20/02/2017

LE SONGE DE L'ASTRONOME

astronome 1.jpgQuatrième de couverture : Prague, 1601. L’empereur Rodolphe II de Habsbourg organise une somptueuse fête à l’occasion de laquelle le célèbre astronome Tycho Brahé doit présenter sa conception du cosmos.

La cour réunit les plus grands penseurs, artistes et notables de la Renaissance, au nombre desquels se trouvent le peintre Sprangler, l’alchimiste Michael Maier ou encore l’inquisiteur Roberto Bellarmin, connu pour avoir envoyé le philosophe copernicien Giordano Bruno au bûcher.

L’enjeu est de taille: savoir si le Maître fait tourner le Soleil autour de la Terre, ou l’inverse. Mais lorsque l’homme de science est retrouvé empoisonné dans le cabinet de curiosités du château, l’empereur décide d’enfermer tous ses invités jusqu’à ce que le coupable soit démasqué.

 

 

 

 

 

 

 

Les auteurs : Thierry BOURCY

astronome 2.JPGNationalité : France, né à : Vannes, Morbihan , le 22/06/1955

Après un DESS de psychopathologie et une licence de linguistique, il travaille dans le milieu hospitalier, à Vannes. Passionné depuis toujours par le cinéma, il change totalement de carrière à la suite d'une rencontre avec le scénariste Bernard Revon.

Son premier scénario est écrit en 1986, une adaptation de "La rose de Paracelse", vont suivre des écritures pour des séries TV, dont "Marc et Sophie", "Louis Page", "Hôtel de police" et il poursuit la réalisation de courts métrages.

En 2005, Thierry Bourcy ajoute à son CV celui de romancier: un nouvel auteur de polar voit le jour avec "La cote 512" , premier volet des aventures de Célestin Louise, flic et soldat, paru aux éditions du Nouveau Monde.

Depuis 2005, les enquêtes de Célestin Louise se sont poursuivies avec sept autres tomes, le dernier paru en 2014: "Célestin Louise, flic et soldat de la guerre de 14-18".

Entre-temps Thierry Bourcy a écrit là un scénario pour la télévision, là un scénario pour un film documentaire et, désireux de transmettre ce savoir qu'il a acquis en autodidacte, il a assuré des programmes de formation sur l'écriture de scénarios en lycée, université, école d'Audiovisuel, aux Beaux-Arts de Poitiers, une formation assise principalement sur les exercices pratiques.

Il est également auteur de pièces de théâtre et a coproduit le long-métrage de Claude Berne "Hôtel du Paradis" (2011).

 

François-Henri SOULIE

astronome 6.jpgNationalité : France, né le : 28/04/1953

François-Henri Soulié est écrivain, comédien, marionnettiste, scénographe, metteur en scène, scénariste. Récompensé par le prix du premier roman au festival du film policier de Beaune 2016, "Il n'y a pas de passé simple" a pour héros Skander Corsaro, un journaliste motocycliste parti en roue libre dans une chasse au trésor cistercien.

 

 

Mon avis : le contexte historique est intéressant, la cour de Prague, l'astronome renommé (que je ne connaissais pas) Tycho Brahé, ses théories sur le mouvement des planètes, son assistant Johannes Kepler, les références à Caravaggio et à Arcimboldo, tous les ingrédients sont réunis pour un roman comme je les aime. L'histoire est donc basée en grande partie sur des faits réels, il s'agit d'une enquête sur une série de crime commis dans l'enceinte du château impérial.

L'attente était grande, la déception est à la mesure; j'ai lu ce "thriller" sans grande passion car les auteurs n'ont pas su donner de relief au récit. L'histoire ne tient pas aux tripes, tout m'a paru écrit sur le même ton uniforme un peu comme quand on écoute quelqu'un qui parle sans intonation particulière.

Un récit qui manque de densité, les émotions sont absentes, le suspens n'est pas haletant, en finalité un espèce de cluedo quand il reste 5 ou 6 présumés assassins.

Une lecture pas désagréable mais banale, il m'en restera la connaissance de Tycho Brahé, c'est déjà ça.

 

En marge du roman:

astronome 4.jpgTycho Brahé est un astronome danois dont le disciple n'est autre que Johannes Kepler, auteur des lois de la mécanique céleste. Ce dernier doit en partie ses découvertes à son maître et à ses travaux sur l'orbite de Mars. Tycho Brahé fit construire le plus grand observatoire d'Europe : Uraniborg. Il décela la vraie nature extraterrestre des comètes. Indécis sur les deux système du monde proposés à l'époque, le géocentrisme et l'héliocentrisme, il théorise sur un système hybride appelé le géo-héliocentrisme, dans lequel les planètes tournent autour du Soleil, mais le tout tourne autour de la Terre, restant immobile au centre de l'Univers.

