18/06/2017

UNE PASSION INDIENNE

passion 1.jpgQuatrième de couverture :  1908 : la superbe danseuse andalouse Anita Delgado épouse le maharajah de Kapurthala.

1925 : la "cinquième épouse" se sépare de son mari et quitte l'Inde. Entre ces deux dates, Anita aura vécu une passion tumultueuse à l'origine d'un des plus grands scandales de l'Empire britannique. Une plongée étourdissante dans les fastes d'un monde emporté par l'Histoire, entre conte de fées moderne et roman vrai d'une femme libre.

 

 

 

 

 

 

 

 

passion 2.jpgL'auteur : Javier MORO

 

Javier Moro est un écrivain espagnol né à Madrid le 11 février 1955.

Il fait des études d'histoire et d'anthropologie.

Il a longtemps vécu aux États-Unis où il était scénariste.

 

En 2001, il publie un récit écrit à quatre mains avec son oncle Dominique Lapierre, Il était minuit cinq à Bhopal sur la catastrophe de Bhopal.

Une passion indienne est une biographie romancée d'Anita Delgado, l'épouse de Jagatjit Singh , maharadjah de Kapurthala au début du XXe siècle.

Le roman Le Sari rose, une biographie romancée de Sonia Gandhi, créée une polémique lors de sa sortie en Inde. Le journal India Today lui reproche des inexactitudes, jusque dans le titre (le titre original est El sari rojo [Le Sari rouge], littéralement traduit par The Red Sari dans l'édition indienne, mais selon le journal, le sari de Sonia Gandhi était rose, confusion qui ne concerne pas l'édition française dont le titre avait été initialement rectifié.

En 2011 il obtient le prix Planeta pour son roman L'Empereur aux mille conquêtes.

 

 

Mon avis : le résumé du quatrième de couverture est bien pauvre par rapport au contenu de ce roman historique, il donne à penser qu'il s'agit d'un de ces romans à l'eau de rose pourtant c'est bien plus que cela.

Ce n'est pas de la grande littérature cependant ce récit est intéressant de plusieurs points de vue.

Tout d'abord il y a ce destin absolument incroyable d'Anita Delgado. Elle a 16 ans et est d'une grande beauté quand elle est remarquée lors d'un spectacle de flamenco qu'elle donne avec sa sœur, par un maharadjah âgé de 36 ans. Celui-ci en tombe immédiatement amoureux et véritablement "achète" la jeune fille à ses parents, des personnes pauvres qui ne peuvent résister à la fortune qu'on leur offre.

Anita Delgado épouse donc ce maharadjah et quand elle arrive en Inde elle apprend qu'il a déjà 4 épouses et 4 fils. Sa vie sera évidemment fastueuse mais pas évidente à vivre, rejetée par les autres épouses, ignorée par les autorités britanniques, elle fera front avec un courage et une volonté extraordinaire.

Le roman est également un véritable témoignage de l'histoire des maharadjahs, extravagants, excentriques, qui ne reculent devant rien pour s'offrir tout ce qu'ils ont envie, pour satisfaire tous leurs caprices et cela va très très loin.

Si l'histoire d'Anita Delgado est surprenante, la vie de son mari, maharadjah de Khapurtala ne l'est pas moins.

Puis c'est aussi la période de la première guerre mondiale, les contingents de soldats indiens qui sont envoyés en Europe, l'impérialisme britannique, la montée de Gandhi et la fin du règne de ces seigneurs d'une autre époque.

Un très bon moment de lecture, des destins et des vies incroyables. Un auteur qui s'est très bien documenté et si son récit est romancé, l'histoire est très proche de la réalité.

 

 

En marge du livre : Jagatjit Singh Maharadjah de Khapurtala

 

passion 5.jpgpassion 4.jpgJagatjit Singh était amoureux de la France et du style Louis XIV ; le palais d’Agrat qu’il se fit construire est presque une réplique de Versailles.

Cet article est savoureux ; il montre que le Tout-Paris était impressionné par le faste et la richesse de ces Maharadjahs indiens. Il révèle aussi le décalage qui existe entre l’occident et l’orient…

http://www.indiablognote.com/article-le-maharadjah-de-kap...

 

 

11/06/2017

TOUT S'EFFONDRE

achebe 1.jpgQuatrième de couverture : Dans le village ibo d’Umuofia, Okonkwo est un homme dont la puissance et le courage sont vantés par tous, dont la voix est écoutée. Rejeton d’un père lâche et paresseux, il doit à lui seul ce qu’il est aujourd’hui : un fermier prospère qui veille sur ses trois épouses et sur ses huit enfants, un sage guerrier jouissant de la confiance des anciens.

Son monde repose sur un équilibre cohérent de règles et de peurs, de rituels et de traditions. Okonkwo habite ce monde, l’accepte et le maîtrise, il en est même l’un des garants. Ce qu’il ignore, c’est que l’extérieur s’apprête à violer une réalité qu’il croyait immuable : les missionnaires d’abord, les colons britanniques ensuite vont bientôt bouleverser irrémédiablement l’existence de tout son peuple.

