31/12/2017

RÉPARER LES VIVANTS

organe 1.jpgLu et commenté par Marie-Line.

Quatrième de couverture: "Le cœur de Simon migrait dans un autre endroit du pays, ses reins, son foie et ses poumons gagnaient d'autres provinces, ils filaient vers d'autres corps". "Réparer les vivants" est le roman d'une transplantation cardiaque. Telle une chanson de gestes, il tisse les présences et les espaces, les voix et les actes qui vont se relayer en vingt-quatre heures exactement. Roman de tension et de patience, d'accélérations paniques et de pauses méditatives, il trace une aventure métaphysique, à la fois collective et intime, où le cœur, au-delà de sa fonction organique, demeure le siège des affects et le symbole de l'amour.

 

 

 

 

 

 

 

organe 2.jpgL'auteur: Maylis de KERANGAL

née à Toulon (France) le 16 juin 1967.

Elle passe son enfance en Haute-Normandie, au Havre. Après avoir étudié à Paris l’histoire, la philosophie et l’ethnologie, elle commence à travailler pour Gallimard jeunesse en 1991. En 1998, elle décide de reprendre des études en sciences sociales. C’est en 2000 qu’elle publie son premier roman aux éditions Verticales, intitulé Je marche sous un ciel de traîne. Rencontrant un certain succès, la nouvelle écrivaine poursuit son aventure en publiant La Vie voyageuse (2003), Ni fleurs, ni couronnes (2006) et Dans les rapides (2007).

Parallèlement à cette profession littéraire, elle crée les éditions du Baron Perché, maison spécialisée en littérature de jeunesse, et pour laquelle elle travaille jusqu’en 2008. Cette même année, elle remporte le prix Médicis et Femina pour son roman Corniche Kennedy(2008). Les prix littéraires sur succèdent par la suite, puisqu’elle est à nouveau lauréate de plusieurs d’entre eux en 2010 avec son roman Naissance d’un pont, en 2012 pour Tangente vers l’est, et enfin en 2014 pour son œuvre Réparer les vivants. L’auteure s’est également essayée à la littérature pour jeunesse en publiant un album pour enfant en 2011 avec l’illustratrice Alexandra Pichard.

 

Mon avis:

"Enterrer les morts et réparer les vivants", cet extrait du Platonov d'Anton Tchekhov offre le titre du roman de Maylis de Kerangal. Et si Tchekhov pensait au sens figuré à soutenir ceux qui restent, ceux qui survivent à la mort d'un proche, Maylis de Kerangal revient au sens propre et, par là même, amplifie l'idée jusqu'à la réparation bien réelle de ceux qui souffrent et attendent une transplantation d'organes.

Et nous voilà au cœur du roman: le don d'organe. Et nous voilà avec un livre qui bat puisqu'il commence avec les battements de cœur de Simon et se termine par ce même cœur qui redémarre dans la poitrine de Claire.

Et nous voilà avec 24h de la vie d'un cœur, mais aussi de tous les autres cœurs qui battent à ses côtés: celui des parents de Simon, celui des médecins et infirmières, celui de Claire et de ses enfants, mais aussi celui des supporters de foot et surtout celui de la mer... tous ces battements de vie qui font la puissance de ce livre.

Et nous voilà avec un roman au style particulier qui rappelle irrémédiablement l'Ulysse de Joyce, les 24 h de la vie de Leopold Bloom et ses monologues intérieurs; qui rappelle également les longues phrases de la recherche du temps perdu de Proust et la décomposition romanesque des Marguerite Duras et autres Nathalie Sarraute...

Un livre puissant, pour lecteurs avertis!

 

En marge du livre:

organe 4.jpg"Réparer les vivants." C’est le message que Bouli Lanners veut transmettre à ses compatriotes. C’est aussi le titre du film  dans lequel le Liégeois joue le rôle du docteur Révol. "Avant le film, je ne connaissais rien du don d’organes : j’étais persuadé que ça revenait plus ou moins à donner son corps à la science" , explique l’acteur-réalisateur au CHU de Liège, qui a financé la réalisation du film.

Sur le tournage, Bouli Lanners a fréquenté des patients en attente de greffes, des médecins devant poser la question du prélèvement d’organes vitaux, ceux qui restent, ceux qui partent… "Tout cela m’a vraiment sensibilisé au don d’organes et à la nécessité d’en parler beaucoup. D’en parler avant, surtout, pour préparer ce moment : il est si difficile, pour ceux qui restent, d’accepter qu’il n’y a plus d’activité cérébrale, que la mort est là, et de devoir décider très vite si, oui ou non, on peut prélever les organes."

Séduit par la ferveur de l’acteur, le CHU de Liège a lancé une campagne de sensibilisation, sobrement baptisée "Dons d’organes" et parrainée par l'ASBL Chaîne de Vie. Cette campagne est le résultat "d’une grande chaîne de solidarité", souligne l’hôpital universitaire, qui a également décidé de faire du mois de novembre le mois du don d’organes.

"Donner nos organes, c’est sauver jusqu’à sept vies quand la nôtre nous échappe", souligne Bouli Lanners. Ce geste salvateur est également on ne peut plus simple : il suffit de signifier à votre administration communale de votre volonté d’être donneur. Et si le moment devait se présenter, personne ne pourra s’opposer à votre décision.

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