 

http://www.astropolis.fr/articles/Biographies-des-grands-...

15/02/2017

1000 SOLEILS SPLENDIDES

soleil 1.jpgQuatrième de couverture : Après l'immense succès des Cerfs-volants de Kaboul: le nouveau roman de Khaled Hosseini. Sur fond de chaos et de violence dans un Afghanistan déchiré par cinquante ans de conflits, l'histoire bouleversante de deux femmes dont les destins s'entremêlent, un chant d'amour poignant à une terre sacrifiée et à une ville : Kaboul.

Forcée d'épouser un homme de trente ans son aîné, Mariam ne parvient pas à lui donner un fils. Après dix-huit années de soumission à cet homme brutal, elle doit endurer une nouvelle épreuve : l'arrivée sous son propre toit de Laila, une petite voisine de quatorze ans. Enceinte, Laila met au monde une fille. D'abord rongée par la jalousie, Mariam va finir par trouver une alliée en sa rivale. Toutes deux victimes de la violence et de la misogynie de leur mari, elles vont unir leur courage pour tenter de fuir l'Afghanistan.

Mais parviendront-elles jamais à s'arracher à cette terre afghane sacrifiée, et à leur ville, Kaboul, celle qui dissimulait autrefois derrière ses murs "mille soleils splendides"?

Afghanistan, de 1959 à 2003, à travers cinquante ans d'une histoire dramatique, agitée par le conflit contre les Russes, les guerres civiles incessantes, et pour finir le régime taliban, qui a fait de ce pays ce qu'il est aujourd'hui

 

 

L'auteur : Khaled HOSSEINI

soleil 2.jpgNationalité : Afghanistan

Né à : Kaboul , le 04/03/1965

Biographie :

Cadet de cinq enfants, fils d’un diplomate et d’une professeur de farsi, Khaled Hosseini a passé son enfance en Iran, puis à Paris, déménageant au gré des affectations de son père fixées par le ministère afghan des Affaires étrangères. En 1980, alors que l’Afghanistan est occupé par l’armée soviétique, les Hosseini obtiennent le droit d’asile aux États-Unis et s’installent à San Jose, en Californie. Après une licence de biologie et des études de médecine, Khaled Hosseini devient interne au Cedars-Sinai Medical Center de Los Angeles en 1996, où il exerce toujours.

En 2001, parallèlement à la pratique de la médecine, il commence l’écriture de son premier roman. Le livre sort en 2003 aux États-Unis, sous le titre "Les Cerfs-volants de Kaboul", et bénéficie alors d’un extraordinaire bouche à oreille. Livre culte acclamé par la critique, vendu à 8 millions d’exemplaires dans le monde, ce phénomène de l’édition internationale a remporté un immense succès en France, où il a été récompensé par le grand prix des Lectrices de Elle en 2006.

Son deuxième roman, "Mille soleils splendides", s’est classé dès sa sortie sur les listes des meilleures ventes aux États-Unis et en Europe.

Marié et père de deux enfants, Khaled Hosseini vit actuellement dans le nord de la Californie et a été nommé ambassadeur par l’agence des Nations unies pour les réfugiés, l’UNHCR, en 2006. D'ailleurs, il fait l'éloge de l'UNHCR dans l'épilogue de son deuxième roman, A Thousand Splendid Suns (Mille soleils splendides), en tant qu'envoyé de bonne volonté de cette organisation.

En 2011, la sortie de l'adaptation graphique des célèbres "Les Cerfs-volants de Kaboul" offre la possibilité au public de découvrir, ou de redécouvrir, ce best-seller de la littérature contemporaine, illustré par Fabio Celoni et Mirka Andolfo.

Après une attente fébrile de six ans, la parution de son troisième roman, "Ainsi résonne l’écho infini des montagnes", a été saluée dans de nombreux pays comme un des plus grands événements éditoriaux récents.

 

 

Mon avis : je prétends souvent qu'un bon film ou un bon livre doit provoquer chez moi des émotions, quelles qu'elles soient. Et avec ce roman, j'ai été servi au point d'avoir parfois la gorge serrée et le ventre noué, parfois j'ai dû interrompre ma lecture tant l'émotion était importante..

