07/04/2015

JEAN BAROIS

Barois 1.jpgQuatrième de couverture :

Barois (à l'appareil) : " Allô ! le commissaire ? Bien... Je suis le directeur du Semeur. Il y a une émeute, rue de l'Université, sous mes fenêtres" Ah, déjà ? Bon, merci... " Je ne sais pas ; mille, quinze cents peut-être...

" Le tapage continue : martèlement cadencé des semelles sur le pavé, dominé par une sorte de rugissement, d'où se détachent, en notes plus aiguës, des cri"

Mort à Dreyfus ! Mort à Zola ! Mort aux vendus ! " Roger Martin du Gard (1881-1958), Prix Nobel, est l'auteur du célèbre cycle romanesque Les Thibault. "

Ce qui me séduisit tout de suite dans, Jean Barois, ce fut la forme, si neuve et si imitée depuis, la sécheresse de ce découpage de film...

Puis je fus conquis plus profondément par l'ouvrage, ce panorama de l'intelligence française " (Paul Morand). " Dans, Jean Barois, les individus sont intacts et la douleur de l'histoire toute fraîche " (Albert Camus)

Jean Barois a passionné des générations de lecteurs : Martin du Gard y aborde de manière directe les problèmes généraux concernant la libre pensée, l'avenir de la science, la Vérité et la justice.

Ses personnages illustrent quelques-unes des positions vitales entre lesquelles il faut choisir. Mais ce sont des personnages de chair et de sang; Martin du Gard peint aussi le vieillissement tragique de l'homme, dans son corps, son cœur et son intelligence, l'angoisse devant la maladie et la mort.

Le livre est fortement situé historiquement : on y voit les rebondissements de l'Affaire Dreyfus, clairement exposée. Enfin, d'un point de vue purement littéraire. Martin du Gard, à une époque où le cinéma en était à ses balbutiements  inventait le découpage cinématographique.

 

 

 

Barois 2.jpgL’auteur : Roger Martin Du Gard

Nationalité : France

Né(e) à : Neuilly-sur-Seine , le 23/03/1881

Mort(e) à : Sérigny(Orne) , le 22/08/1958

Biographie :

R. Martin du Gard fut élève au lycée Condorcet. Issu d'une famille aisée d'avocats et de magistrats, il peut consacrer sa vie à la littérature.

Très tôt persuadé de sa vocation d'écrivain, Roger Martin du Gard se lance dans des études de lettres. Un échec en licence l'incite à passer le concours de l'Ecole des Chartes. Il intègre la prestigieuse école en 1899 et obtient son diplôme d'archiviste paléographe en 1905. Sa formation de chartiste, rigoureuse et scientifique, enrichit ses œuvres d'un point de vue historique et donne au jeune homme "le fétichisme de l'exactitude".

Après la publication d'un roman et d'une nouvelle à compte d'auteur, Roger Martin du Gard attire l'attention du milieu littéraire en proposant au comité de lecture de Gaston Gallimard un roman dialogué, Jean Barois (1913). La forme de cet ouvrage, qui tient de la pièce de théâtre ou du scénario, intrigue André Gide. Roger Martin du Gard et l'auteur des Nourritures terrestres deviennent dès lors amis. Les deux écrivains échangent, tout au long de leur vie, une correspondance dans laquelle leurs conceptions, antagonistes, de la littérature sont développées avec passion.

Tout en s'inscrivant dans la lignée d'Emile Zola en ce qui concerne le travail de recherche documentaire qui précède l'écriture, Roger Martin du Gard est un écrivain d'avant-garde et annonce le Nouveau Roman. L'histoire est une des clés de l'œuvre de Roger Martin du Gard. Après avoir traité de l'affaire Dreyfus dans Jean Barois, le romancier, pour conclure son cycle Les Thibault, analyse la marche à la guerre que connaît l'Europe avant 1914.

C'est en 1937, juste après la publication de L'Été 1914, que R. Martin du Gard se voit attribuer le prix Nobel de littérature. Il passe ensuite une majeure partie de la guerre 1939-1945 à Nice, où il prépare un roman resté inachevé, les Souvenirs du lieutenant-colonel de Maumort, qui sera publié en 1983 à titre posthume dans une édition procurée par André Daspre.

 

Mon avis :

 

Comme il est bon parfois de se replonger dans des classiques de la littérature française. Roger Marin Du Gard est à redécouvrir tant son style est fascinant. Ce roman a une forme tout à fait particulière puisqu’il est entièrement dialogué et que chaque chapitre fait l’objet d’une courte description des lieux.

Malgré  les thèmes graves tels que la libre pensée, la perte de la foi, l’avenir de la science, etc. jamais le roman ne devient ennuyeux.

Il nous replonge également dans l’ambiance de l’affaire Dreyfus, avec tout ce que ça suppose de conflits entre les défenseurs et les détracteurs.

Un tout grand moment de lecture sérieuse.

 

 

 

En marge du livre :

dreyfus,juif,religion,libre penséeL’AFFAIRE DREYFUS

L’affaire Dreyfus est un conflit social et politique majeur de la Troisième République survenu à la fin du XIXe siècle, autour de l’accusation de trahison faite au capitaine Alfred Dreyfus qui sera finalement innocenté. Elle a bouleversé la société française pendant douze ans, de 1894 à 1906, la divisant profondément et durablement en deux camps opposés, les « dreyfusards » partisans de l’innocence de Dreyfus, et les « antidreyfusards » partisans de sa culpabilité.

La condamnation fin 1894 du capitaine Dreyfus – pour avoir prétendument livré des documents secrets français à l’Empire allemand – était une erreur judiciaire1,2 sur fond d’espionnage, dans un contexte social particulièrement propice à l’antisémitisme et à la haine de l’Empire allemand à la suite de son annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine en 1871. L'affaire rencontre au départ un écho limité, avant qu'en 1898 l'acquittement du véritable coupable et la publication d'un plaidoyer dreyfusard par Émile Zola, J'accuse…!, provoquent une succession de crises politiques et sociales uniques en France. À son paroxysme en 1899, l’affaire révéla les clivages de la France de la Troisième République, où l’opposition entre le camp des dreyfusards et celui des antidreyfusards suscita de très violentes polémiques nationalistes et antisémites, diffusées par une presse influente. Elle ne s’acheva véritablement qu’en 1906, par un arrêt de la Cour de cassation qui innocenta et réhabilita définitivement Dreyfus.

Cette affaire est souvent considérée comme le symbole moderne et universel de l’iniquité3 au nom de la raison d’État, et reste l’un des exemples les plus marquants d’une erreur judiciaire difficilement réparée, avec un rôle majeur joué par la presse et l’opinion publique.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Dreyfus

Commentaires

J’ai découvert Jean Barois à l’adolescence – j’avais 16 ans – et les grandes causes abordées m’ont enthousiasmé. Après quelques dizaines d’années, quelle pourrait en être encore la lecture ? Mystère. Mais cette découverte, comme celle des Thibault, forme l’esprit et fait de nous un peu ce que nous sommes.

Écrit par : georges | 16/04/2015

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