16/08/2016

CONFITEOR

confiteor 1.jpgQuatrième de couverture : Barcelone années cinquante, le jeune Adrià grandit dans un vaste appartement ombreux, entre un père qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une mère qui le destine à une carrière de violoniste virtuose.

Brillant, solitaire et docile, le garçon essaie de satisfaire au mieux les ambitions démesurées dont il est dépositaire, jusqu'au jour où il entrevoit la provenance douteuse de la fortune familiale, issue d'un magasin d'antiquités extorquées sans vergogne.

Un demi-siècle plus tard, juste avant que sa mémoire ne l'abandonne, Adrià tente de mettre en forme l'histoire familiale dont un violon d'exception, une médaille et un linge de table souillé constituent les tragiques emblèmes.

De fait, la révélation progressive ressaisit la funeste histoire européenne et plonge ses racines aux sources du mal. De l'Inquisition à la dictature espagnole et à l'Allemagne nazie, d'Anvers à la Cité du Vatican, vies et destins se répondent pour converger vers Auschwitz-Birkenau, épicentre de l'abjection totale.

Confiteor défie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral et emplir de musique une cathédrale profane. Sara, la femme tant aimée, est la destinataire de cet immense récit relayé par Bernat, l'ami envié et envieux dont la présence éclaire jusqu'à l'instant où s'anéantit toute conscience.

 Alors le lecteur peut embrasser l'itinéraire d'un enfant sans amour, puis l'affliction d'un adulte sans dieu, aux prises avec le Mal souverain qui, à travers les siècles, dépose en chacun la possibilité de l'inhumain - à quoi répond ici la soif de beauté, de connaissance et de pardon, seuls viatiques, peut-être, pour récuser si peu que ce soit l'enfer sur la terre.

 

 

 

confiteor 2.jpgL'auteur : Jaume CABRÉ

 

Nationalité : Espagne

Né(e) à : Barcelone , le 30/04/1947

Biographie :

Jaume Cabré i Fabré est un philologue, écrivain et scénariste catalan.

Licencié en philologie catalane à l’Université de Barcelone, professeur certifié en dispense d’activité et enseignant à l’Université de Lleida, membre de la section philologique de l’Institut d'Estudis Catalans.

Pendant de nombreuses années, il allie l’écriture et l’enseignement et rédige des scénarios pour la télévision et le cinéma.

Ses premières publications sont des recueils de nouvelles tels que "Faules de mal desar" (1974) et "Toquen a morts" (1977), puis un premier roman "Galceran l'heroi de la guerra negra" (1978). La mémoire historique, l'impossibilité du pardon et la peur de l'oubli sont des thèmes récurrents dans son oeuvre. Réflexions qu'il reprend dans son dernier livre, "Confiteor".

Il est titulaire de nombreuses récompenses dont le Prix d'Honor de les Lletres Catalanes en 2010, le Prix de la critique Serra d'Or en 2012 avec "Jo confesso" et le Prix Courrier international du meilleur roman étranger, 2013 avec "Confiteor".

 

 

 

Mon avis : Tout d'abord je dois remercier ma fille de m'avoir fait ce très beau cadeau.

Ce roman, c'est du lourd, du très lourd et j'ai bien peur que ma critique soit véritablement trop faible par rapport à ce monument.

Essayer de le résumer me paraît une tâche presque impossible tant ce roman est riche et foisonnant, d'une densité incroyable.

 Au début il faut vraiment s'accrocher, ça part dans tous les sens, la chronologie est chaotique, les personnages nombreux, et le style de l'auteur est tout à fait déroutant.

Une phrase peut passer de la première personne à la troisième personne, un paragraphe peut passer de l'inquisition à Auschwitz, du 14ème siècle au 20ème siècle ou encore d'un personnage à un autre sans qu'on y voit à priori le lien et surtout sans qu'on s'en rende compte immédiatement..

Je dois dire qu'au début je me suis posé des questions, n'allais-je pas me lasser et allais-je tenir jusqu'au bout des 900 pages. Et petit à petit on s'y fait à ce chaos, même on y prend goût, on s'en amuse mais il faut rester attentif et parfois revenir un peu en arrière. Et cette histoire dès que le puzzle se construit petit à petit, elle devient réellement attachante, une histoire d'amour et d'amitié jusqu'à la mort, c'est aussi l'histoire d'un violon, un véritable Storioni et d'un tableau de Modest Urgell. C'est aussi un livre sur le bien et le mal, sur la religion, sur l'existence de Dieu, etc...

J'y ai retrouvé toute la singularité et l'imaginaire que j'aime tant dans la littérature hispanique. je n'ai pas pu m'empêcher de penser à quelques auteurs que j'ai apprécié : Garcia Marquez, Zafon, Semprun, Munoz Molina, Jaume Cabré est un grand nom que je joins sans problème aux précédents.

Un roman génial, pas facile à appréhender, attachant comme son personnage principal, touffu dans tous les sens du terme, à classer dans la catégorie chef d’œuvre.

 

 

En marge du livre :

 confiteor 3.jpg

Lorenzo Storioni (1744-1816) est considéré comme le dernier grand maître de l’école classique Crémonaise, dans la lignée des familles Amati, Stradivarius, Guarnerius, Bergonzi. Il a été d’autre part grandement influencé dans son travail par ses contemporains T. Balestrieri et G. B. Guadagnini. Il fut ainsi conduit à introduire des changements intéressants dans sa fabrication favorisant l’élégance de ses instruments, afin d’en améliorer le son, ce qu’il fit avec succès.

16:10 Publié dans Livre | Tags : roman, jaume cabré, espagne | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Quelle joie que tu aies apprécié ce roman! Il est un véritable coup de coeur parce que j'y ai retrouvé mon plaisir de romaniste: le sublime d'une grande littérature, technique, érudite, qui demande un effort de la part du lecteur... mais aussi beaucoup d'émotion et d'attachement envers Adria et son maudit Storioni, et surtout envers Sarah bien évidemment! Bref, c'est un livre qui fait battre le coeur!

Écrit par : Rylou | 16/08/2016

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