28/12/2016

UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE

Pollock 1.jpgQuatrième de couverture : 1917. Quelque part entre la Géorgie et l’Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d’un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d’ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu et ils se retrouvent avec toute la région lancée à leurs trousses. Et si la belle vie à laquelle ils aspiraient tant se révélait pire que l’enfer auquel ils viennent d’échapper ?

Fidèle au sens du grotesque sudiste de Flannery O’Connor, avec une bonne dose de violence à la Sam Peckinpah mâtiné de Tarantino, cette odyssée sauvage confirme le talent hors norme de Donald Ray Pollock.

 

 

 

 

 

 

 

Pollock 2.jpgL'auteur : Donald Ray POLLOCK

Originaire de l'Ohio, Donald Ray Pollock a été ouvrier pendant trente-deux ans dans une usine de pâte à papier, avant de prendre le chemin de l'université et de se consacrer à l'écriture. Publié en 2008 aux États-Unis, son recueil de nouvelles Knockemstiff a marqué l'avènement d'une voix majeure dans la littérature américaine.

À 50 ans, il s'inscrit à des cours d'écriture créative à l'Université d'État de Durant la campagne présidentielle de 2008, le New York Times publie régulièrement ses dépêches sur les élections vues depuis le sud de l'Ohio

Son deuxième ouvrage, The Devil All the Time (Le Diable, tout le temps), paraît en 2011. Publishers Weekly le considère comme l'un des dix meilleurs livres de l'année.

En 2012, Donald Ray Pollock reçoit la Bourse Guggenheim (Guggenheim Fellowship) dans la catégorie « Arts créatifs et champ de la fiction »

Son premier roman, Le Diable, tout le temps, publié en France en 2012,  a rencontré un succès absolu, distingué par le Grand Prix de Littérature policière et élu « Meilleur livre de l'année 2012 » par le magazine Lire.

 

 

Mon avis : J'avais vraiment apprécié son premier roman, "le diable tout le temps" (voir ma publication) et j'étais curieux de découvrir son deuxième roman, la confirmation n'étant pas toujours évidente;
On retrouve quelques points communs entre les 2 livres : l'intrigue se passe dans l'Amérique profonde, dans l'Ohio et plus particulièrement dans les terres désolées du milieu agricole où il n'y a aucun avenir et les personnages qui sont tout aussi tordus et tarés que dans le premier roman.

Pollock nous propose en parallèle une double histoire, la première concerne la fratrie des Jawett, une famille de miséreux bouseux qui décide le jour où leur père décède d'arrêter de travailler comme des forçats pour des salaires de misère, ce sera l'argent facile en attaquant des banques. Ces trois frères font vraiment penser aux Dalton, seul l'aîné sait lire, le second est obsédé par les femmes, le troisième est arriéré.

La seconde histoire concerne une famille de petits agriculteurs qui se sont faits escroqués pitoyablement, qui ont perdu leurs 1000 dollars économisés tout au long d'une vie de labeur et dont le fils de 16 ans, alcoolique et bon à rien, a quitté la maison sans crier gare.

Toute une série de personnages secondaires gravitent dans l'entourage de ces "héros", pratiquement pas un seul n'est à tirer du lot, des affreux, sales et méchants, des sadiques, des illuminés, des tordus, tous ont des pedigrees incroyables, du barman assassin au lieutenant homosexuel en passant par le proxénète, les prostituées , le négro de service, les pervers de la pire espèce, etc..

Ce roman est véritablement l'anti thèse du roman à l'eau de rose, c'est dur, cruel, déjanté, glauque, sanglant, l'humour omniprésent est noir et grinçant, les situations sont burlesques et il vaut mieux tout prendre au second degré. Tous ces personnages finiront par se croiser dans un final assez époustouflant.

L'auteur arrive à insérer quelques moments de tendresse dans cet univers tellement cruel, il nous livre un roman qui se boit comme du petit lait ou plutôt comme un rude Whiskey qui racle la gorge et brûle l'estomac.

Et comme l'écrit le "Figaro littéraire" : "Ce livre nous laisse sonné, hagard, au bord de la route, avec à peine la force de tendre le pouce. A côté, tous les romans semblent fades."

