30/10/2017

LA FEMME QUI FUIT

Fuit 1.jpegQuatrième de couverture : Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

 

 

 

 

 

 

 

 

Fuit 2.jpgL'auteur : Anaïs BARBEAU-LAVALETTE

Nationalité : Canada, née en 1979

Biographie :

Anaïs Barbeau-Lavalette est une comédienne et réalisatrice québécoise. Elle est la fille de la cinéaste Manon Barbeau et du directeur photo Philippe Lavalette.

Elle est détentrice d'un baccalauréat de l'Université de Montréal en Études Internationales et diplômé de l'Institut national de l'image et du son (INIS) en 2002.

Elle s'est fait connaître principalement par son film "Le Ring" sorti en salle en 2007, et par son rôle d'Isabelle dans l'émission jeunesse "Le club des cents watts" diffusée à Télé-Québec à la fin des années 1980. Elle publie son premier roman, "Je voudrais qu'on m'efface", aux Éditions HMH Hurtubise à l'automne 2010. Le livre raconte l'histoire d'enfants d'Hochelaga-Maisonneuve vivant dans le même immeuble à loyer modique. Son livre se retrouve parmi les finalistes au Prix des libraires du Québec 2011, catégorie Roman québécois.

En 2015, elle publie un roman inspiré de la vie de sa grand-mère, "La femme qui fuit". Ce livre remporte le Grand prix du livre de Montréal 2015.

 

Mon avis : voilà un livre encensé par la critique, qui a remporté le grand prix du livre de Montréal 2015 et qui a été sélectionné pour le prix des lecteurs du "Livre de poche" 2017.

Critiques :

"Impossible de lâcher ce texte magnifique" : Estelle Lenartowicz , Lire

"Un joyau au style éblouissant-lapidaire, chatoyant, poétique" : Delphine Peras, L'Express

"Ca ferait un film de Xavier Dolan absolument extraordinaire" : Olivia de Lamberterie, Télématin

"Une perle rare" : Sandrine Bajos, Le Parisien

"C'est l'histoire d'une mère enragée de l'être, une histoire qui gifle et étreint" : Marie de Tilly, Le Point

Après 74 pages, ce qui m'arrive rarement, j'ai abandonné ce roman, je n'ai rien aimé dans ce récit. Tout d'abord ce texte à la deuxième personne du singulier m'a vraiment dérangé, l'auteur s'adresse à sa grand mère qu'elle n'a pratiquement pas connue, avec des "tu ceci, tu cela" et ensuite le style est très loin de ce que j'aime, de très courts chapitres et de toutes petites phrases, parfois sans verbe (voir extrait pris au hasard ci-dessous). Je n'ai ressenti l'expression d'aucun sentiment, d'aucune situation, un récit qui ne m'a procuré aucune émotion.

Toutes les critiques littéraires ci-dessus sont féminines, ce roman de vie plairait-il plus à la gent féminine ? Je suppose que c'est le cas.

 

Extrait : "Un champ de pissenlits. Une vingtaine  d'hommes s'y affairent déjà. Tu remontes ta jupe et sors de la voiture. Tu suis ton père, qui salue en anglais ses quelques compagnons d'infortune.

Et tu te mets à l'ouvrage. Il faut déraciner la fleur, donc l'attaquer par la racine. Tu veux être bonne, tu travailles de tes deux mains.

Autour, on converse vide, l'anglais se mêle au français, le terrain vague se défait rapidement de ses pissenlits.

Un homme te regarde travailler. Ses yeux sur ta peau. Une planque à sa virilité. Un espace où être mâle.

Tu cherches ton père du regard, concentré, plus silencieux que les autres.

Il empile les mauvaises herbes pour en faire du feu où un peu de lui brûlera aussi. Il se consume déjà, délié de toi.

Tes doigts deviennent jaunes.

Tu ne peux compter sur personne. Tu devras apprendre à courir.

Tu aimais les pissenlits avant. Tu en faisais même des bouquets au printemps. Tu trouvais que c'était une fleur vaillante, la première à pousser, à braver les restes d'hiver....."

26/10/2017

RUE DES VOLEURS

voleurs 1.jpgQuatrième de couverture : C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.

Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées.

Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille.

Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.

 

 

 

Voleurs 2.jpgL'auteur : Mathias ENARD

Nationalité : France , né à : Niort , le 11/01/1972

Mathias Enard après des études d’arabe et de persan et de longs séjours au Moyen-Orient s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles.

Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris.

Il a publié "La Perfection du tir" (2003 – Prix des cinq continents de la francophonie 2004), "Remonter l’Orénoque" (2005) et "Bréviaire des artificiers" (2007).

En 2008, Acte Sud publie son roman "Zone" caractérisé par une seule phrase de 500 pages. "Leroman" reçoit la même année, le Prix Décembre et le Prix du livre Inter.

Mathias Enard a obtenu le 25e Prix du livre en Poitou-Charentes pour "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants". Il reçoit le Goncourt des lycéens en 2010.

Marion Laine adapte au cinéma "Remonter l'Orénoque" en 2012 sous le titre "A cœur ouvert" avec J.Binoche et E. Ramirez.

En 2015, il publie "Boussole" qui obtient le Prix Goncourt 2015.

Le premier prix Liste Goncourt/Le Choix de l'Orient 2012 a été attribué à Mathias Enard pour son roman "Rue des voleurs" (Actes Sud).

 

 

Mon avis : Lakhdar a fauté avec sa jeune cousine Meryem, renié et exclu par sa famille, commence alors pour lui une vie d'errance et de questionnement. Un personnage attachant pour un roman qui l'est tout autant.

Mathias Enard situe son récit, écrit à la première personne du singulier, c'est le jeune marocain qui raconte, dans une période difficile, c'est le printemps arabe en Tunisie, en Egypte, la crise financière et économique, le djihad, les attentats, le mouvement des indignés et notre jeune héros de 17 ans qui se retrouve seul dans ce monde en plein chaos a les pires difficultés à trouver sa voie, à comprendre le sens de la vie.

Sa foi en Dieu et en l'Islam est ébranlée, son espoir en l'amour est mis à mal, seule sa passion pour les livres et les polars en particulier lui permet de s'évader d'un monde incompréhensible.

Une épopée qui conduit le jeune marocain de Tanger à Barcelone en passant par Algésiras et Tunis, et partout il découvre des combats pour la liberté, un monde de révoltes et de violence.

Ce n'est nullement un roman politique, l'auteur ne prend pas position, il ne critique pas, il invite à la réflexion sur la religion, sur la vie actuelle, sur la société en général.

Un très bon roman, écrit dans un style direct, bien rythmé, qui dénonce ce monde chaotique dans lequel nous vivons.

 

Voleurs 5.jpgEn marge du livre : 17 Décembre 2010

"LE 17 DÉCEMBRE 2010, Muhammed Bouazizi, marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi Bouzid et déclenche la Révolution tunisienne. La révolte naît du désespoir ; elle commence par porter la main sur soi, par un sacrifice. La perte de patience. Le suicide ou l’action. Le Printemps arabe, longtemps attendu, commence dans la mort.

“L’arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l’élan d’une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre” : ainsi Camus terminait-il son Homme révolté.

Les mois qui ont suivi ont vu la défaite de dictateurs sous les coups de la révolte, la difficulté de l’établissement de la justice et de la démocratie, les victoires des partis islamistes au Maroc, en Tunisie, en Égypte. Aujourd’hui, une guerre terrifiante se poursuit en Syrie ; la campagne présidentielle française a atteint des sommets de xénophobie et de bêtise, la crise économique jette l’Europe du Sud dans la violence et la tentation du fascisme.

Tout cela m’est apparu comme différents visages d’un même combat en cours, le combat pour la liberté, pour le droit à une existence digne, qu’il se livre en Tunisie, en Égypte, en Espagne ou en France.

