28/11/2017

MILLE FEMMES BLANCHES

cheyennes 01.jpgQuatrième de couverture : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles... L'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur : Jim FERGUS

Cheyennes 02.jpgNationalité : États-Unis, né à : Chicago, Illinois , le 23/03/1950

Né d'une mère française et d'un père américain, Jim Fergus, chasseur, pêcheur, et cuisinier hors pair, est chroniqueur dans de nombreux journaux américains.

Ses parents décèdent alors qu'il a 16 ans et il part vivre dans le Colorado ou il poursuit ses études. Il vivra ensuite en Floride où il est professeur de tennis avant de revenir dans le Colorado en 1980.

Il s'installe dans la petite ville de Rand, qui compte treize habitants, pour se consacrer exclusivement à l'écriture.

Il publie en tant que journaliste de nombreux articles, essais ou interviews dans la presse magazine et collabore à des journaux. Son premier livre, A Hunter's Road (Espaces sauvages), mémoire de voyage et de sport, paraît en 1992.

Son premier roman, One Thousand White Women (Mille femmes blanches), l'histoire de femmes blanches livrées aux indiens par le gouvernement américain pour partager leur vie, est publié aux États-Unis en 1998 et rencontre le succès.

Il a sillonné seul avec ses chiens le Middle West, pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes, afin d'écrire ce livre.

Son second roman The Wild Girl (La Fille sauvage), paraît en 2005, celui-ci raconte cette fois l'histoire d'une Apache enlevée à sa tribu en 1932.

Il a ensuite publié Marie Blanche en 2011, l'histoire de sa propre famille à travers celles de sa mère et de sa grand-mère et en 2013 "Chrysis", l'histoire (authentique) d'une jeune peintre Gabrielle Jungbluth dans le Montparnasse des années vingt.

En 2016, il publie "La vengeance des mères".

site officiel: http://www.jimfergus.com/

 

 

Mon avis : A partir d'un fait réel, et c'est le seul fait historique de ce roman, la rencontre entre le chef cheyenne Little Wolf et le président Grant, Jim Fergus imagine une histoire assez rocambolesque et originale, le troc de mille femmes blanches contre mille chevaux.

Un roman de fiction tout à fait savoureux, à la fois drôle, émouvant et dramatique. A travers ce récit, l'auteur nous fait découvrir, les us et coutumes des indiens cheyennes, leurs croyances, l'organisation de leur société, la place des femmes dans celle-ci, leur culture, leur vie en symbiose avec une nature généreuse, leur cruauté ou leur extrême respect du prochain. Toute une galerie de portraits de femmes, plus attachantes les unes que les autres, qui ont quitté de leur plein gré la civilisation et qui découvrent la vie des "sauvages".

Jim fergus se place du côté des indiens, défend leur cause, ce peuple épris de liberté qui vit dans une nature d'une grande beauté, ce peuple de chasseurs qui vit dans des terres qui regorgent de gibier, pourquoi accepterait-il d'aller vivre dans une réserve et devenir des agriculteurs ?

Un très bon moment de lecture, présenté sous la forme d'un journal écrit par une de ces femmes, tellement réaliste qu'on doute si c'est la réalité ou la fiction.

 

 

En marge du livre : Les Cheyennes

cheyennes 06.jpgLe nom "Cheyenne" vient du sioux "Sha-iye-na" qui veut dire "parle rouge", un nom par lequel les Sioux désignaient un peuple de langue étrangère. Les Cheyennes s'appelaient eux-mêmes "Tsistsistas" qui signifie "Notre Peuple". Le dialecte cheyenne, dont ils sont très protecteur, appartient à la famille des Algonquins. Leur alphabet contient 14 lettres.

Les Cheyennes ont souvent été considérés comme les plus fiers et les plus braves parmi les Indiens des Plaines, peut-être seulement égalé au Crows. Les Cheyennes étaient connu pour la vertu et la beauté de leurs femmes.

La nation cheyenne a été l'une des tribus indiennes qui s'est battue avec le plus de courage et d'opiniâtreté pour protéger ses terres contre l'invasion blanche et sauvegarder son mode de vie.

