09/07/2017

L'AVEUGLEMENT

aveugles 1.jpgQuatrième de couverture : Un homme devient soudain aveugle. C'est le début d'une épidémie qui se propage à une vitesse fulgurante à travers tout le pays. Mis en quarantaine, privés de tout repère, les hordes d'aveugles tentent de survivre à n'importe quel prix. Seule une femme n'a pas été frappée par la "blancheur lumineuse." Saura-t-elle les guider hors de ces ténèbres désertées par l'humanité ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

aveugle 2.jpgL'auteur : José SARAMAGO

Nationalité : Portugal, né à : Azinhaga (Santarém) , le 16/11/1922

Mort à : Lanzarote (Îles Canaries, Espagne) , le 18/06/2010

José de Sousa Saramago est né dans une famille pauvre du Ribatejo, à Azinhaga. À l’âge de deux ans, il est venu vivre à Lisbonne où son père était policier. L’écrivain évoque souvent ses grands parents ouvriers agricoles et son arrière grand-père d’origine berbère.

Adolescent, il doit abandonner le lycée pour raison financière et suivre une formation de serrurier. Autodidacte, il exerce divers métiers (dessinateur industriel, correcteur, chargé de la fabrication chez un éditeur). Il travaille douze ans dans diverses maisons d'édition, puis dans des journaux.

Il s’essaie à l’écriture et publie son premier roman "Terre du péché", en 1947. Sa publication suivante, un recueil de poèmes "Les Poèmes possibles", ne paraît qu’en 1966 et il attendra encore dix ans avant de pouvoir se consacrer pleinement à l’écriture.

Membre du Parti communiste depuis 1969, José Saramago a été partie prenante de la révolution des œillets, en 1974. Il devient numéro deux du Diaro des Noticias, il est licencié un an après, quand les communistes sont vaincus. De 1975 à 1980, Saramago gagne sa vie comme traducteur.

Ce n'est qu’à 58 ans qu’il entre véritablement en littérature, avec son roman, "Relevé de terre" paru en 1976. Mais, c’est "Le Dieu Manchot" qui lui donnera une véritable notoriété littéraire. Publié en France en 1987, ce roman a rencontré un succès international. Suivront "L'Année de la mort de Ricardo Reis", hommage à Fernando Pessoa publié en 1984, et "Le Radeau de pierre" en 1986. L’écrivain poursuit son travail sur le terrain historique avec "Histoire du siège de Lisbonne" en 1989.

En 1992, le gouvernement portugais l’accuse de "porter atteinte au patrimoine religieux des Portugais" et censure "L’Évangile selon Jésus-Christ" parce qu’il heurtait la sensibilité catholique (Jésus y fait l’amour avec Marie-Madeleine), José Saramago a quitté le Portugal (mais il lui a dédié son Nobel) pour l’île pelée de Lanzarote (Canaries).

Très engagé à gauche, José Saramago est très critique à l’égard de l’Union européenne telle qu’elle se construit. En juin 2004, il figurait sur la liste du Parti communiste portugais pour les élections européennes.

La production littéraire de José Saramago, qui s'élève à une trentaine d'œuvres, comprend, non seulement de la prose, mais aussi de la poésie, des essais et des pièces de théâtre. Saramago a reçu en 1995 le prix Camõens et le Prix Nobel de littérature en 1998.

 

 

Mon avis : un roman étonnant, une idée originale, un style particulier, José Saramago nous livre une histoire forte et dérangeante.

Au niveau du style, il faut un peu de temps pour s'y habituer, les dialogues des personnages sont simplement séparés par des virgules seule une majuscule permet de savoir que la conversation passe d'un personnage à l'autre. Si le roman est divisé en chapitres, il n'y a pratiquement pas de paragraphes ce qui donne un texte dense parfois ardu, un espèce de brouillard comme si l'auteur voulait nous plonger dans un monde "aveugle".

Le pays, la ville, les personnages n'ont pas de nom, c'est "le médecin", la "femme du médecin", la "jeune fille aux lunettes teintées", le "vieillard borgne", etc....

 

Un homme devient subitement aveugle au volant de sa voiture  à un feu rouge, secouru par un "bon samaritain" qui le ramène chez lui, il consulte un ophtalmologue qui ne comprend rien, tous les examens ne décèlent aucune anomalie. Toutes les personnes ayant été en contact avec ce premier aveugle se trouve subitement dans la même situation, l'épidémie commence.

Le gouvernement décide de placer cette dizaine de personnes en quarantaine dans un ancien asile d'aliénés. La femme du médecin est la seule a ne pas être atteinte du mal, elle accompagne son mari en cachant le fait qu'elle voit.

Au début tout se passe assez bien jusqu'à ce que l'asile se remplisse de 240 aveugles, il faut gérer le partage de la nourriture, l'hygiène, etc... Rapidement c'est un véritable chaos, un abominable enfer se crée, une atmosphère oppressante et inhumaine voit le jour. L'auteur qui adopte un peu un ton ironique, une forme de dérision nous donne une image très noire de la nature humaine. L'humanité fait place à la bestialité, c'est décrit et imaginé de façon très réaliste. Une histoire qui pose de multiples questions, que ferions-nous dans pareille situation ? Une réflexion profonde sur la solidarité, l'honnêteté, la franchise, sur l'humanité en général.

Un roman dur qui ne laisse rien au hasard et que je ne suis pas prêt d'oublier.

« Il y a en chacun de nous une chose qui n'a pas de nom, et cette chose est ce que nous sommes ».

 

En marge du livre : le film tiré du roman de José Saramago.

 

aveugle 4.jpg"Blindness" : effets superflus autour d'une épidémie de cécité

 

Le film du Brésilien Fernando Meirelles, avec Julianne Moore, Mark Ruffalo et Danny Glover, a ouvert la compétition du 61e Festival de Cannes.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/culture/article/2008/05/15/blindnes...

 

 

 

 

 

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