08/03/2018

NOUS RÊVIONS JUSTE DE LIBERTÉ

roman, Henri Loevenbruck, amitié, liberté, motosQuatrième de couverture : Providence, le grand nulle part. La bande d’Hugo – dit Bohem – s’englue dans un avenir opaque. Pour s’en affranchir, vivants et libres, ces rêveurs intrépides entreprennent une traversée du pays qui n’épargnera rien ni personne. Guidant leur devoir d’insoumission, trois valeurs tutélaires : loyauté, honneur et respect. Sur la route, Bohem et les siens feront l’expérience de la vie, splendide et décadente. À la fin du voyage, au bout de l’initiation, un horizon : la liberté.

 

 

 

 

 

 

 

 

roman, Henri Loevenbruck, amitié, liberté, motosL'auteur : Henri LOEVENBRUCK

Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris, dans le quartier de la Nation, où il a passé toute son enfance et son adolescence. Après le bac, hésitant entre la musique et la littérature, il tente d’allier ses deux passions : la semaine, il étudie en khâgne au lycée Chaptal et le week-end il se défoule en concert ou en studio avec de nombreux musiciens.

Après avoir étudié la littérature américaine et anglaise, l’heure du service national venue, il fait une objection de conscience et passe 17 mois comme maquettiste aux Editions Francophones d’Amnesty International, puis il part vivre en Angleterre, près de Canterbury, où il enseigne le français dans un collège.

De retour en France, il exerce divers métiers, de barman à web-designer en passant par professeur d’anglais, avant de se diriger vers le journalisme littéraire. Pigiste pour la radio (TSF) et la presse écrite (L’Express), il signe de nombreuses chroniques sur les littératures populaires avant de créer son propre magazine (Science-Fiction magazine). Après être resté rédacteur-en-chef de ce titre pendant deux ans, il publie à 25 ans son premier roman aux éditions Baleine, un polar futuriste où l’on devine l’influence manifeste de Philip K. Dick… Cette fois, son choix est fait, il décide de se consacrer pleinement à l’écriture. Il publie alors deux trilogies de Fantasy, La Moïra et Gallica, lesquelles rencontrent un succès inédit pour un auteur français (La Moïra dépasse en France les 300 000 exemplaires, toutes éditions confondues, et les droits sont vendus dans 11 pays). Suivront de nombreux thrillers aux éditions Flammarion (Le Syndrome Copernic, Le Rasoir d’Ockham…) qui lui vaudront d’être qualifié par le Nouvel Observateur de « nouveau maître du thriller français ».

Membre fondateur de la Ligue de l’imaginaire aux côtés, entre autres, de Bernard Werber, Franck Thilliez, Bernard Minier et Maxime Chattam, en juillet 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.

En 2015, son roman Nous rêvions juste de Liberté rencontre un joli succès médiatique et fait à présent l’objet d’un projet d’adaptation cinématographique avec l’un des plus grands réalisateurs français.

Passionné par l’histoire de la contre-culture américaine en générale, et du mouvement biker en particulier, Henri Lœvenbruck tient une rubrique historique dans le mensuel Freeway.

Aujourd’hui, il partage son temps entre l’écriture et l’assouvissement de ses deux passions : la moto et la collection de montres cassées…

 

 

Mon avis : J'avais eu un vrai coup de cœur pour "L'Apothicaire" du même auteur, ici même si le style est tout à fait différent le plaisir était aussi au rendez-vous et c'est peu dire.

Un récit à la première personne du singulier, c'est Hugo le héros du roman qui dans une espèce de longue confession nous raconte son destin et celui de ses potes. Dans un style proche du "parler", il nous parle de liberté et d'amitié avec une sincérité telle que ces mauvais garçons en deviennent attachants.

roman, Henri Loevenbruck, amitié, liberté, motosAu départ ce sont des adolescents délaissés par leur famille, livrés à eux mêmes, ils deviennent des insoumis, des petits voyous, des révoltés. Ils rêvent de liberté et partent sur leurs motos, un périple que va leur faire traverser toute l'Amérique, un parcours fait de rencontres pas toujours fraternelles. Les petits délinquants deviennent de véritables malfaiteurs, ils basculent dans le crime, le sexe, la drogue, l'alcool, les virées, les bagarres, etc.. La rage au ventre,  les excès, la fureur de vivre sont leur quotidien.

L'auteur qui est passionné de moto, nous entraîne dans les clubs de motards et particulièrement ces clubs criminalisés dénommés "1%", avec leurs codes de conduite, leur fraternité mais aussi leurs rivalités, Loyauté, Honneur et Respect. Maintenant je porterai sur ces clubs un autre regard.

