01/07/2017

L'OISEAU BARIOLÉ

Oiseau 1.jpgQuatrième de couverture : Dans ce paysage désolé de l'Europe de l'Est ravagée par la tourmente de la guerre, un petit garçon de six ans est envoyé à la campagne par ses parents.

Campagne hostile dans laquelle les plus extravagantes superstitions survivent. L'enfant a les cheveux noirs, là où tout le monde est blond. Tel l'oiseau bariolé, il tente en vain de convaincre ceux qui l'entourent qu'il fait partie des leurs. Peine perdue. Il reste l'autre, le " Bohémien ", celui par qui le malheur arrive, condamné à être persécuté...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Oiseau 2.jpegL'auteur : Jerzy KOSINSKI

Nationalité : États-Unis,né à : Lodz , le 18/06/1933

Mort(e) le : 3/05/1991

Jerzy N. Kosinski est né Josek Lewinkopf à Łódź en Pologne. Il a survécu avec sa famille à la Seconde Guerre mondiale sous une fausse identité (Jerzy Kosiński) caché chez des paysans polonais dans l'est du pays. Un prêtre catholique lui a délivré un faux certificat de baptême.

Après la guerre, il revient à Lodz et étudie à l'Université les sciences politiques. Il travaille ensuite à l'Académie des Sciences polonaise. Il émigre aux États-Unis en 1957. Il étudie à l'université Columbia avec l'aide des fondations Guggenheim (1967) et Ford (1968) et de l'American Academy (1970). Puis il est enseignant à Yale, Princeton, Davenport University, et Wesleyan. En 1965, il devient citoyen américain.

Un ouvrage important de Kosinski est L’Oiseau bariolé (1965), un livre très spécial, probablement écrit par plusieurs « rédacteurs » (à cette époque Kosinski ne maîtrisait pas encore suffisamment l’anglais), où se mélangent les impressions de la guerre, la description de l’état totalitaire et les éléments fantastiques. Après sa parution le texte a partagé les critiques entre ceux qui l’interprétaient comme un document autobiographique sur la Shoah et ceux qui le lisaient comme une fiction littéraire.

Un autre chef-d’œuvre de Kosinski, La Présence (Being There) a également fait scandale. Le film tiré de ce texte, Bienvenue Mister Chance, a connu un grand succès mais l’auteur a été accusé de plagiat.En 1989, après le changement de régime en Pologne, il participe à la fondation d’une banque américaine en Pologne pour soutenir le processus de démocratisation.

La nuit de 3 mai 1991, il appelle une amie, la chanteuse de jazz Urszula Dudziak, et lui dit : Je te rappelle quand je me réveillerai. Il prend des barbituriques avec une grande dose d’alcool et s’allonge dans la baignoire avec un sac en plastique sur la tête. Le matin sa femme, Katherina von Fraunhofer le retrouve mort.

 

 

Mon avis : Un livre étonnant, dérangeant, très bien écrit dans un style direct et sans emphase, l'auteur ne se prive pas de métaphores, un livre coup de poing. Au final je me suis demandé la part de vérité, d'autobiographie, la part d'imagination et de surréalisme.

J'ai relu l'avant propos écrit par l'auteur en 1976 soit plus de 10 ans après la parution du livre. L'auteur a eu les pires ennuis à la sortie de ce roman, critiqué, condamné, interdit par les autorités de son pays d'origine jusqu'aux menaces physiques sur sa mère restée en Pologne.

Le livre ne fut jamais édité en Pologne, ni autorisé à passer ses frontières c'est peu dire qu'il était dérangeant.

La brutalité et la cruauté sont omniprésentes dans le récit, je dirais même que ça paraît invraisemblable, pourtant certains anciens amis de classe de l'auteur qui avaient obtenu le livre en contrebande affirmaient que le roman était un conte pastoral en comparaison des expériences que tant d'entre eux et leurs parents avaient subies pendant la guerre. Ils reprochèrent à l'auteur d'avoir édulcoré la vérité historique.

Le récit est écrit à la première personne du singulier, c'est donc à travers les yeux d'un enfant de 6 ans à 11 ans que l'histoire se déroule. Un enfant qui n'a encore reçu aucune éducation qui ne sait ni lire, ni écrire, qui découvre un monde dans lequel la tendresse n'existe pas, un monde cruel et barbare.

Les cheveux et les yeux noirs, il est le bohémien, le juif qui porte malheur, de village en village il subsiste tant bien que mal en faisant des petits travaux de ferme mais au prix de quelles souffrances, les tortures physiques et psychiques sont inimaginables. Ce monde de paysans de petits villages polonais, où la vie semble encore être au moyen âge, où les croyances et superstitions sont nombreuses sera un véritable enfer pour lui. Il assiste à des scènes d'horreurs, de viols, de tortures, de zoophilies,... il subit les pires outrages et sera marqué à tout jamais par ce monde inhumain.

Un livre que je ne suis pas prêt d'oublier tant il m'a interpellé, un livre qui aborde quelques grands thèmes tels que la religion, la guerre, la barbarie, le racisme, la souffrance, la mort et l'espoir d'un monde meilleur.

Un tout grand roman très bien écrit, à classer dans la catégorie chef d'œuvre.

 

 

En marge du livre : Dernières nouvelles de Jerzy Kosinski

 

Un roman de Janusz Glowacki  fait revivre la mémoire de Jerzy Kosinski (1933-1991), l’écrivain le plus romanesque du XXe siècle – ou le plus improbable…

« Souviens-toi que plus on s’éloigne de la vérité, plus on se rapproche de Djerzi ! » dit-on à Janusz, qui écrit, à la demande d’un industriel allemand, le scénario d’un film sur feu le célébrissime auteur de L’oiseau bariolé (1965) – mais il se dit avec de plus en plus d’insistance que le dénommé « Djerzi » Kosinski n’en aurait pas été l’auteur...

Vingt-six ans après son sacre planétaire pour un roman qu’il n’aurait pas écrit, dans la nuit du 3 au 4 mai 1991, à New York, Jerzy Kosinski entre dans sa baignoire pleine d’herbes avec un sac en plastique enroulé autour de sa tête, non sans avoir pris la précaution d’avaler des barbituriques et de l’alcool – il ne laissait jamais rien au hasard...  Juste avant, il avait téléphoné à une amie, la chanteuse de jazzz Urszula Dudziak : « Je te rappelle quand je me réveillerai »…

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