08/04/2017

IL RESTE LA POUSSIERE

Poussière 1.jpgQuatrième de couverture : Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l'a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille?

 

 

 

 

 

 

L'auteur :  Sandrine COLLETTE

 

Poussière 2.jpgNationalité : France, née à : Paris , 1970

Sandrine Collette passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l'Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

"Des nœuds d’acier" (Denoël, 2013), son premier roman, obtient le Grand Prix de littérature policière 2013.

En 2014, elle publie son second roman "Un vent de cendres" (chez Denoël) qui revisite le conte La Belle et la Bête.

Devenue l'un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans "Six fourmis blanches" (2015).

"Il reste la poussière" (2016) obtient le Prix Landerneau du polar.

 

 

 

Mon avis : Un roman noir, très noir, l'histoire d'une famille où les mots amour et tendresse n'existent pas. Une famille haineuse vivant dans une estancia misérable, une mère alcoolique qui n'a aucune fibre maternelle, qui préfère ses troupeaux à ses enfants, les jumeaux brutaux voire sadiques qui n'ont de cesse de rudoyer le petit dernier et le quatrième fils qu'ils surnomment le débile, voilà le cercle familial au complet.

Une vie sans espoir, les petits fermiers n'ont plus aucune chance face aux gros éleveurs, difficile de trouver du positif dans cette histoire dont le final est assez étonnant.

L'auteur a adapté son style au décor, ce sont les grandes plaines de la Patagonie où pratiquement rien ne pousse, c'est aride et sec, pas de fioritures dans les descriptions. Pourtant c'est comme si on y était, on avale la poussière, on chevauche dans les troupeaux, on vit la salle de poker et surtout on est au milieu de cette haine familiale, de ce drame qui se joue peu à peu.

Ce n'est certainement pas un polar comme le prix Landerneau le laisse croire, je dirais plutôt un huis clos familial dans une immense plaine aride.

Un bon roman sortant des sentiers battus mais vraiment très noir.

 

 

En marge du roman : Les estancias de Patagonie

 

Poussière 3.jpgLe long de l’actuelle Route 40, proche des centres touristiques majeurs que sont la Péninsule Valdès ou El Calafate, à l’intérieur des terres ou sur la côte Atlantique, les estancias possèdent chacunes un caractère propre et ne se ressemblent pas.

La Patagonie argentine représente environ la moitié de la surface totale du territoire argentin. Les estancias se sont peu à peu installées dans le Nord après les conquêtes de 1873 et depuis le Sud avec le peuplement progressif par les colons européens dès le début du XXe siècle. Ces vastes étendues ont été propices à l’élevage du mouton dont le prix de la laine connaissait des cours plus que satisfaisants. Aller en Patagonie c’est aussi aller à la rencontre des populations dont les histoires qui se transmettent de génération en génération donnent la mesure des sacrifices, des succès et des revers qu’ont connus ces familles.

https://www.latitud-argentina.com/estancias-patagonie/

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