28/02/2016

LE SEIGNEUR DES PORCHERIES

Porcherie 1.jpgQuatrième de couverture : Ce premier roman singulier commence avec la mort d'un mammouth à l'ère glaciaire et finit par une burlesque chasse au porc lors d'un enterrement dans le Midwest d'aujourd'hui. Entre-temps, on aura assisté à deux inondations, à quatorze bagarres, à trois incendies criminels, à une émeute dans une mairie, à une tornade dévastatrice et à l'invasion de méthodistes déchaînés ; on aura suivi la révolte d'une équipe d'éboueurs et vu comment un match de basket se transforme en cataclysme.


Tout se passe dans la petite ville de Baker, sinistre bourgade du Midwest ravagée par l'inceste, l'alcoolisme, la violence aveugle, le racisme et la bigoterie. Au centre des événements, John Kaltenbrunner, un enfant du pays, en butte à toutes les vexations, animé par une juste rancoeur. Comment John se vengera-t-il de la communauté qui l'a exclu ? Jusqu'où des années de désespoir silencieux peuvent-elles conduire un être en apparence raisonnable ?

 

 

 


L'auteur : TRISTAN EGOLF

roman,usa,tristan egolfNationalité : États-Unis
Né à : San Lorenzo del Escorial,Espagne , le 19/12/1971
Mort à : Lancaster , le 07/05/2005
Biographie :
Son père, Brad Evans, est journaliste à la National Review, et sa mère peintre. Après le divorce de ses parents, il prend le nom de famille de son beau-père, Gary Egolf. Il a une sœur actrice, Gretchen Egolf.
Acteur et écrivain, Tristan Egolf publie Le Seigneur des porcheries en 1998, un premier roman qui le fait connaître du grand public.
Son manuscrit a pourtant été refusé par plus de soixante-dix maisons d'éditions américaines. Pour gagner de l'argent, il fait du théâtre, de la peinture et s'installe à Paris où il joue de la guitare sur le pont des Arts.
Il est repéré par la fille de Patrick Modiano. Celle-ci l'héberge et présente son roman aux éditions Gallimard, qui le signent.

En 2002 il écrit un deuxième roman Jupons et violons, un autre, Kornwolf, est publié en 2009. La critique le compare à John Steinbeck et William Faulkner.
Activiste politique, l'écrivain affiche au grand jour ses convictions. En juillet 2004, il est arrêté par la police en Pennsylvanie. Lors d'une visite du président George W. Bush, il forme, avec d'autres hommes en string, une pyramide humaine pour dénoncer les tortures dans la prison d'Abou Ghraïb en Irak.
Tristan Egolf, que l'on disait dépressif, se suicide à l'âge de trente-trois ans.

 

Mon avis :

Les trente premières pages intitulées "l'argument", m'ont laissées un peu K.O., même en les lisant deux fois, rien ne me paraissait ni clair, ni emballant. Déjà la première phrase d'une longueur étonnante est assez indigeste, voilà qui ne disait rien de bon pour la suite.
Pourtant, dès le premier chapitre qui est d'un tout autre style, on peut commencer à découvrir le destin tragique de John Kaltenbrunner et on accroche au récit.
Il y a dit-on des personnes nées sous une mauvaise étoile, c'est le cas de notre héros qui vient au monde orphelin de père, qui est élevé par une mère dépressive qui ne lui donne aucun amour. D'une intelligence redoutable, complètement asocial, il se prend en charge dès son plus jeune âge, à 8 ans il commence à remettre en ordre la ferme familiale, il commence un élevage de poulets, ensuite de moutons jusqu'au jour où une tornade vient tout détruire. La suite est une succession de déboires plus incroyables les uns que les autres.
L'histoire se passe dans le Mid-west, l'Amérique profonde et un peu comme dans le roman "Le diable tout le temps" de Donald Ray Pollock Pollock, roman que j'avais évoqué il y a quelques semaines, les personnages les plus affreux font partie du décor.

J'ai adoré le style, direct, sans temps mort, parfois quelques longueurs, c'est cruel, noir, d'un humour acide comme j'aime, un style très imagé qui fait merveille avec ce récit. Une étude de mœurs sans doute caricaturale et exagérée, où chacun en prend pour son grade, les dames de charité de l'église méthodiste sont appelées "les harpies", les ouvriers d'usine sont "les rats d'usine", les ploucs sont des "trolls", il y a encore les "rats de rivière", les "hessiens", les "torche-collines", etc...
Je me suis régalé avec ce roman, tout est dans la démesure, c'est révoltant et finalement on se prend à aimer ce John Kaltenbrunner qui est pourtant loin d'être un enfant de coeur. Sa haine de la société va l'entraîner dans un parcours tout à fait étonnant.

Un roman comme on en redemande.

 

En marge du livre : Juste pour un peu situer le décor, l'action se passe dans le MidWest dans ce qu'on Porcherie 3.jpgappelle la "Corn Belt", une région rude qui produit jusqu'à 80% de la production totale de maïs aux Etats Unis mais parfois victime de conditions climatiques catastrophiques.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/13/la-seche...

 

19:58 Publié dans Livre | Tags : roman, usa, tristan egolf | Lien permanent | Commentaires (0)

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