L'auteur nous narre avec beaucoup de simplicité et de réalisme le tragique destin de deux femmes afghanes mariées dès leur prime adolescence à un homme brutal et sans respect. La narration est sensible et précise à tel point qu'on a vraiment l'impression de partager le quotidien de ces malheureuses. J'ai vécu avec ces deux femmes, le triste sort des femmes afghanes, l'horreur de la guerre, la brutalité des hommes, les brimades,  la famine, la détresse, la bestialité des Talibans, les us et coutumes du temps passé d'une société inégalitaire, les châtiments incroyables, les cris, les pleurs et malgré tout la tendresse et l'espoir.

L'histoire se déroule principalement à Kaboul durant une période d'une cinquantaine d'années, depuis la guerre entre les soviétiques et les mouhahidjins,  ensuite la prise de pouvoir par les Talibans, l'assassinat de Nadjibullah, l'assassinat de Massoud dit « le Lion du Pandjchir », le pouvoir des seigneurs de guerre, soit l'histoire tragique de l'Afghanistan de 1960 jusqu'à nos jours.

Après cette lecture on n'est pas étonné que des millions d'afghans ont fui leur pays pour se réfugié principalement au Pakistan.

Un roman réellement bouleversant et poignant qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.

Le titre du roman est extrait d'un poème de Saib-e-Tabrizi (XVIIème siècle) qui évoque Kaboul ainsi :

"Nul ne pourrait compter les lunes qui luisent sur ses toits,

Ni les mille soleils splendides qui se cachent derrière ses murs."

 

 

 

En marge du livre :

La destruction des bouddhas de Bamiyan aurait-elle pu être évitée ?

soleil 5.jpgSculptés à même la falaise par les premiers bouddhistes, les deux bouddhas de Bamiyan dominaient, du haut de leurs 55 et 38 mètres, la vallée fertile du même nom depuis le Ve siècle, au centre de l'Afghanistan. Majestueux, ils auront été vénérés, parfois craints, mais toujours respectés par les habitants de la région et les voyageurs en route pour l'Europe ou l'Asie. Leurs visages avaient bien déjà été endommagés, mais les deux bouddhas étaient toujours là, plus de 1 500 ans après leur construction. Peut-être étaient-ils même un peu tombés dans l'oubli durant les années de conflits, avant de devenir un enjeu entre la communauté internationale et le mollah Omar, le chef des talibans, qui ordonna leur destruction au mois de février 2001.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2004/10/05/la-destr...

 

 

 

04/02/2017

UN LONG CHEMIN VERS LA LIBERTE

Mandela 1.jpgQuatrième de couverture : Commencés en 1974 au pénitencier de Robben Island, ces souvenirs furent achevés par Nelson Mandela après sa libération, en 1990, à l'issue de vingt-sept années de détention.

Rarement une destinée individuelle se sera aussi étroitement confondue avec le combat d'un peuple et le devenir d'une nation. Né et élevé à la campagne, dans la famille royale des Thembus, Nelson Mandela gagne Johannesburg où il va ouvrir le premier cabinet d'avocats noirs et devenir un des leaders de l'ANC. Dès lors, à travers la clandestinité, la lutte armée, la prison, sa vie se confond plus que jamais avec son combat pour la liberté, lui conférant peu à peu une dimension mythique, faisant de lui l'homme clef pour sortir son pays, l'Afrique du Sud, de l'impasse où l'ont enfermé quarante ans d'apartheid.

Document majeur sur un des grands bouleversements de la fin du xxe siècle, ce livre est aussi le témoignage d'un combat exemplaire pour la dignité humaine.

 

 

 

 

 

L'auteur : Nelson MANDELA

 

Mandela 3.jpgNationalité : Afrique du Sud

Né(e) à : Mvezo (Afrique du Sud) , le 18/07/1918

Mort(e) à : Johannesburg , le 05/12/2013

 

Nelson Rolihlahla Mandela, né le 18 juillet 1918 à Mvezo dans le bantoustan du Transkei en Afrique du Sud, actuel Cap-Oriental, est l'un des meneurs historique de la lutte contre le système politique d'apartheid en Afrique du Sud, et président de la république sud-africaine de 1994 à 1999, à la suite des premières élections générales non ségrégationnistes de l'histoire du pays.

Nelson Mandela intègre l'African National Congress (ANC) en 1944 afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci. A partir de 1948, il participe à la lutte non-violente contre les lois de l'apartheid qui commencent à être mises en place par le nouveau gouvernement sud-africain afrikaner. Cette lutte ne donnant pas de résultats tangibles, il fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, le Umkhonto we Sizwe, en 1961 et commence une campagne de sabotage. Arrêté par le gouvernement sud-africain, grâce à l'aide de la CIA, il est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité mais est relâché 27 ans plus tard. Il est devenu entre temps une célébrité bénéficiant d'un soutien international, symbole de la lutte pour l'égalité raciale.

