'un Bourgeois"(1934). Antifasciste déclaré dans une Hongrie alliée à l'Allemagne nazie, il est pourtant mis au ban par le gouvernement communiste de l'après-guerre. Il s'installe à New-York et devient collaborateur de la Radio Free Europe de Munich. A partir de 1980 il vit avec son épouse Lola à proximité de leur fils Janos à San Diego en Californie.

Pendant ses 41 années d'exil, il poursuivra l'écriture d'une œuvre immense, en hongrois, qui comprend des romans - dont "Paix à Ithaque!"(1952) et "Les Métamorphoses d'un Mariage" (1980), l'important récit autobiographique, "Mémoires de Hongrie" (1972) et des journaux intimes (de 1943 à 1983). Ses livres sont publiés par des maisons d'édition hongroises en exil et ne peuvent circuler en Hongrie que sous le manteau.

En 1986, son épouse Lola, qui était devenue aveugle, meurt d'un cancer. Une année plus tard, son fils János décède également, à l'âge de 46 ans. Brisé par la disparition de ses proches et vivant dans un isolement de plus en plus complet, Márai se donne la mort huit mois seulement avant la chute du Mur.

Depuis le milieu des années 1990, Sandor Marai, redécouvert par les éditions Albin Michel, jouit dans le monde entier d'une réputation égale à celle d'un Zweig, d'un Roth ou d'un Schnitzler.

Biographie complète : http://sandor-marai.blogspot.hu/p/ebauche-de-biographie.h...

 

 

Mon avis :

Ici, nous sommes très loin du Sandor Maraï "littéraire", du romancier des "Braises" ou de "L'héritage d'Esther", dans ce récit, l'auteur se montre sous son côté historien, témoin critique d'une période noire de son pays.

Un livre très intéressant permettant de comprendre l'histoire de la Hongrie et plus particulièrement les choix des dirigeants hongrois et la position du peuple, principalement la bourgeoisie,  dans une période allant de 1938 (l'anschluss) à 1948 quand il fuit son pays et le bolchévisme.

Sandor Maraï revient sur ce qu'il appelle l'injustice du traité Trianon de 1920 qui privera la Hongrie de 2/3 de son territoire, la blessure hongroise toujours bien présente aujourd'hui.

Il parle à propos de son peuple de la "douce nonchalance" hongroise, voilà qui définit parfaitement mes sentiments vis à vis des hongrois, "des moutons résignés qui ne se révoltent jamais". On le serait à moins quand on sait que les hongrois ont été sous la domination turque, puis sous la domination des Habsbourg ensuite du régime fasciste allemand et enfin bolchévique russe

Ainsi au moment où l'Etat adopte des lois anti-juives, la bourgeoisie les accepte sans vraiment les appliquer et quand le premier ministre László Bárdossy décide pratiquement seul, sans prendre l'avis de la chambre, de "déclarer la guerre à la Russie" personne ne réagit et certains membres de la haute bourgeoisie s'en félicitent même. La Hongrie sympathisante du régime nazi perd son espèce de neutralité qui la protégeait de la guerre.

Maraï, très critique et sans complaisance pour quiconque livre un espèce de testament politique, un témoignage très intéressant pour comprendre l'histoire de son pays.

 

 

En marge du livre :

 

László BÁRDOSSY

Maraï 3.jpgLászló Bárdossy (Ladislaus von Bardossy) (né le 10 décembre 1890 à Szombathely et décédé le 10 janvier 1946) est un homme politique et premier ministre du Royaume de Hongrie de 1941 à 1942.

Il fut un des architectes en chef de la participation de la Hongrie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Jugé en novembre 1945 par un tribunal populaire, il fut condamné à mort pour crimes de guerre et collaboration avec les nazis. Il fut fusillé à Budapest en 1946.

 

 

 

 

LA BATAILLE DE VORONEJ

La bataille de Voronej ou offensive Voronej-Kastornoe selon la dénomination utilisée dans l'historiographie soviétique, est une opération de l'Armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale.

Elle se déroule du 24 janvier 1943 au 2 février 1943 et marque la quatrième phase de l'offensive générale soviétique pour l'hiver 1942-1943 dans le secteur sud du front de l'Est. Elle suit immédiatement l'offensive Ostrogojsk-Rossoch.

Cette nouvelle manœuvre en tenaille des forces soviétiques, rendue extrêmement difficile par les intempéries de l'hiver, est menée par les troupes du front de Voronej sous les ordres du général Golikov, remontant depuis le sud, en collaboration avec le flanc gauche du front de Briansk du général Maks Reiter venant du nord1.

La 2e armée allemande déployée sur l'importante tête de pont de Voronej et les troupes hongroises encore présentes sur le front, après la défaite totale et catastrophique du gros des forces hongroises en janvier, sont attaquées sur leurs flancs, menacées d'encerclement et forcées à une désastreuse retraite en plein milieu du terrible hiver russe.

Les pertes de l'Axe furent considérables, la Deuxième Armée n'échappa que par miracle à une destruction complète et une nouvelle brèche énorme s'ouvrit dans le front de l'Axe. Elle laisse ouverte la direction de Koursk, qui sera libérée pendant l'opération Étoile qui suit, et menace aussi par le sud l'important bastion d'Orel.