Les Cheyennes sont des Algonquins originaires du sud des Grands Lacs. A la fin du XVIIè siècle, ils se déplacèrent vers l'Ouest, atteignant le Missouri. Les Arapahos, leurs alliés, suivirent la même route. Installés le long du Haut Missouri et de ses affluents, ils pratiquèrent l'agriculture autour de leurs villages.

http://www.les-cheyennes.ch/F_tribu.html

19/11/2017

LA LETTRE QUI ALLAIT CHANGER LE DESTIN D'HAROLD FRY

roman, Rachel Joyce, angleterre, coupleQuatrième de couverture : Il aura suffit d'une lettre - la lettre d'adieu d'une amie qui se meurt-pour jeter Harold Fry sur les routes d'Angleterre. Quelques sous en poche, une paire de chaussures bateau et l'espoir de la revoir une fois encore...

Cottage après cottage, bocage après bocage, Harold marche, persuadé que tant qu'il avance, son amie vivra. Il marche et repense à sa vie, Mille kilomètres parcourus pour que le destin d'Harold Fry rejoigne celui de sa femme, son fils, son amie, et tous ceux qu'il croise sur sa route.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

roman, Rachel Joyce, angleterre, coupleL'auteur : Rachel JOYCE

Nationalité : Royaume-Uni, née à : Londres , 1962

Rachel Joyce a été pendant plus de vingt ans scénariste pour la radio (BBC Radio 4), et la télévision (BBC2), et comédienne de théâtre, récompensée par de nombreux prix.

Elle écrit "La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…" (The Unlikely Pilgrimage of Harold Fry, 2012) dans la douleur et la rage alors que son père était en phase terminale.

Dès sa parution, il est en tête des ventes en Angleterre et connait un gros succès international (traduit en 29 langues, il s'est vendu à 120 000 exemplaires en France). Elle reçoit en 2012 le prestigieux National Book Award.

"Deux secondes de trop" (Perfect, 2013) est son second roman.

Rachel Joyce vit en Angleterre, dans une ferme du Gloucestershire, avec sa famille.

site officiel : http://www.rachel-joyce.co.uk/

 

 

Mon avis : un roman assez savoureux qui alterne l'humour et le tragique.

Harold Fry est un homme insipide, incolore et inodore, toute sa vie s'est déroulée ainsi dans une espèce d'indifférence générale. Sa vie de couple depuis 20 ans est une sorte de traversée du désert, sa femme Maureen s'est enfermée dans une véritable carapace depuis la disparition de leur fils.

A la pension depuis 6 mois, il reçoit cette fameuse lettre à laquelle il décide de répondre et en allant la poster il prend une décision instantanée et irréfléchie, il ira la porter à sa destinataire à l'autre bout de l'Angleterre. Il n'est ni préparé physiquement, ni équipé, il n'a ni gsm, ni carte ainsi commence son périple de 87 jours.

Le début de l'histoire à l'humour très anglais m'a fait penser à Mr Bean sur la route, c'est léger et amusant mais au fil des kilomètres Harold se remémore son passé, ses erreurs, les incompréhensions et cela tourne tout doucement au tragique.

Harold qui a enfin pris une décision dans sa vie, trouve un nouveau bonheur, fait des rencontres empreintes d'admiration et d'amitié, il redécouvre la nature, la vie en plein air.

De son côté Maureen vit mal l'absence de ce mari qu'elle ignorait, elle aussi se remémore le bonheur passé et rêve de retrouver une nouvelle vie.

L'auteur aborde les problèmes de couple avec beaucoup d'authenticité et de simplicité, c'est distrayant, à la fois amusant, tendre et triste.

 

 

En marge du livre : Berwick upon Tweed

roman, Rachel Joyce, angleterre, coupleBerwick-upon-Tweed, ou simplement Berwick, est une commune britannique située dans le comté de Northumberland. Elle est la ville la plus au nord de l'Angleterre, sur la côte Est, à l'embouchure de la Tweed. Elle est ainsi située à 4 km au sud de la frontière écossaise.

La ville a été fondée à l'époque du royaume anglo-saxon de Northumbrie, au Haut Moyen Âge. Le site a joué un rôle central dans les guerres qui ont opposé l'Angleterre et l'Écosse pendant des siècles ; la dernière fois que la ville a changé de main fut en 1482 quand les Anglais l'ont reconquise. Selon les historiens, elle a changé 13 fois de main au cours des siècles1.

Berwick est une ville traditionnelle, connue pour son marché et pour ses quelques particularités architecturales, en particulier ses remparts de défense, son château médiéval et ses casernes.

