31/10/2016

UN FOND DE VERITE

vérité 1.jpgQuatrième de couverture : Fraîchement divorcé, Teodore Szacki a quitté son travail de procureur à Varsovie et débarque dans la paisible bourgade de Sandomierz, où il compte bien refaire sa vie. Mais six mois à peine après avoir abandonné l’agitation de la capitale et l’asphyxie de son mariage, il s’ennuie déjà.

Heureusement, devant l’ancienne synagogue de la vieille ville, du travail l’attend : un corps de femme drainé de son sang, tout comme dans un rite sacrificiel juif… Lorsque le mari de la victime subit le même sort, la population de la ville renoue avec des peurs vieilles de plusieurs décennies. Aux prises avec une flambée d’antisémitisme sans précédent, Szacki va devoir plonger dans un passé aux échos douloureux, et tenter de trouver la vérité dans une histoire qui déchaîne toutes les passions.

 

 

 

 

 

 

L'auteur : ZYGMUNT MILOSZEWSKI

 

vérité 2.jpegNé à Varsovie en 1976. Écrivain, journaliste et scénariste, il publie en 2005 son premier roman d’horreur, Interphone, très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec la trilogie mettant en scène le procureur Szacki.

Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point. Après Les Impliqués (Mirobole) et Un fond de vérité (Mirobole), La Rage est son premier roman à paraître chez Fleuve Éditions.

 

Mon avis : Avant la lecture de ce roman, si j'avais dû citer un écrivain polonais, j'aurais eu bien du mal, Gombrowicz peut être mais je ne suis pas sûr que le nom me serait revenu. Zygmunt Miloszewski, je ne suis pas prêt de l'oublier tant ce "fond de vérité" m'a séduit.

Voilà un thriller très bien construit, un polar qui tient la route, palpitant jusqu'à la dernière page.

L'auteur plante le décor à Sandomierz, une petite ville de Pologne à 200 km au sud de Varsovie. Il nous fait véritablement découvrir la ville, les noms des rues, les bâtiments historiques, les restaurants, tout est parfaitement exact, un vrai parcours touristique qui donne  envie de visiter la ville. Personnellement, j'ai suivi le récit en parallèle sur "Google Earth" et la fonction "Street view", de quoi me plonger littéralement dans l'action et suivre pas à pas le procureur Szacki.

Ensuite il se sert d'un tableau peint par Charles de Prévost, exposé à la cathédrale de Sandomierz (pas sûr qu'il y soit encore !), tableau qui a comme thème "le rituel du sang", une allégation anti-juive ou antisémite selon laquelle les Juifs assassineraient des enfants non juifs à des fins rituelles, la confection de pains azymes. Dans toute légende, il y a un "fond de vérité".

Une façon d'aborder la Pologne des années 2000 et ses fantômes du passé, notamment l'antisémitisme de la société catholique polonaise.

L'auteur se sert à merveille de ce contexte pour construire un récit brillant, passionnant, une enquête captivante jusqu'au bout avec tous les ingrédients nécessaires (humour, sexe, mystères, ... ) pour nous offrir un excellent polar.

 

En marge du livre : Le meurtre rituel juif

vérité 4.jpgEn 1945, une vague de pogroms, déclenchée par des rumeurs de meurtres rituels qui auraient été perpétrés par les juifs , déferle sur la Pologne. Tout commence à Chelm fin mars début avril : la milice accuse plusieurs juifs, torturant même l’un d’eux, d’avoir saigné « un petit garçon chrétien ». La rumeur se propage ensuite à Rzeszów où le meurtre inexpliqué d’une jeune fille, attribué à un rabbin local, suscite les débordements des 14 et 15 juin 1945. Deux mois plus tard, le 11 août, c’est à Cracovie que la foule se jette sur des juifs, quand un jeune garçon surgit d’une synagogue de la rue Miodowa en criant qu’elle contient des cadavres d’« enfants chrétiens ». En juin 1945, ces accusations gagnent Przemysl ; puis, en août, Kielce, Radomsko, Lódz, Zwolen, Bydgoszcz, et de nouveau Chelm.

Les troubles les plus violents, fondés sur des allégations de meurtres, éclatent à Kielce où 42 juifs sont tués l’année suivante, les 4 et 5 juin 1946. Au lieu de retomber, la vague de persécutions submerge ensuite d’autres villes et d’autres régions de Pologne, atteignant Tarnów, Cracovie, Czestochowa, Radom, Ostrowiec, etc.

https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2010-2-...

 

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