04/04/2015

LA DEUXIEME MORT DE RAMON MERCADER

 Mercader 2.gifQuatrième de couverture :

 Sous son activité de directeur adjoint d'une société espagnole de commerce, Ramón Mercader cache sa véritable identité et sa mission d'agent secret au service de l'U.R.S.S. Cible pour les uns, appât pour les autres, il est victime, à Amsterdam, d'un guet-apens et on le retrouve " suicidé " dans sa chambre tandis que les services de contre-espionnage soviétiques fabriquent un dossier destiné à le faire passer pour traître.

A travers son héros - et son homonyme réel, qui fut l'assassin de Trotsky - l'auteur évoque toute l'histoire du mouvement communiste de la guerre d'Espagne à la mort de Staline, et au XXe Congrès. Cette " matière " du livre, d'une extraordinaire richesse, est comme le sang noir qui irrigue le corps du roman d'espionnage.

 

 

 

 

 

 

Mercader 3.jpgL’auteur : JORGE SEMPRUN

Nationalité : Espagne

Né(e) à : Madrid , le 10/12/1923

Mort(e) à : Paris , le 07/06/2011

Biographie :

Jorge Semprún Maura est un écrivain, scénariste et homme politique espagnol dont l'essentiel de l'œuvre littéraire est rédigé en français. En 1937, pendant la guerre d'Espagne, sa famille s'exile en France. A Paris, après ses études secondaires, il étudie la philosophie à la Sorbonne.

En 1941, il adhère à l'organisation communiste de la Résistance des Francs Tireurs et Partisans. En 1942, il entre au Parti communiste espagnol. En 1943, il est arrêté par la Gestapo et envoyé au camp de concentration de Buchenwald. Il rentre à Paris en 1945. Jusqu'en 1952, il sera traducteur auprès de l'Unesco. A partir de 1953, il coordonne les activités clandestines de résistance au régime de Franco au nom du Comité Central du Parti communiste espagnol en exil puis il entre au Comité Central et au bureau politique.

De 1957 à 1962, il anime le travail clandestin du parti communiste dans l'Espagne de Franco sous le pseudonyme de Frederico Sanchez. En 1963, il reçoit le prix Formentor pour "Le grand voyage". En 1964, il est exclu du parti en raison de divergences sur la ligne du parti. Il se consacre alors à son travail d'écrivain et de scénariste. En 1969, il reçoit le prix Fémina pour "La deuxième mort de Ramon Mercader".

L'œuvre romanesque de Jorge Semprun se répartit autour de quelques thèmes et des grands événements qui ont émaillé son existence. Beaucoup de ses ouvrages éminemment autobiographiques sont des témoignages, des réflexions sur la terrible expérience qu'il a vécue dans les locaux de la Gestapo à Paris, puis dans le camp de Buchenwald et sa difficile réadaptation : Le Grand Voyage, L'Évanouissement, Quel beau dimanche, Le mort qu'il faut, L'Écriture ou la Vie et Vingt Ans et un jour.

De 1988 à 1991, il est Ministre de la culture du Gouvernement espagnol. En 1994, il reçoit le Prix de la Paix des Editeurs et Libraires allemands. Le Prix Fémina Vacaresco 1994 et le Prix Littéraire des Droits de l'Homme 1995 lui ont été décernés pour L'écriture ou la vie. il a également reçu le prix de la ville de Weimar en 1995 et le prix Nonino (Italie) en 1999.

Il est élu à l'Académie Goncourt en 1996. Le 31 mai 2005, Jorge Semprun reçoit le second prix Dialogo décerné par l'Association d'amitié hispano-française. Il récompense le 'rôle politique et intellectuel' que l'écrivain a joué 'pour l'amélioration des relations' entre les deux pays.

 

Mon avis :

Ce roman écrit par Jorge Semprun a obtenu le prix Femina en 1969, l’année de sa publication, un prix cent fois mérité. Voilà un roman qui n’est certainement pas facile d’accès, sa structure, ses allers-retours continuels dans le temps, l’utilisation du conditionnel, ont de quoi désorienter le lecteur. Et comme tout roman d’espionnage, parfois on s’y perd à savoir qui espionne ou contre espionne qui.

Je dois avouer qu’après 150 pages, j’ai recommencé au début et bien m’en pris car tout m’est paru plus clair et passionnant. La chronologie du récit demande beaucoup d’attention, tantôt des retours sur le passé, tantôt des projections sur le futur, des phrases inachevées ou terminées plus loin dans le récit.

La narration aussi est assez désarçonnante, parfois c’est l’auteur lui même qui parle, parfois d’autres personnages et on passe de l’un à l’autre dans le même paragraphe.

