28/02/2018

COMME DIEU LE VEUT

Affreux 01.jpgQuatrième de couverture : Rino Zena et son fils Cristiano vivent ensemble dans une plaine désolée. Les services sociaux menacent le père, chômeur alcoolique et nazi, de lui retirer la garde de ce fils qu'il éduque par la terreur, malgré l'amour viscéral qu'il lui porte. Accrochés l'un à l'autre, ils survivent dans une sorte de dignité dénaturée. Avec ses deux étranges amis, le père décide d'améliorer leur existence misérable en préparant un casse. Cette nuit-là, la pluie, les crues du fleuve et les torrents de boue balaient tout sur leur passage. De cette tempête apocalyptique et meurtrière émerge la figure lumineuse d'une jeune victime expiatoire, qui va changer à jamais le destin de chacun... Comme dieu le veut.

Ammaniti dépeint une Italie ravagée par la vulgarité et l'abrutissement consumériste. La férocité des exclus y explose de manière dévastatrice, mais la tendresse de l'auteur envers ses personnages paumés et déchus imprègne d'une troublante humanité ce grand roman où cohabitent horreur et humour désenchanté.

 

 

 

Affreux 02.jpgL'auteur : Niccolò AMMANITI

Nationalité : Italie , né à : Rome , le 25/09/1966

Étudiant en sciences biologiques, Niccolò Ammaniti abandonna ses études peu avant ses examens. La légende veut que les esquisses de sa thèse se soient transformées en "Branchies", son premier roman. Il a publié en 1995, avec son père Massimo, "Nel nome del figlio", un essai sur les problèmes de l'adolescence.

En 1996, il publie le recueil de nouvelles "Fango" qui le rend célèbre. Un film a été adapté de la première nouvelle par Marco Risi, avec Monica Bellucci: "L'Ultimo capodanno" (1998). L'année suivante est sorti "Branchies", interprété par Gianluca Grignani et réalisé par Francesco Ranieri Martinotti.

En 2001 il a publié "Je n'ai pas peur", son best-seller, qui obtient le Prix Viareggio.

En 2003, Gabriele Salvatores en a réalisé l'adaptation cinématographique. En 2007, il obtient le plus prestigieux prix italien, le prix Strega, pour son roman "Comme Dieu le veut", aussi adapté au cinéma par Gabriele Salvatores. Enfin, en 2012, il coadapte avec Bernardo Bertolucci "Moi et toi".

Depuis le 17 septembre 2005, il est marié à l'actrice italienne Lorenza Indovina.

C'est un auteur très apprécié, et ses livres sont traduits dans plus de quarante langues. Il est aussi très populaire en Italie: on l'aime ou on le déteste. Il est un de ceux qui, de l'avis de la critique, peignent le mieux l'Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, qui sont des pièges parfaits: "écrivain du hasard et du libre arbitre, des synchronicités et des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu'elle a de plus absurde, de plus mystérieux, de plus cruel." (critique du Monde)

 

Mon avis : Stupides, vulgaires, ....affreux, sales et méchants, voilà sans doute comment qualifier les 3 "anti-héros" de ce roman, de véritables pieds nickelés qui ne prennent jamais de bonnes décisions.

Affreux 05.jpgNous sommes dans le nord de l'Italie, dans la grande plaine, une petite ville de la Lombardie profonde. L'auteur nous emmène dans le milieu des exclus de la société, des paumés caricaturaux, des ratés qui ont l'espoir d'un monde meilleur.

Il y a Rino, séducteur, alcoolique, colérique, brutal, nazi qui élève seul et à sa façon son fils Cristiano 13 ans, ils ont été abandonnés par la maman. Ils ont entre eux une relation très forte d'amour-haine.

Il y "Quattro formaggi" qui n'aime que la pizza du même nom, un idiot qui a été humilié pendant toute sa scolarité et qui en plus a reçu  la décharge électrique d'une ligne à haute tension en lançant sa canne à pêche. Cet accident n'a rien arrangé à son comportement que du contraire. Il regarde sans arrêt le même film pornographique dont il connaît toutes les répliques par coeur. Rino au grand coeur l'a pris sous son aile protectrice.

Il y a Danilo, alcoolique,  qui par accident a causé la mort de son bébé. Sa femme l'a quitté pour le garagiste local, il espère l'a récupérer et lui offrir la boutique de lingerie féminine dont elle rêvait tant.

Pour sortir de leur vie minable, ils envisagent de faire un holdup mais une grosse tempête va bouleverser leur plan et leur destin va prendre un chemin non prévu.

Un roman qui commence piano, qui va crescendo au même rythme que la tempête et qui se termine tremendo comme l'apocalypse.

Un roman burlesque, surréaliste qui va de l'humour noir à la tragédie, ces 3 idiots sont désespérants, on ne sait si on doit en rire ou en pleurer. L'auteur nous dépeint tout cela avec tellement d'humanité qu'on se prend à apprécier ces 3 paumés qui en deviennent très attachants comme d'autres personnages du récit, le fils Cristiano, deux adolescentes, l'assistant social, etc.

Un roman fort qu'on lâche avec peine, un très bon moment de lecture.

 

Affreux 03.jpgCritique presse : ActuaLitté

C'est une extraordinaire fresque sociale que Niccoló AMMANITI dépeint dans ces pages noires d'une Italie moderne qui crée la misère à côté de l'extrême richesse.

Une société débridée où tout va à vau-l'eau et où les anciens repères n'ont plus cours : la force du travail, la valeur de la parole, le respect. Une société qui rejette sans un regard celui qui ne veut ou ne peut rentrer dans le rang. Une société qui sécrète en son sein les ferments des toutes les explosions individuelles par l'alcool, la drogue, les extrémismes, l'un, l'autre ou tous rassemblés !

Ce sont des horreurs qui se succèdent et pourtant Niccoló AMMANITI ne dérape jamais, ne déborde jamais dans le glauque, le vulgaire ou le voyeurisme. Les scènes sont posées, esquissées puis il nous emmène voir ailleurs. Au retour, l'état des lieux est seulement suggéré : il n'y a rien de plus à en dire, ce n'est pas l'important.

L'important, ce sont les gens, leurs vies, leurs errances, leurs soucis, leur quotidien implacable, leurs peines et leurs joies.

L'important, c'est que les fleurs puissent encore s'épanouir sur cette mer de déchets.

 

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