21/05/2017

LA PORTE

Porte 1.jpegQuatrième de couverture : « C’est moi qui ai tué Emerence.

Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. »

La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur : Magda SZABÓ

Porte 2.jpgNationalité : Hongrie

Né(e) à : Debrecen , le 05/10/1917

Mort(e) à : Kerepes , le 19/11/2007

Biographie :

Magda Szabó est née à Debrecen en 1917, dans une famille cultivée de la grande bourgeoisie.
Considérée comme un véritable classique de la littérature hongroise, certains la nomment « le Mauriac protestant », car elle peint souvent les passions refoulées des habitants de la Grande Plaine peuplée majoritairement par des parpaillots.
Ses premiers livres paraissent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et elle est saluée comme un des grands espoirs de la littérature. Après 1948, pour des raisons politiques, elle disparaît de la scène littéraire. Pendant une longue période, elle vit de travaux de traduction et d’enseignement.
C’est à la fin des années cinquante qu’elle rencontre un immense succès. En 1959, elle reçoit le prix Attila Jozsef et, en 1978, le prix Lajos Kossuth. Sa notoriété ne fait que grandir.
En 1987, son roman La Porte connaît un succès international. Ce chef-d'œuvre n’est pas immédiatement traduit en France, alors qu’il l’est en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis. En 1992, elle obtient le prix Betz Corporation aux États-Unis.

Le roman a été porté à l'écran par le réalisateur hongrois István Szabó sous le titre "the door" avec dans le rôle d'Emerence Helen Mirren.

 

Mon avis : Ce roman est à classer dans la catégorie de la très bonne littérature, chef d'œuvre de la littérature hongroise il a obtenu le prix Femina étranger en 2003 et a été élu par le New York Times meilleur livre de l'année 2015, récompenses largement méritées.

L'auteur décrit admirablement la relation d'amour et de haine entre la vieille domestique au caractère bien trempé et à peine lettrée et sa patronne, une intellectuelle bourgeoise.

Une histoire d'amitié, de fierté, de dignité, d'honneur, de générosité, de bonté contée avec beaucoup de délicatesse.

L'incompréhension entre deux femmes que tout sépare, les malentendus, les drames familiaux et le passé de cette vieille, la guerre et les vicissitudes de la vie, l'auteur distille petit à petit les éléments qui permettent de comprendre le caractère à la fois acariâtre et généreux d'Emerence.

Emerence qui interdit l'entrée à quiconque de sa maison, que cache t'elle donc derrière cette porte ?

Un très bon roman avec comme thème principal les relations humaines mais il y en a bien d'autres.

 

Porte 3.jpgExtrait : "Comment tant de vie trouvait place dans une seule existence, je l'ignore,  Emerence ne s'asseyait pratiquement jamais, si on ne la voyait pas un balai en main, on pouvait être sûr qu'elle était en route avec son plat de marraine, ou qu'elle cherchait le maître de quelque animal égaré, et si elle ne le trouvait pas, elle s'efforçait de caser sa trouvaille chez quelqu'un, la plupart du temps avec succès, et dans le cas contraire, chien ou chat disparaissait brusquement des environs comme s'il n'avait jamais traîné sa faim parmi les ordures. Elle travaillait beaucoup, dans beaucoup d'endroits, elle gagnait beaucoup mais n'acceptait jamais de gratification sous quelle que forme que ce soit, ce que je peux admettre, cependant je n'ai jamais compris pourquoi elle refusait les cadeaux. La vieille femme n'aimait que donner, si on pensait lui faire une agréable surprise, elle se mettait en colère, au lieu de sourire. j'ai en vain multiplié les tentatives pendant des années dans l'espoir qu'elle finirait par accepter ce que je lui offrais, elle me déclarait sans ménagement que ce qu'elle faisait ne réclamait pas de récompense particulière, je reprenais l'enveloppe, vexée comme un pou, mon mari se moquait de moi en me disant de ne pas faire la cour à Emerence, de ne pas essayer de changer la situation telle qu'elle s'était instaurée, cette ombre fugitive qui, certes à des heures impossibles et sans aucun règlement, s'occupait de tout chez nous sans même accepter ne fût-ce qu'une tasse de café, lui convenait parfaitement. Emerence était une aide idéale, si je jugeais son travail insuffisant, si je voulais être en harmonie avec tout le monde, c'était mon affaire. Il ne me fut pas facile de reconnaître qu'Emerence avait décidé qu'elle ne voulait pas de nous parmi ses proches, pas plus que personne d'autre à cette époque.