Après sa sortie de prison en 1990, Mandela soutient la réconciliation et la négociation avec le pouvoir afrikaner et en 1993, il reçoit avec le président sud-africain de l'époque, Frederik Willem de Klerk, le Prix Nobel de la paix pour leurs actions en faveur de la fin de l'apartheid et l'établissement d'une démocratie multiraciale dans le pays.

Élu premier président noir d'Afrique du Sud, il continue avec succès la politique de réconciliation nationale mais néglige la lutte contre le SIDA très présent en Afrique du Sud, et après un mandat annonce sa retraite de la vie politique. Nelson Mandela continue depuis le combat contre le SIDA qui lui a fait perdre un fils et est une personnalité mondialement écoutée au niveau des droits de l'homme.

 

Mon avis : Tout récemment, après avoir lu une biographie, un ami écrivait ceci : "Pourquoi aime-t-on les biographies ? Est-ce pour comparer l’insignifiance de nos petites vies face aux destins extraordinaires de personnages illustres ? Ou bien simplement l’envie de mesurer l’importance d’un choix au carrefour d’une existence ?"

 

Des propos qui cadrent particulièrement bien avec la lecture de cette autobiographie de Nelson Mandela. Un grand monsieur qui a sacrifié toute sa vie pour la liberté de son peuple, devant ce destin on ne peut que se sentir tout petit.

mandela 5.pngA la fin de cette narration très détaillée et relatée avec toute sa modestie, il dit ceci :

"... C'est alors que j'ai rejoint le Congrès National Africain, et c'est alors que ma faim de liberté personnelle est devenue faim de liberté pour mon peuple. C'est ce désir de liberté pour que mon peuple vive sa vie dans la dignité et la fierté qui a transformé un jeune homme effrayé en quelqu'un d'audacieux, qui a conduit cet avocat respectueux des lois à devenir un criminel, qui a transformé un mari aimant sa famille en errant, qui a obligé un homme amoureux de la vie à vivre en moine. Je n'ai pas plus de vertu ni d'abnégation qu'un autre, mais j'ai découvert que je pouvais pas profiter des pauvres libertés limitées qu'on m'autorisait, alors que je savais que mon peuple n'est pas libre. La liberté est indivisible; les chaînes que portait un de mes compatriotes, tous les portaient, les chaînes que tous portaient, je les portais.

C'est au cours de ces longues années solitaires que la faim de liberté pour mon peuple est devenue faim de liberté pour tous, Blancs et Noirs. Je savais parfaitement que l'oppresseur doit être libéré tout comme l'oppressé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, il est enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l'étroitesse d'esprit. Je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu'un d'autre de sa liberté, tout comme je ne suis pas libre si l'on me prive de ma liberté. L'opprimé et l'oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité."

Quelle leçon par rapport à tout ce qui se passe actuellement dans le monde !

 

En marge du livre :

Nelson Mandela : quel avenir pour la politique sud-africaine, désormais privée de sa caution morale ?

Nelson Mandela, mort jeudi soir à 95 ans , a été le symbole fort de l'Afrique du Sud. Il a lutté contre l'Apartheid avant de devenir le Président de la République d'Afrique du Sud. Il n'est plus au pouvoir depuis juin 1999, quel a été son impact sur le plan politique ? Qu'en reste-t-il aujourd'hui ?

Paul Coquerel : Nelson Mandela a conduit son pays, à travers un processus de négociation, à instaurer un système démocratique et dans le même temps à mettre définitivement fin à l’Apartheid.

Ce qui l’en reste aujourd’hui, c’est évidemment, une société sud-africaine démocratique. Le pays possède l’une des constitutions les plus complète et libérale au monde. Nelson Mandela a réussi à faire de ce pays, non pas une nation, mais un espace où cohabitent plusieurs nations.

La personnalité de Mandela se confond avec l’histoire du XXe siècle de l’Afrique du Sud. On ne peut comprendre sa personnalité et son action sans une vision globale l’histoire du pays. L’Afrique du Sud a hérité de 350 années de conflits, de racisme, d’injustice.

Il faut laisser le temps au peuple sud-africain, et être optimiste quant à son futur sans être naïf.

http://www.atlantico.fr/decryptage/nelson-mandela-quel-av...