Quelques fois de longues descriptions, écrites magistralement comme tout le récit d’ailleurs, apparaissent au gré de l’écriture alors qu’elles n’ont rien à voir avec le récit. Une très grand page de littérature.

En guise d’avertissement, Jorge Semprun commence ainsi : « Les événements dans ce récit sont tout à fait imaginaires. Bien plus : toute coïncidence avec la réalité serait non seulement fortuite, mais proprement scandaleuse. »

 

En marge du livre :

VUE DE DELFT

Mercader 1.jpgUn élément clé du roman est le tableau de Vermeer intitulé « Vue de Delft ». Cette Vue de Delft représente une partie de la ville natale de Vermeer sous la forme d'une veduta, une peinture très détaillée d'un paysage urbain. Elle constitue, avec La Ruelle, le seul paysage de l'œuvre du peintre.

On y aperçoit au premier plan le Schie Canal, encadré par les portes de Schiedam (à gauche) et de Rotterdam (à droite), ainsi que la Nouvelle Église (Nieuwe Kerk) protestante éclairée au fond par les rayons du soleil1.

Marcel Proust a défini La Vue de Delft dans une lettre à son ami Jean-Louis Vaudoyer comme « le plus beau tableau du monde ». Il décrit le tableau dans le cinquième tome de son roman À la recherche du temps perdu, La Prisonnière, après l'avoir lui-même découvert au Jeu de Paume, à Paris, en 1921. Dans son roman, il met en scène la découverte de la toile par Bergotte en ces termes :

« Il remarqua pour la première fois des petits personnages en bleu, que le sable était rose, et enfin la précieuse matière du tout petit pan de mur jaune. Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard, comme un enfant à un papillon jaune qu'il veut saisir, au précieux petit pan de mur. "C'est ainsi que j'aurais dû écrire, disait-il. Mes derniers livres sont trop secs, il aurait fallu passer plusieurs couches de couleur, rendre ma phrase en elle-même précieuse, comme ce petit pan de mur jaune."

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vue_de_Delft

 

RAMON MERCADER

Mercader 4.jpgIl prétendait être Belge et s’appeler Jacques Mornard. Il était Catalan et s’appelait Ramon Mercader, Staline guidait son bras.

Le 22 août 1940, un piolet d’alpiniste fracassait le crâne de Léon Trotsky, réfugié au Mexique depuis 1937. Le meurtrier déclara aux policiers qu’il s’appelait Jacques Mornard et était citoyen belge. Acteur de l’assassinat, il n’en était pas le seul organisateur. Grâce à sa liaison avec la jeune trotskyste Sylvia Ageloff, le futur assassin de Trotsky était parvenu à gagner la confiance de ceux qui veillaient sur la sécurité du célèbre exilé. Sous le nom de Franck Jacson, il fut reçu plusieurs fois dans la maison fortifiée de Coyoacan (un faubourg de Mexico).

Quelques mois avant l’assassinat, une première tentative avait échoué. Le 24 mai 1940, à 4 heures du matin, un commando d’une vingtaine d’hommes était parvenu à pénétrer dans la demeure : pendant plusieurs minutes, ils arrosèrent la chambre de Trotsky à la mitraillette et lancèrent deux grenades incendiaires ainsi qu’une bombe à retardement. Miraculeusement, il n’y eut ni mort ni blessé. Trotsky et sa femme s’étaient jetés sous le lit, leur petit-fils Siéva avait fait de même.

Qui était Jacson ? La presse stalinienne se déchaîna et répandit la thèse de l’auto-attentat monté pour faire parler de lui et calomnier le PC mexicain et Staline. Un mois après les événements, trente personnes étaient sous les verrous, la plupart membres du PC et anciens d’Espagne. Le responsable était en fuite : il s’agissait du célèbre peintre David Alfaro Siqueiros, ancien colonel en Espagne, dont Trotsky pensait qu’il servait le GPU depuis 1928. Ultérieurement, l’enquête prouvera que Siqueiros et Franck Jacson se connaissaient depuis l’Espagne.

http://www.ernestmandel.org/new/ecrits/article/l-assassin...

 

 

 

Commentaires

Mon tendre amour!

J'ai des difficultés à te suivre au niveau de lectures... :) Cela fait très plaisir que tu lis aussi des livres que je te propose et que tu y trouves du plaisir toi aussi ! Cela fait très plaisir que je sais près de moi un homme sage et cultivé. Cela fait très plaisir que tu es un exemple pour moi et pour mes enfants. Comme un des papes a dit: l'exemple vaut plus que les mots ! Je suis fière de tout ce que tu fais et de ce que je peux partager la vie d'un tel homme !

Écrit par : Victoria | 28/06/2015

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