12/06/2015

EN ATTENDANT LES BARBARES

Barbares 1.jpgQuatrième de couverture :

 

Dans un désert sans nom, dans un temps incertain, un homme juste et bon, le Magistrat, veille sur une cité paisible. Mais le pouvoir central s’inquiète d’une invasion barbare et dépêche sur les lieux un tortionnaire de la pire espèce. Parmi les prisonniers, une jeune femme blessée attire l’attention du magistrat...

Une parabole qui s’incarne dans un récit d’une rare intensité, par le prix Nobel de littérature 2003.

 

"Je crois en la paix – peut-être même en la paix à tout prix ".

J.M. Coetzee

 

Un écrivain inouï, Coetzee. Il vous flanque, tandis que vous l’admirez intensément, une peur intolérable, avec son écriture hallucinée. Inoubliable.

Françoise Xenakis

 

 

 

 

 

roman,tyrannie,répression,afrique du sudL’auteur : J.M. COETZEE

 

Nationalité : Afrique du Sud

Né à : Le Cap , le 09/02/1940

Biographie : 

J. M. Coetzee, de son nom complet John Maxwell Coetzee est un romancier sud-africain d'expression anglaise.

 

Descendant de colons afrikaners, son père était avocat et sa mère institutrice. L'anglais est sa première langue et il suit d'ailleurs sa scolarité dans une école anglaise. Il ne semble d'abord pas se destiner à un cursus universitaire dans les lettres et étudie un temps les mathématiques à l'université du Cap. En 1960, il part pour l'Angleterre et poursuit à Londres des études en linguistique et en informatique.

 

Après avoir travaillé comme programmeur pour IBM, puis pour International Computers, Coetzee nourrit des ambitions littéraires mais il est tenaillé entre le besoin financier et sa passion pour les livres et l'écriture. L'attribution d'une bourse d'étude lui permet de reprendre des études d'anglais à l'université du Texas à Austin, où il soutient une thèse de doctorat en 1965 sur les romans de Samuel Beckett. Il obtient ensuite un poste à l'université de Buffalo (New York) où il enseignera jusqu'en 1983. Son premier roman, "Terres de crépuscule", y est publié en 1974. "En attendant les barbares" est publié en 1980. Quatre ans après, il obtient une chaire de professeur en littérature au département d'anglais de l'université du Cap.

 

Coetzee s'installe en Australie en 2002 pour enseigner à l'Université d'Adélaïde. Il est maintenant professeur émérite à l'université de Chicago (Illinois), aux États-Unis.

 

L'auteur a reçu de nombreux prix littéraires de premier ordre: il a notamment été le premier écrivain et à ce jour encore le seul avec l'auteur australien Peter Carey, à obtenir deux fois le prestigieux Prix Booker, en 1983 pour "Michael K, sa vie, son temps" et en 1999 pour "Disgrâce". La plus importante de toutes les distinctions internationales, à savoir le prix Nobel de littérature, vient couronner en 2003 l'ensemble de son œuvre.

 

Mon avis : Un grand roman assurément, pas facile à présenter simplement. Un roman qui aborde sans vraiment le dire de grands thèmes de notre époque : la tyrannie, la répression, la torture, la soumission.

Au fond chaque société crée ses propres barbares, une manière comme une autre pour créer un climat de crainte, un état de soumission par rapport au pouvoir en place.

Une référence sans doute à l’apartheid, à la colonisation, une critique de l’Afrique du Sud à travers la répression qu’elle exerçait sur ceux qu’elle appelait les « barbares ».

Un grand auteur que je découvre, un roman court mais dense dont il faut prendre le temps de savourer chaque chapitre.

 

 

Barbares 3.JPGEn marge du livre : Récemment en Afrique du Sud, des actes de barbarie ont été commis par une population zouloue à l’encontre de ressortissants d’autres pays africains. Les leçons du passé, de l’apartheid, seraient-elles déjà oubliées. L’histoire est un éternel recommencement !

 

" Les zimbabwéens, kenyans, congolais, nigérians, éthiopiens et autres trouvent la mort dans leurs maisons, leurs poste de travail, enfant comme adultes  certains sont brulés vif " écrit effrayé un commentateur sur place.

 Indifférent jusque là, le gouvernement n'a pas encor trouvé des mesures sûres pour arrêté ce drame. Le président Zuma s'est borné à promettre des lourdes sanctions et instruit ses représentations dans les pays concernés par la vague xénophobe, à présenter des excuses.

 

 Si aucun pays n'a pris officiellement position en faveur de sanctions contre l'Afrique du Sud, le Zimbabwe comme le Malawi ont affrété des bus pour rapatrier plusieurs centaines de leurs ressortissants, réfugiés dans des camps de déplacés autour de Durban.

On compte jusque là quelques actions en représailles  plus ou moins isolées. Des appels au boycottage ont été lancés en Zambie et au Malawi. Des incidents ont éclaté à la frontière mozambicaine où des voitures sud-africaines ont été arrêtées par des manifestants.

 

Plusieurs compagnies minières et gazières du pays ont même mis leurs employés sud-africains à l'abri provisoirement.

On note aussi, une marche jusqu'à l'ambassade d'Afrique du Sud, des manifestants zimbabwéens.

Le président zimbabwéen et président en exercice de l'Union Africaine,  Robert Mugabé  s'est exprimé en ces termes : "nous sommes choqués, dégoûtés et avons en horreur ce qui s'est passé à Durban. Des Africains ont été délibérément brûlés à mort par certains membres de la communauté zoulou"

 "Que cela ne se reproduise plus jamais en Afrique ou dans un autre pays. Nos peuples doivent être traités avec dignité sur le continent africain", a déclaré Robert Mugabé, patron de l'UA.

http://www.digitalcongo.net/article/106692

 

 

Commentaires

Tu sembles t'intéresser de plus en plus à l'Afrique du Sud ;-) J'ai toujours un a priori un peu négatif vis-à-vis des Afrikaners et de leur regard né de l'apartheid, et pourtant, comme chez tous les êtres humains, il existe parmi eux des personnes qui luttent pour des valeurs d'égalité. Coetzee semble faire partie de cette catégorie de personnes, peut-être pas au point d'une Helen Lieberman, mais il a a le mérite de réfléchir, de dénoncer... Alors peut-être pourrais-je laisser mes a priori de côté.
Un très bon livre qui relate l'histoire de l'Afrique du Sud et que je te conseille, c'est "Un arc-en-ciel dans la nuit" de Dominique Lapierre.

Écrit par : Rylou | 15/06/2015

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