J’ai entrepris de raconter ces luttes, à travers un voyage dans ce champ de bataille qu’est notre univers – Tanger, Tunis, Algésiras et Barcelone en sont les principales étapes. Un roman d’aventures, de l’aventure tragique du monde d’aujourd’hui. On y croisera des jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur, d’autres qui n’en rêvent plus, des islamistes, des musulmans, des mendiants, des putains, des voleurs – et des livres, beaucoup de livres, qui restent, en définitive, avec le feu, la seule façon de combattre les ténèbres. »

Mathias Énard

 

19/10/2017

LE RESTE DE LEUR VIE

Vie 1.jpgQuatrième de couverture : Comment, au fil de hasards qui n'en sont pas, Ambroise, le thanatopracteur amoureux des vivants et sa grand-mère Beth vont rencontrer la jolie Manelle et le vieux Samuel, et s'embarquer pour un joyeux road trip en corbillard, à la recherche d'un improbable dénouement?

Un conte moderne régénérant, ode à la vie et à l'amour des autres. Tout lecteur fermera heureux, ému et réparé, ce deuxième roman qui confirme le talent de Jean-PaulDidierlaurent."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vie 2.jpgL'auteur : Jean-Paul DIDIERLAURENT

Nationalité : France, né à : La Bresse (Vosges) , le 02/03/1962

Jean-Paul Didierlaurent est un romancier et nouvelliste.

Après des études à Nancy (D.U.T de publicité), il est monté travailler quelques temps à Paris avant de retourner dans les Vosges.

Il a découvert le monde de la nouvelle en 1997 avec un premier concours, avant de remporter de nombreux prix: prix de la ville de Nanterre en 2004 et 2005, prix de la communauté Française de Belgique en 2005 et de la Libre Belgique en 2006, prix de la nouvelle gourmande de Périgueux en 2008.

Il a vu ses nouvelles publiées dans les recueils "Corrida de muerte", "Arequipa" et "Le Frère de Péret" avant de remporter le prix Hemingway 2010 avec "Brume" et le Prix Hemingway 2012 avec sa nouvelle "Mosquito".

Son premier roman, "Le liseur du 6h27" (2014), édité au Diable Vauvert, connait un succès aussi fulgurant. Il reçoit le Prix du Roman d’Entreprise et du Travail, le prix Michel Tournier, le prix du Festival du Premier Roman de Chambéry, du CEZAM Inter CE, du Livre Pourpre et de nombreux prix de lecteurs.

En 2015 sort le recueil de nouvelles "Macadam", qui rassemble des nouvelles de Jean-Paul Didierlaurent, pour la plupart primées.

En 2016 paraît son deuxième roman "Le Reste de leur vie".

 

 

Mon avis : j'ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire, la première partie de ce livre m'est apparue inintéressante , ces histoires de thanatopracteur et d'aide à domicile me semblaient sans intérêts. Les anecdotes vécues par le jeune Ambroise qui s'occupe des morts et par la jeune Manelle qui s'occupe des vieux vivants m'ont semblées un peu banales et sans réelles surprises.

Après la mise en place du contexte, le charme a opéré, l'auteur est arrivé à faire passer l'émotion, la tendresse et toute la sensibilité de l'histoire. Cela devient touchant, amusant, léger voire naïf.

Pari réussi, parler de la vieillesse, de la mort, de la maladie, du suicide médicalement assisté sans tomber dans le mélo et le pathétique, l'auteur y est arrivé avec brio et beaucoup d'humour..

Une belle histoire d'amitié et d'amour, de respect et de tendresse, sans doute un peu cousue de fil blanc mais qu'importe cela fait du bien où ça passe.

Un final digne d'un roman à l'eau de rose mais un bon moment de tendre lecture.

 

 

vie 4.jpgEn marge du livre : la thanatopraxie

Thanatopracteur, un métier de service à la personne qui consiste à prodiguer des soins de conservation au défunt, des soins dits d’hygiènes et de présentation. Ces gestes sont nécessaires si l’on veut pouvoir présenter le corps à la famille avant la mise en bière.

Les interventions de thanatopraxie retardent la dégradation des corps (la décomposition naturelle ou thanatomorphose) et gomme les stigmates de la mort. En préservant la dignité du défunt et en lui donnant un air apaisé, le travail du thanatopracteur peut atténuer la souffrance de l’entourage et faciliter ainsi le travail de deuil.

Le soin de conservation assure donc une bonne hygiène et présentation du défunt, permettant la visite du corps par les familles dans des conditions plus favorables à la sérénité.

https://www.lassurance-obseques.fr/guide-obseques/thanato...