10/10/2017

L'ARCHIPEL D'UNE AUTRE VIE

Makine 01.jpgQuatrième de couverture : Aux confins de l'Extrême-Orient russe, dans le souffle du Pacifique, s'étendent des terres qui paraissent échapper à l'Histoire... Qui est donc ce criminel aux multiples visages, que Pavel Gartsev et ses compagnons doivent capturer à travers l'immensité de la taïga ? C'est l'aventure de cette longue chasse à l'homme qui nous est contée dans ce puissant roman d'exploration. C'est aussi un dialogue hors du commun, presque hors du monde, entre le soldat épuisé et la proie mystérieuse qu'il poursuit. Lorsque Pavel connaîtra la véritable identité du fugitif, sa vie en sera bouleversée. La chasse prend alors une dimension exaltante, tandis qu'à l'horizon émerge l'archipel des Chantars : là où une "autre vie" devient possible, dans la fragile éternité de l'amour.

 

 

 

 

 

Makine 02.jpgL'auteur : Andreï MAKINE

Nationalité : Russie, né à : Krasnoïarsk (Sibérie) , le 10/09/1957

Andreï Makine est un écrivain d'origine russe et de langue française.

Dans les années 1980, il obtient un doctorat de l'Université d'État de Moscou après avoir déposé une thèse sur la littérature française contemporaine. Il collabore à la revue Littérature contemporaine à l'étranger et enseigne la philologie à l'Université de Novgorod.

Au cours d'un voyage en France en 1987, il obtient l'asile politique, puis devient professeur de langue et de culture russes à Sciences Po et à l'École normale supérieure.

En 1990, il publie son premier roman, "La fille d'un héros de l'Union soviétique". Deux ans plus tard, il dépose une thèse de doctorat à la Sorbonne consacrée à l'œuvre de l'écrivain russe Ivan Bounine (1870-1953).

Il obtient la reconnaissance du public et de la critique avec son quatrième roman, "Le testament français", paru en 1995, pour lequel on lui décerne les prix Goncourt, Médicis et Goncourt des lycéens. L’obtention du Goncourt lui vaut, entre autres, d'obtenir la nationalité française en 1996, ce qui lui avait été préalablement refusé.

En 2001, il obtient le prix RTL-Lire pour "La Musique d'une vie" et, en 2005, le prix de la fondation Prince-Pierre-de-Monaco pour l'ensemble de son œuvre.

Toute l'œuvre d'Andreï Makine est écrite en français, sa langue seconde. Ses romans sont traduits dans plus d'une trentaine de langues.

En 2011, il révèle qu'il a publié des romans sous les noms de Gabriel Osmonde et Albert Lemonnier.

Le 3 mars 2016, il est élu membre de l'Académie française au premier tour, au fauteuil occupé précédemment par Assia Djebar.

 

Mon avis : C'était le premier roman que je lisais d'Andreï Makine, ce n'est certainement pas le dernier tant j'ai été conquis par le style de l'écrivain, un style direct, fluide, un vocabulaire riche et ce qui ne gâche rien une histoire captivante.

L'archipel d'une autre vie est avant tout un roman d'aventures, une chasse à l'homme dans la nature extraordinaire de la Taïga russe. Mais c'est aussi et surtout l'occasion de dénoncer la violence, la guerre,  la bêtise humaine ou encore la bouffonnerie du monde. C'est aussi un vibrant hommage à la beauté de la nature et un plaidoyer pour une autre vie.

Andreï Makine nous dresse l'image du régime soviétique dans l'immédiat après guerre, sa cruauté, les exécutions sommaires, une critique acerbe via ce groupe de cinq militaires qui traque le fugitif, une chasse pendant laquelle la personnalité de chacun se révèle, un vrai reflet de la société.

Un très bon moment de lecture, un livre que j'ai dévoré.

 

 

 

Makine 03.jpgEn marge du livre : Comment survivre seul dans la taïga russe?

Si vous êtes seul en pleine forêt, la peur est votre principal ennemi. En un temps record, ce sentiment détruit en effet toute notion de logique, objectivité et raison, et de par le chaos mental qu'il suscite, vous pourriez être amené à faire des choix peu judicieux. Il est donc primordial de garder votre calme.

Vos chances de survie dépendent souvent non seulement des circonstances externes, mais aussi de vos émotions. Ainsi, au cours de l'automne 2007, le sang-froid et la présence d'esprit d'Ajay Kamalakaran, rédacteur invité de RBTH pour la zone Asie, lui ont permis de retrouver son chemin dans la taïga après qu'il eut passé une nuit dans le royaume du tigre de l'Amour, non loin de la frontière sino-russe.

https://fr.rbth.com/tourisme/2017/06/23/comment-survivre-...

05/10/2017

LES DÉLICES DE TOKYO

Tokyo 01.jpgQuatrième de couverture : « Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayakis, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l'écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

Prix des lecteurs du "livre de poche" 2017.

 

 

 

Tokyo 02.jpgL'auteur : SUKEGAWA Durian

 

Nationalité : Japon, né à  Tokyo , 1962

Biographie :

Artiste éclectique, Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l'École de pâtisserie du Japon. D'abord scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique.

De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d'une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens.

Il est l'auteur de nombreux romans et essais. "Les délices de Tokyo" est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase.

 

 

 

Mon avis : Une belle histoire, un peu comme un conte philosophique, un roman qui se consomme calmement comme les fameux dorayakis de Sentarô.