Tragique roman à la langue limpide, fable cruelle retraçant la destinée d’un homme fier qui ne plie pas, Tout s’effondre rend hommage à l’Afrique précoloniale à l’aube de sa décomposition. “Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur”, dit un proverbe africain que Chinua Achebe aimait à citer. Avec ce roman magistral, il devenait l’un des premiers lions du continent à prendre la plume.

 

 

 

 

 

L'auteur : Chinua ACHEBE

 

achebe 2.jpgNé le 16 novembre 1930 à Ogidi, dans l’Est du Nigeria, et décédé le 21 mars 2013 à Boston, Chinua Achebe est l’écrivain de l’Afrique subsaharienne le plus célèbre dans le monde anglo-saxon, étudié dans toutes les universités. Auteur d’une œuvre immense, qui se déploie du roman à l’essai, des nouvelles à la poésie, il a reçu le Man Booker International Prize en 2007. Son premier roman, Things Fall Apart (1958), a été traduit en une cinquantaine de langues, vendu à plus de dix millions d’exemplaires rien que pour la langue anglaise, et le cinquantenaire de sa parution a donné lieu à d’importantes commémorations. Bien que son décès ait suscité de nombreux hommages, Chinua Achebe reste injustement méconnu en France. C’est la raison pour laquelle Actes Sud préparait déjà, deux ans avant sa disparition, la publication conjointe du recueil d’essais Éducation d'un enfant protégé par la Couronne (2013) et d’une nouvelle traduction de son chef-d’œuvre Tout s’effondre (2013, initialement paru chez Présence africaine en 1966 sous le titre Le monde s’effondre).

 

 

 

Mon avis : Un livre qui à défaut d'être très passionnant est vraiment intéressant. Dans la première partie du récit, l'auteur nous plonge véritablement dans la vie d'une tribu africaine qui ne connaît rien de la civilisation, il nous fait partager les coutumes et traditions parfois violentes, la vie sociale, les croyances, les rites, les superstitions, les multiples dieux qu'ils vénèrent, les jugements des sages, la place des hommes et des femmes, la vie difficile de ces cultivateurs d'ignames.

C'est décrit sans parti pris, simplement, avec authenticité de sorte qu'on a l'impression de participer à cette vie primitive.

Il n'y a aucune sensiblerie dans cette espèce de fable, pas de côté romanesque, rien que la vérité pure et dure. Le destin de Okwomkwo sert de fil conducteur au récit, celui-ci veut réussir à tout prix, effacer la honte subie par l'attitude de son père un fainéant bon à rien, il monte dans la hiérarchie, fait partie des sages jusqu'au jour où un accident le condamne à être exclu du village pendant 7 ans.

Quand sa peine est purgée et qu'il revient au village, tout s'effondre, les missionnaires puis les colons anglais sont arrivés, rien ne sera plus comme avant, la société se disloque.

L'auteur nous donne à travers ce récit une vision des dégâts du colonialisme  et de la diffusion du christianisme dans ces tribus primitives. Un récit intéressant, jamais ennuyant qui pourrait à mon avis être plus détaillé et plus profond.

 

 

En marge du livre :

Nigeria : fête des ignames chez les Igbo

 

achebe 5.jpgDans la culture Igbo, c’est tabou de récolter de nouvelles ignames et de manger ou de vendre avant ce festival qui est une façon de se féliciter de nouvelles ignames et rendre grâce aux esprits.

Cette année comme tous les ans, la communauté Adogbalato célèbre la fête des ignames dans l'Etat d'Enugu dans le Sud-est du Nigeria.

La place du marché Orie dans le cœur de la ville Awgu était pleine à craquer, avec des centaines de personnes massées à l'intérieur et à l'extérieur pour la fête des ignames cette année.

Elles ont été diverties avec de la musique traditionnelle et la danse.

Le rituel de couper un tubercule d'igname a été effectué par Igwe Christopher Oti, le chef traditionnel d’Adogbalato à Uni-Awgu, après avoir prononcé une prière.

Le découpage de la première igname de l'année est toujours le point culminant de la fête. Cela signifie que l'autorisation a été accordée aux agriculteurs de récolter leurs cultures.

 

Mais pourquoi la fête des ignames est exclusivement célébrée en pays Igbo?

 

Pour le contre-amiral à la retraite, Norbert Offor, détenteur d'un titre traditionnel, ‘’toutes les fêtes traditionnelles telles que les cérémonies de mariage, sont faites avec l’igname’’. Toutes les autres nourritures sont selon lui secondaires, mais l’igname est l’aliment de base du peuple Igbo.

‘’L’igname est une nourriture adulée si je peux le dire ainsi. Et dans notre société, c’est le repas le plus populaire et le plus abordable’’, a-t-il agrémenté.

Un autre représentant de la culture Igbo, le chef Lawrence Nwosu a fait valoir que la nouvelle fête des ignames ne peut jamais être ignorée ou abandonnée.

