12/07/2017

ANA NON

Lu et commenté par Maryline

Ana non 1.jpgQuatrième de couverture: A soixante quinze ans Ana Non ferme la porte derrière elle pour entreprendre un fabuleux voyage : elle va ,en marchant, aller embrasser son fils en prison ; voyage vers le nord de l'Espagne, voyage d'amour et de mort, d'initiation et de connaissance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ana non 2.jpgL'auteur: Agustin GOMEZ-ARCOS

 né le 15 janvier 1939 à Alméria en Andalousie, neuvième enfant d'une famille républicaine.

Après des études de droit, il quitte l'université pour sa passion, le théâtre. Il est d’abord comédien, metteur en scène, traduit des pièces, puis en écrit lui-même. Primé en 1960, ses pièces sont pourtant plusieurs fois interdites et censurées.

En 1966, face à cette censure, Agustin Gomez-Arcos émigre, d'abord en Angleterre, puis en France. Il fait mille petits métiers et apprend le français, langue dans laquelle il écrira désormais.

Il est l'auteur de huit romans écrits en Français, parmi lesquels "L'Agneau carnivore", son premier roman, couronné en 1975 par le prix Hermès, et "Ana non" qui obtint le prix du livre Inter (1977) le prix Thyde-Monnier " Société des gens de lettres ".

Gomez-Arcos nous a quitté le 20 mars 1998 à Paris des suites d'un cancer.

 

Mon avis:

"La main qu'elle tend vers la charité n'est pas sa main. Caressée par les mains fortes de son mari, elle avait mis au monde trois autres paires de mains, fortes elles aussi, qui auraient su toujours porter à sa bouche le pain du travail, garnir ses poches de l'argent nécessaire pour se procurer le feu et les chaussures, le lit de la nuit et la lumière du jour. Mais la guerre a amputé ces prodigues mains d'hommes. La main qu'elle tend maintenant lui a été greffée par la guerre. La fière Ana non n'a pas une âme de mendiante. Sans cette amputation sa main aurait continué de confectionner les filets pour ses hommes de mer."

Ce roman pose un regard tendrement triste sur une femme, Ana Paücha, à qui la guerre civile espagnole a voler ses quatre hommes. Son mari et deux de ses fils sont morts à la guerre; le dernier, le petit, est en prison à perpétuité. Ana non, c'est cette négation de femme que la mort a créé. Cette femme maintenant âgée, agrippée à une maison vide et à une barque trouée, à un lit vide, des bras vides et une attente éternelle... Ana veut embrasser le petit une dernière fois avant de mourir. Alors, elle ferme la porte de sa maison comme on ferme un livre et elle entreprend un long voyage vers le nord, à pied, avec pour seul bagage " un pain aux amandes, huilé, anisé, et fortement sucré. Un gâteau, dirait-elle", le pain qu'elle offrira à son enfant.

Au fil du voyage, Ana se remémore sa vie, ses rêves puis l'anéantissement de tout ce qui faisait d'elle une femme, une mère, une personne... Au fil des rencontres, elle découvre un pays, son pays, marqué par la guerre... Et puis, elle s'appauvrit, elle se fatigue, elle se blesse, elle a faim et "le pain aux amandes, huilé, anisé, et fortement sucré" sèche, se vide, se durcit, comme le cœur d'Ana.

Et le lecteur, voyage à ses côtés, l'encourage, la soutient, pleure, souffre pour elle et espère jusqu'au bout ce baiser sur le front du petit ...

On ne peut s'empêcher de suivre les pas d'Ana jusqu'au bout, un bon moment de lecture. Quand un livre ne me plait pas je vais rarement jusqu'au bout... et puis surtout je n'ai pas envie d'écrire dessus!

 

 

En marge du livre: La Guerre d'Espagne.

Ana non 3.jpgLa guerre d’Espagne, est un conflit qui opposa le camp des « nationalistes » à celui des « républicains ». Elle se déroula de juillet 1936 à avril 1939 et s’acheva par la défaite des républicains et l’établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu’à sa mort en 1975.

Le camp « nationaliste » se fédéra par l’union des républicains conservateurs, des monarchistes –carlistes et alphonsines– et des phalangistes de José Antonio Primo de Rivera, plus proche du fascisme. Ils se dénommaient eux-mêmes nacionales (« nationaux »), tandis que leurs opposants les appelaient fascistas (fascistes) ou facciosos (« factieux ») ; quand le général Franco prit leur tête, on se mit à les désigner également sous le nom de « franquistes ».

Le camp républicain se composait quant à lui de différentes forces unies contre le front nationaliste. De nombreux militants, issus de tendances diverses (républicains laïcs et plutôt socialement conservateurs, anarchistes, communistes, socialistes, etc.), surnommés rojos (les « rouges ») par leurs ennemis, s’engagèrent aux côtés des forces armées loyales envers la République espagnole, certains pour défendre la démocratie parlementaire et d’autres pour tenter de constituer des formes alternatives de gouvernement.

Particulièrement violente, et durablement traumatisante, la guerre d’Espagne est tristement célèbre comme théâtre de multiples exactions. Elle vit en particulier les premiers bombardements militaires sur les civils, perpétrés par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, alliés de Franco, l’élimination du POUM antistalinien par le NKVD et l’assassinat de plusieurs responsables POUMistes et anarchistes par le Parti communiste espagnol, des massacres spontanés de suspects, d’hommes d’Église ou de membres des classes moyennes et dirigeantes par des anarchistes et des communistes dans les mois qui suivirent la sédition militaire, tandis que le nouvel État nationaliste se construisait à travers la terreur et l’épuration systématiques. En particulier, les franquistes refusèrent toutes les propositions adverses de compromis et poursuivirent, après leur victoire, une répression incessante et de très grande ampleur.

Pour en savoir plus: (https://histoiredespagne.wordpress.com/2011/07/28/la-guer...)

Écrire un commentaire