21/07/2017

L'ALCOOL ET LA NOSTALGIE

Lu et commenté par Maryline

alcool 1.gifQuatrième de couverture : Réveillé en pleine nuit par un coup de téléphone de Jeanne, qui lui apprend le décès de Vladimir, Mathias part à Moscou pour escorter le corps de son ami jusqu'à son village natal, au- delà de Novossibirsk.

Dans le Transsibérien, il s'adresse au faux frère couché dans sa boîte, évoque le trio fiévreux que tous deux ont formé avec Jeanne, et l'emprise des stupéfiants autant que le dépit amoureux qu'il a cru fuir en retournant seul à Paris.

Au fil de quatre mille kilomètres de paysages ouatés, pâles bouleaux et neige immaculée, les souvenirs se pressent, bientôt relayés par les plus belles pages de Gogol, Tchekhov, Dostoïevski ou Axionov qui lui avaient fait rêver la Russie.

Si l'amour ne peut plus rien quand l'alcool et la nostalgie se sont emparés d'un homme, restent la révolution, la mort, ou la littérature.

 

 

 

 

 

L'auteur : Mathias ENARD

alcool 2.jpegMathias Enard est né à Niort le 11 janvier 1972, après une formation à l'école du Louvres, il suit des études d’arabe et de persan et passe de longs séjours au Moyen-Orient. Il s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles.

Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris.

Il a publié "La Perfection du tir" (2003 – Prix des cinq continents de la francophonie 2004), "Remonter l’Orénoque" (2005) et "Bréviaire des artificiers" (2007).

En 2008, Acte Sud publie son roman "Zone" caractérisé par une seule phrase de 500 pages. "Le roman" reçoit la même année, le Prix Décembre et le Prix du livre Inter.

Mathias Enard a obtenu le 25e Prix du livre en Poitou-Charentes pour "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants". Il reçoit le Goncourt des lycéens en 2010. En 2012, il publie "Rue des voleurs" puis en 2015, "Boussole" qui obtient le Prix Goncourt 2015.

 

Mon avis:

Si ce voyage de 88 pages en Transsibérien à travers la Russie enneigée et à travers les souvenirs alcoolisés de Mathias est d'une grande force émotionnelle, il est aussi parfois lourd de tristesse et lourd d'érudition.

J'aime beaucoup l'écriture de Mathias Enard (je vous recommande chaudement le magnifique "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants"), une écriture ciselée, scandée, des mots choisis et un grand pouvoir d'évocation. Je retrouve cette beauté dans "L'alcool et la nostalgie" comme autant de photos artistiquement floues des paysages de Sibérie, mais aussi des paysages intérieurs du personnage où se mêlent l'alcool et la nostalgie, ces deux mots, qui selon Tchekhov, définissent l'âme russe.

Pourtant, ces pages m'ont semblé pesantes par moment, tout simplement parce que je manque de culture. Je connais mal l'histoire russe et encore plus mal sa littérature. Handicap évident pour lire du Mathias Enard, qui lui est incroyablement cultivé et qui ne manque pas de se servir de cette culture! Ainsi, les allusions littéraires m'ont souvent échappé et je me suis sentie un peu frustrée... Par contre, quand l'allusion vous parle, parce que vous avez lu le livre auquel Enard fait référence, alors ce roman prend une dimension magnifique!

 

En marge du livre: le Transsibérien

alcool 3.jpgLe chemin de fer transsibérien ou le Transsibérien (en russe : Транссибирская магистраль), est une voie ferrée de Russie qui relie Moscou à Vladivostok sur 9 288 kilomètres. La ligne du Transsibérien traverse plus de 990 gares. De Moscou à Vladivostok, la durée du voyage est d’une semaine. La majorité de la population de la Sibérie se concentre le long du Transsibérien où se trouvent quelques bassins industriels importants, dont le Kouzbass. Le train est parfois le seul moyen pour rallier les villages isolés de Sibérie. Il est surtout le plus économique et le plus fiable.

Le Transsibérien a été voulu dès 1891 par les tsars pour relier les confins de leur empire, l'ouest à l'est. Sa construction s'achève le 5 octobre 1916, avec l'ouverture du pont sur l'Amour à Khabarovsk.

Chantée par les aventuriers et les poètes, cette voie mythique de chemin de fer fait dorénavant partie de la vie quotidienne des Russes.

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