26/10/2017

RUE DES VOLEURS

voleurs 1.jpgQuatrième de couverture : C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.

Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées.

Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille.

Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.

 

 

 

Voleurs 2.jpgL'auteur : Mathias ENARD

Nationalité : France , né à : Niort , le 11/01/1972

Mathias Enard après des études d’arabe et de persan et de longs séjours au Moyen-Orient s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles.

Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris.

Il a publié "La Perfection du tir" (2003 – Prix des cinq continents de la francophonie 2004), "Remonter l’Orénoque" (2005) et "Bréviaire des artificiers" (2007).

En 2008, Acte Sud publie son roman "Zone" caractérisé par une seule phrase de 500 pages. "Leroman" reçoit la même année, le Prix Décembre et le Prix du livre Inter.

Mathias Enard a obtenu le 25e Prix du livre en Poitou-Charentes pour "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants". Il reçoit le Goncourt des lycéens en 2010.

Marion Laine adapte au cinéma "Remonter l'Orénoque" en 2012 sous le titre "A cœur ouvert" avec J.Binoche et E. Ramirez.

En 2015, il publie "Boussole" qui obtient le Prix Goncourt 2015.

Le premier prix Liste Goncourt/Le Choix de l'Orient 2012 a été attribué à Mathias Enard pour son roman "Rue des voleurs" (Actes Sud).

 

 

Mon avis : Lakhdar a fauté avec sa jeune cousine Meryem, renié et exclu par sa famille, commence alors pour lui une vie d'errance et de questionnement. Un personnage attachant pour un roman qui l'est tout autant.

Mathias Enard situe son récit, écrit à la première personne du singulier, c'est le jeune marocain qui raconte, dans une période difficile, c'est le printemps arabe en Tunisie, en Egypte, la crise financière et économique, le djihad, les attentats, le mouvement des indignés et notre jeune héros de 17 ans qui se retrouve seul dans ce monde en plein chaos a les pires difficultés à trouver sa voie, à comprendre le sens de la vie.

Sa foi en Dieu et en l'Islam est ébranlée, son espoir en l'amour est mis à mal, seule sa passion pour les livres et les polars en particulier lui permet de s'évader d'un monde incompréhensible.

Une épopée qui conduit le jeune marocain de Tanger à Barcelone en passant par Algésiras et Tunis, et partout il découvre des combats pour la liberté, un monde de révoltes et de violence.

Ce n'est nullement un roman politique, l'auteur ne prend pas position, il ne critique pas, il invite à la réflexion sur la religion, sur la vie actuelle, sur la société en général.

Un très bon roman, écrit dans un style direct, bien rythmé, qui dénonce ce monde chaotique dans lequel nous vivons.

 

Voleurs 5.jpgEn marge du livre : 17 Décembre 2010

"LE 17 DÉCEMBRE 2010, Muhammed Bouazizi, marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi Bouzid et déclenche la Révolution tunisienne. La révolte naît du désespoir ; elle commence par porter la main sur soi, par un sacrifice. La perte de patience. Le suicide ou l’action. Le Printemps arabe, longtemps attendu, commence dans la mort.

“L’arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l’élan d’une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre” : ainsi Camus terminait-il son Homme révolté.

Les mois qui ont suivi ont vu la défaite de dictateurs sous les coups de la révolte, la difficulté de l’établissement de la justice et de la démocratie, les victoires des partis islamistes au Maroc, en Tunisie, en Égypte. Aujourd’hui, une guerre terrifiante se poursuit en Syrie ; la campagne présidentielle française a atteint des sommets de xénophobie et de bêtise, la crise économique jette l’Europe du Sud dans la violence et la tentation du fascisme.

Tout cela m’est apparu comme différents visages d’un même combat en cours, le combat pour la liberté, pour le droit à une existence digne, qu’il se livre en Tunisie, en Égypte, en Espagne ou en France.

J’ai entrepris de raconter ces luttes, à travers un voyage dans ce champ de bataille qu’est notre univers – Tanger, Tunis, Algésiras et Barcelone en sont les principales étapes. Un roman d’aventures, de l’aventure tragique du monde d’aujourd’hui. On y croisera des jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur, d’autres qui n’en rêvent plus, des islamistes, des musulmans, des mendiants, des putains, des voleurs – et des livres, beaucoup de livres, qui restent, en définitive, avec le feu, la seule façon de combattre les ténèbres. »

Mathias Énard

 

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