 

 En marge du livre :

Le journal du Quebec

http://www.journaldequebec.com/2016/11/19/un-roman-qui-vaut-vraiment-la-peine-detre-lu

L’Américain Donald Ray Pollock nous offre une nouvelle raison de l’apprécier à sa juste valeur, Une mort qui en vaut la peine ressuscitant avec brio l’époque des voleurs de grands chemins.

 

Pollock 4.jpgLe camp Sherman de Willicothe, c'est autour de ce camp militaire que gravite une partie de l'histoire. En fait Pollock voulait écrire un roman historique mais en définitive il n'a gardé que le lieu, tout le reste est de son imagination.

http://www.ohiohistorycentral.org/w/Camp_Sherman

23/12/2016

WANDERER

Wanderer 1.jpgQuatrième de couverture : Au cœur de l'hiver

Hermin s'est isolé au Pommier Chenin pour composer un Hommage à Schubert. Sa studieuse quiétude prend fin un soir avec le retour inopiné de Lenny, son protégé, disparu sans la moindre explication dix ans plus tôt. Pianiste de génie, le jeune homme, amaigri et tourmenté, lui annonce qu'il a définitivement renoncé à la musique. Dès lors, deux récits se répondent, celui de ces retrouvailles, maladroites, où planent les secrets d'un départ auréolé de mystères, et en écho, celui de leur rencontre, de leur amitié et de leur osmose musicale, jusqu'à l'inévitable rupture. On devine le trouble de Lenny, incapable de trouver sa place et encore encombré du souvenir d'Iris, dont son professeur était alors épris. Hermin est quant à lui partagé entre la colère, suscitée par l'attitude de son ami, et un sentiment d'attachement au-delà de toute raison.

Porté par une mélodie schubertienne et de subtiles références poétiques et musicales, "Wanderer" (Le Promeneur) est un roman d'amour d'une délicatesse rare. On découvre deux hommes, dont les talents complémentaires, la composition et l'interprétation, se sont heurtés à une passion tue et occultée. La narration en flashback rythme cet adagio, limpide et crépusculaire. On se croirait à l'opéra à Pleyel un soir d'hiver.

 

 

Wanderer 2.jpgL'auteur : Sarah LEON

Nationalité : France

Né(e) : 1995

Biographie :

Lauréate ,pour sa nouvelle "Mon Alban, du prix Clara 2012 à l'âge de 19 ou 20 ans, alors qu'elle était élève à l'École normale supérieure de Paris, où elle étudiait les lettres et la musicologie. Elle a écrit en 2016 Wanderer, un beau premier roman porté par la mélodie de mots et des sentiments.

 

Mon avis : On ne peut être qu'étonné et en admiration devant la maîtrise d'une toute jeune romancière de 21 ans, appelée sans doute à une belle carrière.

Voilà une histoire très romantique et dramatique, toute en sentiments où le style et la forme n'ont rien à envier aux plus grands.

Le roman se présente comme un espèce de huis clos dans un décor hivernal qui ajoute au climat oppressant de l'histoire. L'auteur mêle les retrouvailles des deux héros avec les évènements de leur rencontre, heureusement celle-ci apparaît en italique ce qui contribue à la compréhension de l'histoire.

On pourrait résumer l'intrigue en la qualifiant d' "incommunicabilité des sentiments".

Sarah Léon montre une grande érudition littéraire et musicale et comme moi vous aurez sans doute envie de découvrir ou redécouvrir la musique de Schubert. Un des derniers chapitres s'intitule "Andantino de la sonate D 959", une œuvre qui se marie on ne peut plus parfaitement au texte.

Wanderer était sélectionné pour le prix Goncourt du premier roman 2016, il n'a pas été récompensé mais il méritait largement d'y figurer.

 

 

En marge du livre : Le Roi des Aulnes

Wanderer 4.jpgDer Erlkönig (Le Roi des aulnes en français), op. 1 (D. 328), est un lied du compositeur Franz Schubert composé en 1815, adaptation musicale du poème Der Erlkönig de Johann Wolfgang von Goethe.