Un récit qui est un hymne à la liberté, à l'amitié, à la loyauté, à la fraternité mais aussi à la trahison.

C'est passionnant du début à la fin, sans temps mort, à fond la caisse sur les routes et un final tout à fait extraordinaire qui m'a laissé la gorge serrée.

Après cela on a qu'une envie, c'est de sauter sur un chopper et de filer à toute allure vers la liberté.

Un tout grand roman et à coup sûr je me plongerai dans un autre livre du Mr Loevenbruck.

 

En marge du livre : Les MC aux USA

roman, Henri Loevenbruck, amitié, liberté, motosBandidos est un gang de motards présent partout à travers le monde. Le club a été créé en 1966 par Don Chambers au Texas (États-Unis). Son slogan est « We are the people our parents warned us about » (« Nous sommes les gens que nos parents nous disaient d'éviter »). Ses effectifs sont estimés à 2 800 membres répartis en plus de 200 sous-organisations ou chapitres (chapters en anglais), localisés dans 23 pays. Il est cité comme un club criminalisé dans les dossiers du FBI.

Sont appelées « couleurs » ou « patchs », les emblèmes et noms des pays, visibles au dos des blousons de cuir qu'ils portent.

Ce club est régi par des règles strictes observées par tous les membres. Les postulants passent par différentes étapes destinées à former, pour une part, le novice, qui passera par les stades de hangaround (littéralement qui tourne autour) puis de prospect (pour une durée indéterminée), et d'autre part, à faire connaissance plus intimement avec le nouveau venu afin de déterminer s'il pourra faire l'unanimité des membres du club qui vont l'accueillir. Le nouveau venu sera le « suiveur » d'un membre du groupe auquel il devra allégeance et devra effectuer sur ordre des tâches, des plus ingrates aux plus illégales.

Pour leurs recrutements, ils utilisent aussi leurs présences médiatisées aux différents runs et parfois choisissent de « coopter » un club déjà existant. L'ancien club se voit conférer, dans son entier, le grade d'Hangaround.

L'une des particularités de la conduite des membres de la « famille » est la prise de position aux côtés de leurs frères (c'est comme cela qu'ils s'appellent entre eux) en toutes circonstances, qu'ils aient tort ou raison.

De même, toute atteinte à l'intégrité du club est réprimée de manière violente s'il le faut. C'est en partie cette attitude de défense agressive qui explique la mauvaise réputation du club. Comme pour tous les groupes de personnes, la proportion de marginaux est représentative d'une micro-société. Ils se dénomment eux-mêmes MC 1 %, le 1 % représentant le pourcentage de motards « hors la loi » se livrant à des activités illégales (rackets, vente et usage de produits illicites…).

Le surnom de 1% provient d'une citation controversée de l'American Motorcycle Association indiquant que 99% de tous les motards sont des citoyens respectueux des lois, ce qui implique que 1% ne l'étaient pas. Aujourd'hui, les clubs de moto de 1% sont considérés comme hors la loi par la police et le gouvernement. Malgré cette réputation et le risque, les membres des BANDIDOS consacrent leur loyauté envers le club, mettant la fraternité au-dessus de tout le reste, aucun risque n’étant trop grand. Mais cette fidélité est la cause de leur plus grand conflit - tenter d'équilibrer la vie familiale avec la sous-culture violente des Bandidos.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Bandidos

28/02/2018

COMME DIEU LE VEUT

Affreux 01.jpgQuatrième de couverture : Rino Zena et son fils Cristiano vivent ensemble dans une plaine désolée. Les services sociaux menacent le père, chômeur alcoolique et nazi, de lui retirer la garde de ce fils qu'il éduque par la terreur, malgré l'amour viscéral qu'il lui porte. Accrochés l'un à l'autre, ils survivent dans une sorte de dignité dénaturée. Avec ses deux étranges amis, le père décide d'améliorer leur existence misérable en préparant un casse. Cette nuit-là, la pluie, les crues du fleuve et les torrents de boue balaient tout sur leur passage. De cette tempête apocalyptique et meurtrière émerge la figure lumineuse d'une jeune victime expiatoire, qui va changer à jamais le destin de chacun... Comme dieu le veut.

Ammaniti dépeint une Italie ravagée par la vulgarité et l'abrutissement consumériste. La férocité des exclus y explose de manière dévastatrice, mais la tendresse de l'auteur envers ses personnages paumés et déchus imprègne d'une troublante humanité ce grand roman où cohabitent horreur et humour désenchanté.