 

11/11/2017

LE COMMANDANT BILL

Lu et commenté par Marie-Line

Bill 01.jpgQuatrième de couverture : Ardenne, mai 1940.Tout le hameau de Boisferté s'est réfugié dans la forêt, dans la crainte de l'invasion des troupes allemandes. Les plus anciens, en effet, se souviennent des saccages de 1914. Le matin du deuxième jour, un avion allemand tombe à proximité du campement. Il y a un rescapé. Les villageois recueillent cet homme incapable de se déplacer et l'installent dans une grange, sans se rendre compte qu'ils se sont transformés en geôliers d'un prisonnier de plus en plus encombrant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bill 02.jpgL'auteur : Armel JOB

Armel Job et né en 1948 à Durbuy (Belgique) non loin de Liège, dans une famille qui comptait quatre garçons. Son père était matelassier. Il fait ses études secondaires comme interne dans le bastion des études classiques du Luxembourg, le séminaire de Bastogne.

Il y acquiert une solide formation axée sur les langues anciennes. Ensuite, il entre à l’université de Liège et acquiert le titre de licencié agrégé en philologie classique. À partir de 1970, il enseigne le grec et le latin pendant vingt-trois ans au séminaire de Bastogne.

Au cours de cette période, il publie de nombreux articles philologiques et pédagogiques. En 1993, il prend la direction de son école, poste qu’il quitte en 2010 pour se consacrer entièrement au roman. Il est l’auteur de douze titres.

 

Mon avis :

Avec "Le commandant Bill", Armel Job, comme à son habitude, nous livre le portrait d'êtres humains ordinaires qui se retrouvent soudainement dans une situation extraordinaire. Situation qui leur échappe et dont ils sont les acteurs bien malgré eux. C'est alors que toute la finesse psychologique d'Armel Job fait son œuvre.

L'auteur nous plonge dans le cœur de chacun, révélant ainsi l'héroïsme de certains, la lâcheté d'autres et puis l'indifférence, le mépris, la bonté, la peur, l'orgueil... et l'amour. Comme dans chacun des romans de l'auteur, l'humain est au centre du récit, la Belgique en est le cadre et la trame, qui nous paraissait toute tracée s'échappe tout à coup et surprend!

"Le commandant Bill" est un très beau roman, agréable et que l'on prend plaisir à lire.

Ayant rencontré l'auteur récemment avec mes élèves, j'ai appris que le point de départ de l'histoire du roman est une anecdote que la mère d'Armel Job a vécue. En effet, lors de la seconde guerre mondiale, la maman d'Armel Job a 14 ans. Elle raconte qu'à l'époque, beaucoup se souviennent des atrocités commises par l'armée allemande en 14 et qu'il y a un véritable vent de panique lorsque le village où elle habite apprend l'avancée des troupes allemandes.

Tout le village s'est alors réfugié dans la forêt et vit dans des huttes, lorsqu'un jour un avion de reconnaissance allemand s'écrase tout près, entraînant la mort des deux pilotes. A partir de ce récit maintes fois entendu, Armel Job a imaginé qu'un des deux pilotes ait survécu et il s'est alors demandé ce que les villageois auraient fait. C'est ainsi que "Le commandant Bill" est né.

 

En marge du livre:

roman, Armel Job, guerre, BelgiqueDurant la Seconde Guerre mondiale, le village de Bande devait avoir une mauvaise réputation chez les Allemands, à cause de l'esprit de résistance qui y régnait. Plusieurs faits de guerre s'y sont produits, menant inexorablement au massacre du 24 décembre 1944.

Au mois de juin 1944, des incidents éclatent lorsqu'un collaborateur de l'occupant est tué par des patriotes. Durant le mois de juillet, le secrétaire communal de l'époque faillit payer de sa vie cette exécution en guise de représailles alors qu'il n'y était pour rien. Mais il parvient à s'échapper.

Le 6 juillet 1944, la communication téléphonique entre Marche et Champlon est sabotée. La sanction pour cet acte de sabotage est que le 'Kreiskommandant' de Bastogne oblige trente personnes à surveiller les lignes durant la nuit, et à fournir cinq bicyclettes et deux radios à la 'Feldgendarmerie' de Marche.

Au mois de septembre 1944, huit jours avant la libération, un groupe de l'Armée Secrète (ou Armée blanche) s'installe dans le bois de Bande. Le 5 septembre, ils attaquent les Allemands, tirent sur un side-car et tuent trois soldats. Les représailles pour ces meurtres ne se font pas attendre: le 6 septembre, les Allemands viennent bouter le feu systématiquement à toutes les maisons situées des deux côtés de la grand'route de Marche à Bastogne. Ils font évacuer les familles puis installent des grenades incendiaires dans chaque maison: 35 foyers sont ainsi détruits. De plus, dernier fait de nature à irriter les militaires allemands, les habitants de Bande ont eu le courage d'arborer le drapeau belge plusieurs jours avant leur libération effective.

