25/03/2015

LE PROBLEME SPINOZA

roman historiqueQuatrième de couverture :

Le 10 mai 1940, les troupes nazies d’Hitler envahissent les Pays-Bas. Dès février 1941, à la tête du corps expéditionnaire chargé du pillage, le Reichsleiter Rosenberg se rue à Amsterdam et confisque la bibliothèque de Spinoza conservée dans la maison de Rijnsburg.

Quelle fascination Spinoza peut-il exercer, trois siècles plus tard, sur l’idéologue nazi Rosenberg ? L’œuvre du philosophe juif met-elle en péril ses convictions antisémites ? Qui était donc cet homme excommunié en 1656 par la communauté juive d’Amsterdam et banni de sa propre famille ? Le Dr Yalom aurait-il pu psychanalyser Spinoza ? ou Rosenberg ? Le cours de l’histoire en aurait-il été changé ? Dans la lignée de son bestseller Et Nietzsche a pleuré, ce nouveau roman d’Irvin Yalom, à la fois incisif et palpitant, nous tient en haleine face à ce qui fut de tout temps Le Problème Spinoza.

 

 

 L'Auteur : IRVIN YALOM

Irvin Yalom.jpg

Nationalité : États-Unis

Né(e) à : Washington DC , le 13/06/1931

Biographie :

Irvin David Yalom est né à Washington dans une famille juive, de parents russes. Docteur en médecine depuis 1956 et professeur émérite de psychiatrie à Stanford depuis 1994, il a mené de front une double carrière de psychiatre et d’animateur de thérapies de groupe.

Il est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages, dont deux romans : When Nietzsche Wept (1993) et Lying on the Couch (1997) et des textes portant sur la psychothérapie, notamment Le Bourreau de l'amour, qui fut sur la liste des best-sellers du New York Times en 1989.

Auteur d’une large littérature spécialisée, le Dr Yalom s’essaie à d’autres techniques d’écriture et publie également des romans traitant eux aussi de l’univers psychothérapeutique, tels que Et Nietzsche a pleuré (1991), Mensonges sur le divan (1996) ou encore La Méthode Schopenhauer (2005).

Everyday Gets a Little Closer (1974) est, quant à lui, un récit coécrit avec un patient dans lequel ils racontent tous deux, successivement, leur expérience et leur relation au cours de la thérapie de ce dernier. Chacun y rassemble et y décrit alternativement ses points de vue, ses sentiments au fil de l’expérience. Les œuvres du Dr Yalom sont étudiées par les étudiants en psychologie.

 

Mon avis :

Ce roman a reçu le prix des lecteurs du "Livre de Poche" et c'est amplement mérité. Irvin Yalom a réussi un roman passionnant et original sur un sujet qui a priori n'est pas très alléchant. Personnellement, j'avais envie de mieux connaître Spinoza et je ne fus pas déçu. Le livre est découpé en chapitres très courts alternent la vie de Spinoza et la vie de Rosenberg. Malgré les 300 ans de différence d'époque, tout s'imbrique parfaitement. Rosenberg, l'idéologue du parti nazi et grand défenseur de la race aryenne veut comprendre pourquoi Goethe, cette grande figure allemande admire Spinoza, ce philosophe juif, race qu'il faut absolument éloigner des allemands pour conserver la pureté de la race.

C'est ainsi que Rosenberg fera tout pour mettre la main sur la bibliothèque de Spinoza dans laquelle il espère trouver la réponse. Comme l'auteur le dit lui même, il existe peu de témoignage sur la vie de Spinoza, il s'est servi de sa grande expérience de la psychanalyse pour imaginer comment Baruch Spinoza a pu réagir dans différentes situations et notamment lors de son excommunication. En fait à travers tout ce roman basé sur des faits historiques, on sent l'empreinte du psychanalyste, les deux personnages sont véritablement disséqués, d'une part la pensée de Spinoza est largement évoquée notamment par des extraits de ses écrits et d'autre part de la même manière les pensées de Rosenberg décrites en long et en large dans son livre "le Mythe du XXème siècle".

Une très bonne et passionnante découverte.

 

En marge du livre :

spinoza.jpg

BARUCH SPINOZA

Baruch Spinoza, également connu sous les noms de Bento de Espinosa ou Benedictus de Spinoza, né le 24 novembre 1632 à Amsterdam, mort le 21 février 1677 à La Haye, est un philosophe hollandais dont la pensée eut une influence considérable sur ses contemporains et nombre de penseurs postérieurs.

Issu d'une famille juive marrane portugaise ayant fui l'Inquisition, Spinoza fut un héritier critique du cartésianisme. Il prit ses distances vis-à-vis de toute pratique religieuse, mais non envers la réflexion théologique, grâce à ses nombreux contacts inter-religieux. Après sa mort, le spinozisme, condamné en tant que doctrine athée (puisque son panthéisme va à l'encontre d'une définition d'un Dieu transcendant, hors de ce monde, comme dans le christianisme, le judaïsme et l'islam), eut une influence durable. Gilles Deleuze le surnommait le « Prince des philosophes », tandis que Nietzsche le qualifiait de « précurseur », notamment en raison de son refus de la téléologie. En fait il n'y a jamais eu de portrait de Spinoza réalisé durant sa vie, celui-ci a été peint en fonction de certaines description de son apparence.

 

Rosenberg.jpg

ALFRED ROSENBERG

Alfred Rosenberg, né le 12 janvier 1893 à Reval (aujourd'hui Tallinn, capitale de l'Estonie, dans le gouvernement d'Estland appartenant alors à l'Empire russe), exécuté le 16 octobre 1946 à Nuremberg, est un théoricien du parti nazi. Durant la Seconde Guerre mondiale, il occupe le poste de ministre du Reich aux Territoires occupés de l'Est. Condamné à mort lors du procès de Nuremberg, il est exécuté par pendaison.

Théoricien nazi et homme politique allemand, né en Estonie, Rosenberg appartient à la communauté allemande des pays baltes. En 1917, il se rend en Allemagne où, par l'intermédiaire de Dietrich Eckart, il fait la connaissance d'Adolf Hitler. Dès 1921, il prend la direction du Völkischer Beobachter, organe du Parti national-socialiste ; il est dès lors le principal conseiller de Hitler en matière doctrinale. Rosenberg est sans doute le « philosophe » qui a le mieux exprimé la pensée de Hitler, selon ce que le Führer affirmait lui-même : « C'est l'œuvre la plus puissante du genre, plus grande que celle de H. S. Chamberlain. » L'œuvre de Chamberlain constitue d'ailleurs l'une des sources de Rosenberg, avec les écrits politiques et l'œuvre musicale de Richard Wagner, les œuvres de Gobineau et d'Oswald Spengler. C'est dans son sang, porteur d'une « vérité organique », que l'individu doit chercher, au-delà de sa vie consciente, les mythes ancestraux qui le conduiront sur le chemin de sa réalisation totale : « Aujourd'hui s'éveille une nouvelle foi, le mythe du sang, la foi de défendre avec le sang également l'essence divine de l'homme en général. Foi faisant corps avec le savoir le plus clair de ce que le sang nordique représente le mystère qui a remplacé [...] les anciens sacrements. » Cette recherche de la « vérité du sang aryen et par-dessus tout aryen-nordique » conduit à considérer les autres races comme inférieures, donc vouées à l'esclavage si l'on veut éviter la dégénérescence d'un peuple et d'une civilisation supérieure.

 

 

17:48 Publié dans Livre | Tags : roman historique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.