‘’Aucune nouvelle igname ne doit être vendue sur nos marchés et nous ne sommes pas autorisés non plus à manger la nouvelle igname, à moins de le faire en cachette. Mais quand elle est célébrée, c’est officielle, vous pouvez en manger ou vendre’’, a précisé M. Nwosu.

 

La fête des ignames est non seulement une pratique traditionnelle, mais elle considérée comme un facteur d'unification du peuple Igbo dans le sud-est du Nigeria.

http://www.bbc.com/afrique/region/2015/08/150826_nigeria_...

 

21/05/2017

LA PORTE

Porte 1.jpegQuatrième de couverture : « C’est moi qui ai tué Emerence.

Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. »

La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur : Magda SZABÓ

Porte 2.jpgNationalité : Hongrie

Né(e) à : Debrecen , le 05/10/1917

Mort(e) à : Kerepes , le 19/11/2007

Biographie :

Magda Szabó est née à Debrecen en 1917, dans une famille cultivée de la grande bourgeoisie.
Considérée comme un véritable classique de la littérature hongroise, certains la nomment « le Mauriac protestant », car elle peint souvent les passions refoulées des habitants de la Grande Plaine peuplée majoritairement par des parpaillots.
Ses premiers livres paraissent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et elle est saluée comme un des grands espoirs de la littérature. Après 1948, pour des raisons politiques, elle disparaît de la scène littéraire. Pendant une longue période, elle vit de travaux de traduction et d’enseignement.
C’est à la fin des années cinquante qu’elle rencontre un immense succès. En 1959, elle reçoit le prix Attila Jozsef et, en 1978, le prix Lajos Kossuth. Sa notoriété ne fait que grandir.
En 1987, son roman La Porte connaît un succès international. Ce chef-d'œuvre n’est pas immédiatement traduit en France, alors qu’il l’est en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. En 1992, elle obtient le prix Betz Corporation aux États-Unis.

Le roman a été porté à l'écran par le réalisateur hongrois István Szabó sous le titre "the door" avec dans le rôle d'Emerence Helen Mirren.

 

Mon avis : Ce roman est à classer dans la catégorie de la très bonne littérature, chef d'œuvre de la littérature hongroise il a obtenu le prix Femina étranger en 2003 et a été élu par le New York Times meilleur livre de l'année 2015, récompenses largement méritées.

L'auteur décrit admirablement la relation d'amour et de haine entre la vieille domestique au caractère bien trempé et à peine lettrée et sa patronne, une intellectuelle bourgeoise.

Une histoire d'amitié, de fierté, de dignité, d'honneur, de générosité, de bonté contée avec beaucoup de délicatesse.

L'incompréhension entre deux femmes que tout sépare, les malentendus, les drames familiaux et le passé de cette vieille, la guerre et les vicissitudes de la vie, l'auteur distille petit à petit les éléments qui permettent de comprendre le caractère à la fois acariâtre et généreux d'Emerence.

Emerence qui interdit l'entrée à quiconque de sa maison, que cache t'elle donc derrière cette porte ?

Un très bon roman avec comme thème principal les relations humaines mais il y en a bien d'autres.

 

Porte 3.jpgExtrait : "Comment tant de vie trouvait place dans une seule existence, je l'ignore,  Emerence ne s'asseyait pratiquement jamais, si on ne la voyait pas un balai en main, on pouvait être sûr qu'elle était en route avec son plat de marraine, ou qu'elle cherchait le maître de quelque animal égaré, et si elle ne le trouvait pas, elle s'efforçait de caser sa trouvaille chez quelqu'un, la plupart du temps avec succès, et dans le cas contraire, chien ou chat disparaissait brusquement des environs comme s'il n'avait jamais traîné sa faim parmi les ordures. Elle travaillait beaucoup, dans beaucoup d'endroits, elle gagnait beaucoup mais n'acceptait jamais de gratification sous quelle que forme que ce soit, ce que je peux admettre, cependant je n'ai jamais compris pourquoi elle refusait les cadeaux. La vieille femme n'aimait que donner, si on pensait lui faire une agréable surprise, elle se mettait en colère, au lieu de sourire. j'ai en vain multiplié les tentatives pendant des années dans l'espoir qu'elle finirait par accepter ce que je lui offrais, elle me déclarait sans ménagement que ce qu'elle faisait ne réclamait pas de récompense particulière, je reprenais l'enveloppe, vexée comme un pou, mon mari se moquait de moi en me disant de ne pas faire la cour à Emerence, de ne pas essayer de changer la situation telle qu'elle s'était instaurée, cette ombre fugitive qui, certes à des heures impossibles et sans aucun règlement, s'occupait de tout chez nous sans même accepter ne fût-ce qu'une tasse de café, lui convenait parfaitement. Emerence était une aide idéale, si je jugeais son travail insuffisant, si je voulais être en harmonie avec tout le monde, c'était mon affaire. Il ne me fut pas facile de reconnaître qu'Emerence avait décidé qu'elle ne voulait pas de nous parmi ses proches, pas plus que personne d'autre à cette époque.

 

21:22 Publié dans Livre | Tags : roman, magda szabó, hongrie | Lien permanent | Commentaires (0)