Après le 8 septembre 1944, l'armée allemande est repoussée vers l'Allemagne. Mais le 22 décembre, des soldats et officiers de la Wehrmacht occupent de nouveau la région (Offensive von Rundstedt). Des soldats d'une unité spéciale s'installent dans ou près de maisons incendiées. Le 24 décembre, les hommes de cette unité spéciale arrêtent des villageois et procèdent à de longs interrogatoires. Ils libèrent certains hommes plus âgés. Après avoir fait croire à leurs familles qu'ils allaient partir pour l'Allemagne, les membres de cette unité emmènent 33 hommes, âgés de 17 à 32 ans, devant la maison Bertrand et les exécutent l'un après l'autre dans la cave. Seul Léon Praile, âgé de 21 ans, tente le tout pour le tout : il assomme un soldat, s'enfuit et échappe au massacre. Il ignorait que sa vie sauve provoquerait d'autres représailles: le lendemain, deux jeunes du village de Roy sont abattus. C'est donc 34 jeunes hommes qui ont été exécutés lors de ces journées dramatiques. Après leurs crimes atroces, les meurtriers dissimulent les corps des victimes sous trois épaisseurs de planches et interdisent l'accès à cette partie de la route, de sorte que personne dans le village, excepté plus tard Léon Praile qui témoignera, ne soupçonne quoi que ce soit.

Vraisemblablement, il s'agissait d'un détachement de la Gestapo, section du S.D. (Sicherheitsdienst), envoyé probablement par Himmler avec les troupes d'invasion de von Rundstedt, et qui avaient pour mission « de dépister et d'exécuter les membres des mouvements de résistance ».

Les membres des cette "Compagnie spéciale d'Himmler" n'étaient pas tous des Allemands. Certains étaient étrangers à tous les officiers de la Wermacht qui logeaient au village et les témoignages parlent d'un Niçois, d'un Breton, d'un Suisse... Ces étrangers s'exprimaient en français et sans accent, et certains ne comprenaient même pas l'allemand. Cette "Compagnie spéciale d'Himmler" avait pour mission de tuer trente villageois à Bande pour venger la mort des trois Allemands en septembre 1944.

(Source: DELFOSSE A., BASYN J., GAUX P. et al., COMMISSION DES CRIMES DE GUERRE (ROYAUME DE BELGIQUE, MINISTERE DE LA JUSTICE),

Les crimes de guerre commis pendant la contre-offensive de von Rundstedt dans les Ardennes. Décembre 1944-janvier 1945. Bande, Bruxelles, 1945.)

Le 11 janvier, une patrouille de paras du 1st Canadian Parachute Battalion, accompagnée par des paras belges SAS, quitte Marche-en-Famenne, entre dans le village de Bande et découvre avec horreur les corps des 34 civils abattus d'une balle dans la nuque. Le plus jeune avait à peine 17 ans. Quelques jours plus tard, le commandant du 9th Battalion Parachute Regiment de la 6th Airborne décidait d'assurer une inhumation décente aux malheureuses victimes et de leur rendre les honneurs.

(Source texte : Guy Blockmans/OPT).

Voici les noms des victimes du massacre: André BOURGEOIS, Domia DACO, Jean de GARDE, Joseph DUCHÈNE, Octave DUCHÈNE, Fernand GIRS, Georges GIRS, André GOUVERNEUR, Florent GUISSART, Victor GUISSART, Roger HARDY, Joseph HENKINET, Gaston LAMBERT, Herman LAMBERT, Lucien LAMBERT, André LASSANCE, Fernand LASSANCE, Alphonse LEROY, Fernand MAGONETTE, Edmond MAÎTREJEAN, Georges MALEMPRÉ, Raymond MALEMPRÉ, Albert MARCHAL, Richard MARÉE, René MATAGNE, Armand MICHEL, Clément MULLER, Jules NOËL, Joseph PARMENTIER, Louis PETRON, Joseph PONCIN, Paul SMITZ, Xavier TOURNAY, Albert VOLVERT.

Un Monument, intitulé "Souviens-toi", dédié aux victimes des deux guerres mondiales a aussi été érigé au cœur du village.

 

13:07 Publié dans Livre | Tags : roman, armel job, guerre, belgique | Lien permanent | Commentaires (0)