10/12/2015

DANS LA GRANDE NUIT DES TEMPS

Nuit des temps 2.jpgQuatrième de couverture : À la fin de 1936, Ignacio Abel, architecte espagnol de renom, progressiste et républicain, monte l’escalier de la gare de Pennsylvanie, à New York, après un périple mouvementé depuis Madrid où la guerre civile a éclaté.
Hanté par les récriminations de sa femme, Adela, et taraudé par le sort incertain de ses deux jeunes enfants, Miguel et Lita, il cherche Judith Biely, sa maîtresse américaine.

L’auteur le regarde prendre le train qui doit le conduire dans une petite ville au bord de l’Hudson, Reinheberg, et reconstruit au cours d’un époustouflant va-et-vient dans le temps la vie d’Ignacio Abel, fils de maçon, devenu architecte à force de sacrifices, marié à une fille de la bourgeoisie madrilène rétrograde et catholique, déchiré par sa passion amoureuse et par la violence des événements politiques.
Au long de ces mille pages d'amour et de guerre, les personnages de fiction mêlent leur vie à celle des hommes politiques et des écrivains de l'époque.

Dans ce chef-d’œuvre intimiste et charnel, Antonio Muñoz Molina fouille avec une lucidité admirable et bouleversante au plus profond de la matière humaine.

 

 

 

 

L’Auteur : Antonio Muñoz Molina

Nuit des temps 3.jpgNationalité : Espagne
Né(e) à : Ubeda (Andalousie) , le 10/01/1956
Biographie :

Antonio Muñoz Molina est un écrivain espagnol.

Ses parents sont des enfants d'agriculteurs. Son père a dû quitter l'école très jeune pour aider à la ferme et sa mère n'a jamais été scolarisée. Enfant et adolescent de la période franquiste, Antonio s'évade par les livres notamment Borges, Faulkner qui influenceront son oeuvre même s'il va développer un monde et un style qui lui sont entièrement propres.

Il étudie l'histoire de l'art à l'université de Grenade puis le journalisme à Madrid. Au début des années 80, il entre comme fonctionnaire à la municipalité de Grenade. Parallèlement, il écrit des articles pour le quotidien Ideal.

Il se marie avec la journaliste et écrivain Elvira Lindo, avec laquelle il a un enfant.

En 1991, il commence à écrire pour le quotidien El Pais. En 1996, il est nommé membre de la Real Academiade Letras.
Son roman Le Royaume des voix reçoit le Prix Planeta et Pleine Lune le Prix Femina étranger en 1998.

Il réside aujourd'hui à New-York où, de 2004 à 2006, il a dirigé The Cervantes Institute. En 2007, il a reçu un doctorat honorifique de l'université de Jaen. Il a reçu aussi le prix Prince des Asturies en 2013.
Parmi ses œuvres on cite "L'Hiver à Lisbonne"; "Le Royaume des voix"; "Pleine Lune"; "Dans la grande nuit des Temps".

 

 

Mon avis : Après avoir lu deux ou trois pages, on sait déjà qu’on a dans les mains un très bon livre, la suite confirme la première bonne impression, ce n'est pas un très bon livre, c’est un véritable chef d’œuvre. Mes dernières lectures m’avaient laissé un peu sur ma faim, des romans que je terminais sans passion ou que carrément j’abandonnais, des histoires sans relief, des écritures décevantes.
Ici, il y a tout ce qui me plait dans un roman, tout d’abord le style de l’auteur, de très longues phrases parfois un peu déroutantes, il faut s'y habituer, mais des phrases dans lesquelles on a l’impression que rien ne manque, qu’il n’y a pas un mot de trop, que chaque mot est à sa place.
Le récit est lent, minutieux, jamais ennuyeux, j’ai lu ce roman par petites gorgées pour ne rien rater dans les descriptions précises d'un style très dense et très riche, qui donne une image réaliste des personnages, des lieux et des évènements qu'ils vivent.
Antonio Muñoz Molina décortique véritablement les personnages de son roman, tout d’abord Ignacio Abel, d’origine modeste, devenu architecte renommé, républicain, socialiste, il tombe éperdument amoureux d’une jeune américaine de passage en Europe, Judith Biely, divorcée, plus jeune d’une quinzaine d’années, une femme libérée qui va entraîner Ignacio dans une relation charnelle et voluptueuse.
La femme d’Ignacio, Adela, d’une famille de la bourgeoisie catholique, dont les tantes affirmaient qu’elle ne trouverait jamais un mari. Adela est effacée, vieux jeu, elle aime son mari et ses enfants par-dessus tout. Somme toute une histoire assez banale.
L’histoire est le plus souvent écrite à la troisième personne, le narrateur distille dans le détail la vie des uns et des autres, le récit est fait de conversations, d’extraits de lettres, de descriptions, il nous entraîne dans la complexité des sentiments des êtres humains et dans l’horreur de la guerre civile espagnole.
Je dois dire que j’ai rarement été déçu par la littérature hispanique, c’est encore le cas dans ce roman qui par moment m’a fait penser à Gabriel Garcia Marquez.
La traduction m’a semblée également être à la hauteur de la qualité de l’écriture, une écriture dense, complexe et attachante.
Un très grand moment de lecture. Pas étonnant que ce roman ait reçu 4 prix et distinctions littéraires dont le prix "Meilleur roman étranger 2012" par le magazine "Lire".

 

En marge du livre : la Guerre civile espagnole

Nuit des temps 4.jpgLa guerre d’Espagne, connue également en France sous le nom de guerre civile espagnole et parfois désignée sous celui de révolution espagnole, est un conflit qui opposa, en Espagne, le camp des « nationalistes » à celui des « républicains ». Elle se déroula de juillet 1936 à mars 1939 et s’acheva par la défaite des républicains et l’établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu’à sa mort en 1975.

http://www.espagne-facile.com/guerre-espagne/511/

 

 

Les commentaires sont fermés.