Un roman empreint de douceur et d'humanité, de poésie et de tendresse, une belle leçon de vie. Pas de sexe, pas de sang, ni hypocrisie, ni perversité, un roman tout en délicatesse, un roman d'amitié, de tristesse, d'espoir et de tolérance.

C'est court, c'est vite lu, c'est touchant, sans doute aurais-je aimé des doryakis un peu moins guimauve et un peu plus salés.

 

Tokyo 05.pngEn marge du livre :

Le film tiré du livre a fait l'ouverture de la section "un certain regard" à Cannes en 2015.

 Naomi Kawase signe une ode à la cuisine et la vie, en toute simplicité. Délicieux.

Les délices de Tokyo", dixième long métrage de Naomi Kawase, a la saveur de la gâterie culinaire qui lui donne son titre original, en japonais : "An". L’"an" est cette pâte confite de haricots rouges dont sont friands les Japonais et avec laquelle les pâtissiers nippons fourrent les dorayakis, petites crêpes épaisses. A l’instar de l’écriture de Sukegawa, simple et sans fioriture, la mise en scène de Kawase est limpide et claire. Ce qui n’exempt pas la poésie, avec un art consommé de la contemplation de la nature, des choses et des êtres. Le recours à des images muettes filmées en Super 8 reflète la tempérance de la méditation intérieure, qui sied bien au propos comme à la figure de Tokue. La réalisatrice signe ce qui est à ce jour son film le plus accessible au grand public - et au public familial. Garanti sans arôme artificiel, durable et à consommer sans modération.

Bande annonce du film : https://youtu.be/k_ySsqUptJs

02/10/2017

LE COMPLEXE D'EDEN BELLWETHER

Eden 1.jpgQuatrième de couverture : Cambridge, de nos jours. Un soir, en passant dans le campus après le travail, Oscar, aide-soignant,  est attiré par les sons de l'orgue provenant de la chapelle de King's College. Subjugué malgré lui, il ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Dans l'assemblée, une jeune femme capte son attention. Iris n'est autre que la sœur de l'organiste prodige, Eden Bellwether. Introduit par Iris dans leur cercle d’amis, Oscar va découvrir la passion exclusive d’Eden pour la musique baroque et ses conceptions étranges sur l’usage hypnotique de son art.

Un premier roman magistral sur les frontières entre génie et folie, la manipulation et ses jeux pervers.

 

 

 

 

 

 

 

Eden 2.jpgL'auteur : Benjamin WOOD

Nationalité : Royaume-Uni

Biographie :

Benjamin Wood, né en 1981, a grandi dans le nord-ouest de l’Angleterre.

 

Son livre "Le Complexe d'Eden Bellwether" connait un grand succès et il a été bien accueilli par la critique et a obtenu le Prix roman "FNAC" 2014.

 

Mon avis : Eden Bellwether est un être étrange, soit un génie, soit un malade mental, organiste hors pair, la musique baroque n'a pas de secret pour lui,  étrange et mystique, il prétend soulager la douleur voir guérir par la musique, il est persuadé qu'il détient un pouvoir particulier.

C'est dans cet univers que l'auteur nous entraîne, la musicothérapie, l'hypno thérapie, la psychiatrie et il maîtrise son sujet de main de maître. Le décor : typiquement anglais, l'université de Cambridge, les étudiants bourgeois de bonne famille, une famille très aisée et Oscar, aide soignant qui a quitté l'école pour quitter sa vie de famille et commencer une nouvelle vie.

Dans un style fluide, Benjamin Wood arrive à nous tenir en haleine tout au long des pratiquement 500 pages du récit, un genre de thriller psychologique mais sans véritable suspens.

Un premier roman très abouti, même si je ne comprendrai jamais pourquoi il faut révéler l'issue dans un prélude de 2 pages qu'on oublie heureusement rapidement. J'ai été moins convaincu par la fin de l'histoire, comme si l'auteur avait quelques difficultés à y mettre le point final.

L'auteur s'est inspiré de textes sur  la personnalité narcissique, sur l'esthétique musicale et sur un article de Andi Rierden concernant l'hypnose.

Benjamin Wood cite John Dryden : "Les grands esprits sont sûrement de proches alliés de la folie, et de minces cloisons les en séparent."

Un livre attachant et comme dit Marine Landrot dans Télérama : "Un livre diabolique, impossible à lâcher".

 

 

Eden 5.jpgEn marge du livre : La musicothérapie

La musicothérapie utilise le son et la musique sous toutes ses formes, en tant que moyen d'expression et de communication. Elle a pour but de rétablir et de maintenir la santé psychique et physique. Il s'agit d'une approche globale qui met en jeu le corps, la sensorialité, l'affectivité ainsi que les facultés intellectuelles et mentales.

En musicothérapie, le son et la musique constituent les médiateurs dans la relation entre le patient et le musicothérapeute. Le recours à l'expression musicale distingue la musicothérapie des autres formes de thérapie. Cette particularité se fonde, entre autres, sur les qualités de pénétration et de contact du son, tels que rythme, mélodie, etc ; sur ses effets physiologiques ; sur son pouvoir d'évocation, d'association et d'éveil des émotions ; sur son potentiel de stimulation de la créativité et d'accès à une dimension spirituelle.

http://www.convergences.ch/?sit=musico