 

 

 

Affreux 02.jpgL'auteur : Niccolò AMMANITI

Nationalité : Italie , né à : Rome , le 25/09/1966

Étudiant en sciences biologiques, Niccolò Ammaniti abandonna ses études peu avant ses examens. La légende veut que les esquisses de sa thèse se soient transformées en "Branchies", son premier roman. Il a publié en 1995, avec son père Massimo, "Nel nome del figlio", un essai sur les problèmes de l'adolescence.

En 1996, il publie le recueil de nouvelles "Fango" qui le rend célèbre. Un film a été adapté de la première nouvelle par Marco Risi, avec Monica Bellucci: "L'Ultimo capodanno" (1998). L'année suivante est sorti "Branchies", interprété par Gianluca Grignani et réalisé par Francesco Ranieri Martinotti.

En 2001 il a publié "Je n'ai pas peur", son best-seller, qui obtient le Prix Viareggio.

En 2003, Gabriele Salvatores en a réalisé l'adaptation cinématographique. En 2007, il obtient le plus prestigieux prix italien, le prix Strega, pour son roman "Comme Dieu le veut", aussi adapté au cinéma par Gabriele Salvatores. Enfin, en 2012, il coadapte avec Bernardo Bertolucci "Moi et toi".

Depuis le 17 septembre 2005, il est marié à l'actrice italienne Lorenza Indovina.

C'est un auteur très apprécié, et ses livres sont traduits dans plus de quarante langues. Il est aussi très populaire en Italie: on l'aime ou on le déteste. Il est un de ceux qui, de l'avis de la critique, peignent le mieux l'Italie. Il excelle dans les récits purs et efficaces, qui sont des pièges parfaits: "écrivain du hasard et du libre arbitre, des synchronicités et des rencontres impossibles, il creuse la vie dans ce qu'elle a de plus absurde, de plus mystérieux, de plus cruel." (critique du Monde)

 

Mon avis : Stupides, vulgaires, ....affreux, sales et méchants, voilà sans doute comment qualifier les 3 "anti-héros" de ce roman, de véritables pieds nickelés qui ne prennent jamais de bonnes décisions.

Affreux 05.jpgNous sommes dans le nord de l'Italie, dans la grande plaine, une petite ville de la Lombardie profonde. L'auteur nous emmène dans le milieu des exclus de la société, des paumés caricaturaux, des ratés qui ont l'espoir d'un monde meilleur.

Il y a Rino, séducteur, alcoolique, colérique, brutal, nazi qui élève seul et à sa façon son fils Cristiano 13 ans, ils ont été abandonnés par la maman. Ils ont entre eux une relation très forte d'amour-haine.

Il y "Quattro formaggi" qui n'aime que la pizza du même nom, un idiot qui a été humilié pendant toute sa scolarité et qui en plus a reçu  la décharge électrique d'une ligne à haute tension en lançant sa canne à pêche. Cet accident n'a rien arrangé à son comportement que du contraire. Il regarde sans arrêt le même film pornographique dont il connaît toutes les répliques par coeur. Rino au grand coeur l'a pris sous son aile protectrice.

Il y a Danilo, alcoolique,  qui par accident a causé la mort de son bébé. Sa femme l'a quitté pour le garagiste local, il espère l'a récupérer et lui offrir la boutique de lingerie féminine dont elle rêvait tant.

Pour sortir de leur vie minable, ils envisagent de faire un holdup mais une grosse tempête va bouleverser leur plan et leur destin va prendre un chemin non prévu.

Un roman qui commence piano, qui va crescendo au même rythme que la tempête et qui se termine tremendo comme l'apocalypse.

Un roman burlesque, surréaliste qui va de l'humour noir à la tragédie, ces 3 idiots sont désespérants, on ne sait si on doit en rire ou en pleurer. L'auteur nous dépeint tout cela avec tellement d'humanité qu'on se prend à apprécier ces 3 paumés qui en deviennent très attachants comme d'autres personnages du récit, le fils Cristiano, deux adolescentes, l'assistant social, etc.

Un roman fort qu'on lâche avec peine, un très bon moment de lecture.

 

Affreux 03.jpgCritique presse : ActuaLitté

C'est une extraordinaire fresque sociale que Niccoló AMMANITI dépeint dans ces pages noires d'une Italie moderne qui crée la misère à côté de l'extrême richesse.