 

21:22 Publié dans Livre | Tags : roman, magda szabó, hongrie | Lien permanent | Commentaires (0)

12/05/2017

SOMBRE EST MON COEUR

sombre 1.jpgQuatrième de couverture : À une heure de route d’Helsinki, entre l’immense forêt et la côte battue par les vents, Aleksi prend ses fonctions au manoir de Kalmela – un monde d’ombres et de silences…

Étrange nouveau gardien que ce jeune homme ténébreux, solitaire, traversé de désirs contradictoires.

Étrange également la ronde qu’il mène avec la cuisinière, mutique, et la fille de la maison, aussi hautaine que cajoleuse. Étrange enfin la complicité menaçante que lui impose son sulfureux patron, le millionnaire Henrik Saarinen… Car Aleksi n’est pas là par hasard.

Vingt ans auparavant, sa mère succombait sauvagement sous un poignard anonyme – affaire classée pour tous sauf pour lui qui ne vivrait plus, désormais, que pour trouver des réponses. Pour y arriver, il a tout sacrifié : son métier, ses désirs, jusqu’à l’amour d’une fille.

Cette obsession le dévore encore, aujourd’hui qu’il croit toucher au but.

 

 

 

 

L'auteur : Antti TUOMAINEN

sombre 2.jpgNationalité : Finlande , né en 1971 à Helsinki.

Antti Tuomainen travaille d'abord dans le milieu de la publicité, avant de se lancer dans l'écriture.

Son premier roman policier, Tappaja, toivoakseni, paru en 2006, est le récit d'un tueur qui jongle avec les valeurs de la justice, de la vengeance et de la responsabilité.

L'auteur atteint toutefois la notoriété avec La Dernière Pluie (Parantaja), son troisième thriller, qui se déroule dans un Helsinki du futur, presque totalement déserté par ses habitants depuis une série de catastrophes provoquée par les changements climatiques. Tapani, le héros, entreprend de retrouver sa femme disparue peu avant Noël. Journaliste, elle menait depuis peu une enquête sur un serial killer aux motivations politiques surnommé «Le Guérisseur». Ce roman remporte le prix Vuoden johtolanka en 2011.

 

Mon avis : Comme j'avais beaucoup apprécié la trilogie "Millenium" du suédois Stieg Larsson, j'ai voulu découvrir un autre écrivain nordique auteur de thriller. Mon choix s'est porté sur Antti Tuomainen, un auteur finlandais dont on dit le plus grand bien et qui a reçu quelques prix pour ses romans, 

Le roman démarre fort, les premières pages concernent l'assassinat d'une femme et dans les suivantes, 20 ans plus tard,  le fils de la défunte nous révèle le nom de l'assassin. Encore faut-il qu'il rassemble les preuves permettant d'inculper le financier millionnaire Henrik Saarinen.

L'histoire est prenante, le genre de roman qu'on n'a pas envie d'abandonner, le style est direct, rapide, aucun temps mort.

L'auteur utilise la technique de chapitres courts ce qui donne beaucoup de rythme au roman, des va et vient entre le présent et le passé, le suspens va crescendo.

Tout les ingrédients traditionnels y sont, le manoir isolé, au bord de la mer Baltique, le millionnaire ténébreux, son chauffeur irascible et jaloux, sa fille jolie, ivrogne, droguée, malheureuse dans la vie, la cuisinière mystérieuse, le policier déchu et Aleksi insaisissable qui n'a qu'un but démasquer l'assassin.

Un roman agréable à lire, des rebondissements et un final inattendu.

Si ce n'est pas un chef d'œuvre, cette histoire se déguste sans effort et procure un très bon moment de lecture.

 

 

En marge du livre :  Helsinki et alentours

sombre 4.jpg Il est facile à partir de Helsinki de faire des excursions pour la journée dans les environs ou même dans les pays voisins.

A moins de 100 km se trouvent notamment la deuxième plus vieille ville de Finlande, Porvoo, l’aire artisanale de Fiskars, la ville maritime de Loviisa et la région riche en vieilles fabriques et manoirs de Raasepori.

Le cadre du Lac de Tuusula compte de nombreux sites culturels, dont notamment le foyer-musée de Jean Sibelius Ainola et le foyer-atelier de style romantique national Halosenniemi construit en 1902 par le peintre Pekka Halonen.

http://www.visithelsinki.fi/en/francais/alentours

07/05/2017

LE TEMOIN INVISIBLE

invisible 1.jpgQuatrième de couverture : A Montevideo, Leonid Sednev, âgé de 91 ans, décide avant de mourir de révéler le secret de sa vie.