Le personnage de l'Erlkönig est très représenté dans la littérature allemande, décrit comme une créature maléfique qui hante les forêts et entraine les voyageurs vers la mort.

Der Erlkönig fut composé un après-midi d'automne de 1815, d'après un poème de Goethe, par Schubert à l'âge de 18 ans. Il ne trouva un éditeur pour publier son lied que huit ans plus tard, en 1821, après plusieurs remaniements. Chanté pour la première fois en public par le baryton Johann Michael Vogl le 7 mars 1821, l'œuvre reçut un accueil triomphal.

Les thèmes développés dans le poème sont typiquement romantiques : la mort, la nuit, le fantastique, la peur, la forêt, etc. La musique s'en ressent, en tonalité de sol mineur, sérieuse, profonde et tragique. Le caractère de la musique change pour chacun des personnages représentés.

https://youtu.be/Il6-lZYDpqY

19/12/2016

MALEFICO

malefico 1.jpgQuatrième de couverture : Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage. Sandra est enquêtrice photo pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux.

Face à la psychose qui s’empare de Rome, ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle. Quel est l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur : Donato CARRISI

malefico 2.jpgNationalité : Italie

Né(e) à : Martina Franca , le 25 mars 1973

Donato Carrisi est l’auteur d’une thèse sur Luigi Chiatti, le "monstre de Foligno", un tueur en série italien. Il est romancier, journaliste, dramaturge, scénariste et auteur de roman policier.

Juriste de formation, spécialisé en criminologie et sciences du comportement, il délaisse la pratique du droit en 1999 pour se tourner vers l’écriture de scénarios.

Bien qu'il réside à Rome, il est aussi un collaborateur régulier du quotidien milanais Corriere della Sera.

"Le Chuchoteur", son premier roman, vendu à plus de 200 000 exemplaires en Italie, paru en France, est en cours de traduction dans douze pays et a remporté quatre prix littéraires, dont le prix SNCF du polar européen 2011 et le prix des lecteur Livre de Poche 2011.

Quelques récompenses viennent conforter le talent de Donato Carrisi: le Prix Camaiore, le Prix Il Belgioso, le Prix Bancarella (déjà attribué à Ernest Hemingway, Michael Connely, Ken Follett) et enfin le Prix Mediterraneo del Giallo y del Noir.

Donato Carrisi est également dramaturge.

 

Mon avis :

Ce thriller est presque unanimement encensé par les critiques que j'ai lues, 500.000 lecteurs se seraient rués sur ce roman.

Pour moi ce fut surtout une déception, j'ai eu du mal à entrer dans cette histoire pas très crédible à mon goût encore que la réalité dépasse parfois la fiction. Trop de surnaturel, trop de grosses ficelles et des énigmes qui se résolvent comme par enchantement. Je n'ai trouvé cette histoire ni captivante, ni haletante. Certes le sujet est assez original et la trame n'est jamais ennuyante, mais ça ne m'a pas suffit pour vraiment y adhérer.

Je n'ai pas trouvé non plus ce roman bien écrit à moins que ce soit la traduction qui laisse à désirer.

Les comparaisons sont toujours délicates, mais sur ce blog, j'avais présenté un autre thriller, "un fond de vérité" de Zigmund Miloszewski bien plus séduisant et captivant que celui-ci.

 

 

En marge du livre :

Dans l'Église catholique, un Pénitencier ou, plus exactement, un prêtre pénitencier, est un prêtre auquel sont accordés des pouvoirs spéciaux d'absolution de certains péchés graves, généralement réservés au Saint-Siège. ll y a des collèges de pénitenciers dans les basiliques majeures et des chanoines pénitenciers dans les chapitres cathédraux. D’après le droit canon chaque diocèse de l’Église catholique doit avoir son pénitencier (Canon 508).

Le Grand pénitencier, ou 'pénitencier majeur', est le cardinal placé à la tête de la Pénitencerie apostolique, une institution importante du gouvernement apostolique de l’Église catholique.

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9nitencier_(religion)