08/07/2015

MOSCOU BABYLONE

Moscou.JPGQuatrième de couverture : « En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »

Avec ses bonnes manières oxfordiennes et son costume en tweed, Roman Lambert arrive à Moscou en 1995 tel un explorateur victorien en safari, déterminé à profiter de la jungle moscovite postsoviétique. D'origine anglaise, est-ce le sang russe de sa mère qui le rend aussitôt apte à toutes les démesures ?

Des soirées dans les derniers clubs à la mode aux manifestations proto-fascistes de Limonov, des scènes de résilience et de survie quotidiennes aux week-ends orgiaques dans sa datcha, le jeune étranger se fond dans ce monde impitoyable et violent, enviant la dépravation sans scrupules de ses nouveaux amis expatriés et autochtones.

Commence alors une métamorphose que précipite sa rencontre avec Sonia, aussi belle et tragique qu'une peinture du Caravage, une descente aux enfers qui va l'emmener par-delà le bien et le mal, jusqu'à commettre l'irréparable...

Mais, à Moscou Babylone, comment trouver les voies de la rédemption ?

 

 

Moscou 2.jpgL’auteur OWEN MATTHEWS

Nationalité : Royaume-Uni

Né(e) à : Londres

Biographie :

Né à Londres, d’une mère russe et d’un père anglais, Owen Matthews a étudié l’histoire à l’université d’Oxford avant d’entamer sa carrière de journaliste à Sarajevo en 1994.

Reporter pour le Moscow Times, puis correspondant pour le magazine Newsweek à Moscou et à Istanbul, il a couvert la seconde guerre tchétchène, les conflits au Moyen-Orient, les combats en Afghanistan et la guerre en Irak.

Il est actuellement directeur de la rédaction de Newsweek à Moscou, et vit à Istanbul avec sa femme et leurs deux enfants. Les Enfants de Staline est son premier ouvrage publié chez Belfond.

 


Mon avis : Je pensais commencer la lecture d’un thriller, je me suis trompé. Je me suis retrouvé dans une espèce de chronique, un  récit d’une vie à Moscou vers 1990 c'est-à-dire en pleine ère postcommuniste sous le règne de Boris Eltsine. On sent directement que l’auteur fait référence à sa propre expérience, un fond de vérité émane du récit. Le jeune Roman Lambert fraîchement diplômé d’Oxford découvre un monde inattendu, la Russie, il découvre la perversité, les fêtes orgiaques, les junkies, la prostitution, les escrocs en tout genre, les excès d’une société sans repères, il y fonce tête baissée dans une descente aux enfers qui le mène jusqu’au crime.

L’auteur nous offre une vision passionnante de l’ère qui suivit la pérestroïka, les abus de pouvoir, la déglingue d’un état exsangue, un portrait cruel d’une ville, des nouveaux riches, d’un capitalisme à tout va, des excès des étrangers, etc…

Le récit est agréable, le style direct, c’est cruel, amusant et étonnant.  Et finalement le récit se transforme, le thriller que je pensais découvrir en devient véritablement un, l’auteur voulant sans doute nous rappeler qu’il s’agit bien d’un roman. Voilà un savant mélange de genre qui rend ce récit attrayant. Un livre qui se lit facilement, jamais ennuyant, un bon moment de lecture.

 

 

 

 

Moscou 3.jpgEn marge du livre : l’URSS des années Eltsine.

Boris Eltsine restera comme la principale figure du démantèlement de l'U.R.S.S. et de la transition de la nouvelle Russie vers un futur encore incertain. L'importance du personnage tient tout autant à son rôle réel qu'aux espoirs qu'il a incarnés, et déçus fort souvent, lui conférant une dimension tragique au-delà de comportements parfois bouffons. S'il a su, à plusieurs reprises, comprendre le sens des événements, il s'est révélé tout aussi souvent incapable de se hausser au niveau de ses responsabilités. Les ambiguïtés de l'homme, tout à la fois hardi et craintif, cherchant l'affrontement pour se plaindre ensuite des attaques dont il a fait l'objet, ses pathologies personnelles, dont l'alcoolisme est la plus notoire, dessinent le portrait d'un chef d'État qui ne fut vraisemblablement pas un homme d'État, d'un dirigeant post-communiste profondément lié à la tradition et aux coutumes de l'exercice soviétique du pouvoir.

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09:33 Publié dans Livre | Tags : roman, urss, eltsine, moscou | Lien permanent | Commentaires (0)

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