Embauché en 1912 comme ramoneur au palais impérial de Russie grâce à sa tante Nina, ancienne femme de chambre de la tsarine, le petit Leonid sera jusqu'en 1918 le "témoin invisible" de l'intimité des Romanov et le seul survivant de l'épouvantable massacre d'Ekaterinbourg. Rien n'échappe à son regard tantôt ironique et curieux, tantôt amoureux et tendre, et plus d'une fois épouvanté. Avec son ami Yuri, il découvre le quotidien de l'impératrice et de ses filles, apprend quels sont les véritables commanditaires de l'assassinat de Raspoutine, console le jeune et fragile tsarévitch Alexis, assiste aux conspirations de palais, côtoie des agents secrets, avant d'être emporté par le tourbillon de l'histoire, le soulèvement de Petrograd puis la révolution d'octobre. Mais c'est en rejoignant la famille impériale dans son exil, que Leonid, serviteur loyal, secrètement amoureux de la grande duchesse Tatiana, livrera à l'histoire le plus déchirant des témoignages.

 

 

 

L'auteur : Carmen POSADAS

 

invisible 2.jpgNationalité : Uruguay, née à : Montevideo , le 13/08/1953

Biographie :

Carmen Posadas est une écrivaine uruguayenne, qui vit en Espagne.

En 1965, sa famille s’est installée à Madrid après avoir séjourné à Moscou, Buenos Aires et Londres où son père était ambassadeur.

 

Après une première partie de sa carrière dédiée dès 1980 aux ouvrages de littérature d'enfance et de jeunesse, qui lui valent le Prix du Ministère de la Culture, elle se tourne dernièrement vers le roman et le roman policier, avec un succès public important.

"Cinq mouches bleues" (Cinco moscas azules, 1996) est son second roman. "Petites infamies" (Pequeñas infamias), a remporté le prix Planeta 1998.

Elle est auteur de plusieurs essais de société salués par la critique, mais aussi de scénarios pour le cinéma et la télévision et d’une pièce de théâtre. En 2004, elle est la lauréate du Prix Apeles Mestres de Literatura infantil et en 2008 du Prix de Cultura de la Comunidad de Madrid.

En 2013, elle publie El testigo invisible (Le témoin invisible).

Ses livres ont été traduits en 25 langues dans plus de quarante pays.

 

 

Mon avis : Un bon roman historique, très bien documenté, historique avant d'être romantique.

L'auteur fait parler Leonid Sednev, un personnage qui a réellement existé, il est engagé d'abord comme ramoneur au palais impérial et ensuite marmiton, il a 13 ans, c'est le témoin invisible. Quelques heures avant le massacre à Ekaterinbourg du tsar Nicolas II, de la tsarine Alexandra, de leurs 5 enfants et de leurs serviteurs, séquestrés dans la maison Ipatiev à Tobolsk, il est envoyé soit disant appelé par un parent en ville ce qui lui sauvera la vie.

Ce roman décrit de manière assez précise la vie au palais impérial, les rapports du Tsar et de la Tsarine avec la population, l'influence de Raspoutine sur les  décisions du palais, les circonstances de la guerre 14-18, les conséquences de celle-ci, et  la révolution russe.

Le tout nous donne une histoire bien contée, passionnante jamais ennuyante. Les personnalités du Tsar, de la Tsarine, de leurs filles les grandes duchesses Anastasia, Olga, Tatiana et Maria, du tsarévitch Alexis sont très bien rendues, ce qui donne une idée assez convaincante de la vie à la cour de Russie. La similitude du destin de la reine Marie-Antoinette surnommée l'autrichienne par le peuple et de la tsarine Alexandra surnommée l'allemande. Sans oublier le fameux Raspoutine qui a eu une influence déterminante sur la Tsarine, les circonstances de sa mort bien éloignées de celles qu'on nous a toujours présenté.

Un roman qui donne une idée précise de la vie des Romanov, de leur mort même si on ne sait pas où commence la vérité et où finit la fiction.

 

En marge du livre : La tragédie de Khodynka

invisible 5.jpgLa tragédie de Khodynka est une bousculade qui eut lieu le 30 mai (18 mai) 1896 sur le champ de Khodynka, à Moscou, pendant les cérémonies accompagnant le couronnement de l'empereur Nicolas II de Russie. Elle fit 1 389 morts identifiés et environ 1 300 blessés. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Trag%C3%A9die_de_Khodynka