Une société débridée où tout va à vau-l'eau et où les anciens repères n'ont plus cours : la force du travail, la valeur de la parole, le respect. Une société qui rejette sans un regard celui qui ne veut ou ne peut rentrer dans le rang. Une société qui sécrète en son sein les ferments des toutes les explosions individuelles par l'alcool, la drogue, les extrémismes, l'un, l'autre ou tous rassemblés !

Ce sont des horreurs qui se succèdent et pourtant Niccoló AMMANITI ne dérape jamais, ne déborde jamais dans le glauque, le vulgaire ou le voyeurisme. Les scènes sont posées, esquissées puis il nous emmène voir ailleurs. Au retour, l'état des lieux est seulement suggéré : il n'y a rien de plus à en dire, ce n'est pas l'important.

L'important, ce sont les gens, leurs vies, leurs errances, leurs soucis, leur quotidien implacable, leurs peines et leurs joies.

L'important, c'est que les fleurs puissent encore s'épanouir sur cette mer de déchets.

 

23/02/2018

L'HOMME DU LAC

Lac 01.jpgQuatrième de couverture : En juin 2000, un tremblement de terre provoque un changement du niveau des eaux du lac de Kleifarvatn et découvre un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractère cyrillique à demi effacées.

Le commissaire Erlendur et son équipe s'intéressent alors aux disparitions non élucidées dans les années 60, ce qui conduit l'enquête vers les ambassades des pays de l'ex bloc communiste et les étudiants islandais des jeunesses socialistes boursiers en Allemagne de l'Est, pendant la guerre froide.

Tous ces jeunes gens sont revenus du pays frère brisés par la découverte de l'absurdité d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple jugeait nécessaire de le surveiller constamment.

Erlendur, séduit par un indice peu commun, une Ford Falcon des années 60, s'obstinera à remonter la piste de l'homme du lac dont il finira par découvrir le terrible secret.

 

 

 

 

Lac 02.jpgL'auteur : Arnaldur INDRIDASON

Nationalité : Islande, né à : Reykjavík , le 28/01/1961

Arnaldur Indriðason est diplômé en Histoire de l’Université d'Islande en 1996. Journaliste au Morgunbladid en 1981-1982, il devient scénariste indépendant. De 1986 à 2001, il travaille comme critique de films pour le Morgunbladid. Aujourd'hui, il est l'auteur de six romans policiers — dont plusieurs sont des best-sellers. Il vit à Reykjavik avec sa femme et ses trois enfants et est le fils de l'écrivain Indriði G. Þorsteinsson.

Arnuldur Indriðason publie son premier livre, Synir duftsins (littéralement "Fils de poussière", inédit en français) en 1997. Cette publication marque pour certains, comme Harlan Coben, le départ d'une nouvelle vague islandaise de fiction criminelle. Le romancier policier américain encense Indriðason ainsi : « la meilleure nouvelle série que j'ai lu cette année provient d'Islande. Arnaldur Indriðason est déjà un phénomène littéraire international - il est aisé de voir pourquoi : ces nouvelles sont prenantes, authentiques, hantantes et lyriques. Je ne peux attendre les publications suivantes ! ». Il fut nommé à maintes reprises écrivain le plus populaire d'Islande.

Les nouvelles dont parle Coben mettent en scène la même équipe de détectives, dont l'abrupt Erlendur.Arnuldur Indriðason a adapté trois de ses livres pour la radio du Icelandic National Broadcasting Service. Il a reçu le Prix Clé de verre, un prix de littérature policière scandinave, en 2002 et 2003. Il a également gagné le Gold Dagger Award, prix littéraire britannique, en 2005 pour La Femme en vert, L’Homme du lac (Métailié, 2008), Prix polar européen du Point.

 

 

Mon avis : Je me devais de découvrir cet auteur de polar islandais dont j'avais lu quelques critiques très positives, et le moins que je puisse dire, c'est qu'elles sont entièrement méritées.

Le récit est précis, sérieux, le contexte historique bien documenté, pas de grosses ficelles ni de hasards qui font bien les choses. L'auteur décrit de manière précise le profil psychologique des personnages ainsi que les circonstances de l'enquête, les lieux islandais et allemands.

L'enquête remonte à des disparitions qui ont eu lieu dans les années 60, c'est l'époque de la guerre froide. Indriðason avec sa formation d'historien en profite pour dépeindre la situation politique à cette époque en RDA, le rôle de la police politique, la Stasi, les manipulations des étudiants orchestrées par le parti communiste, le climat lourd de suspicion où tout le monde espionne tout le monde, la délation, le parallèle avec les évènements de Hongrie, etc.. Ces descriptions occultent d'ailleurs un peu l'enquête proprement dite qui en devient par moment secondaire..

En résumé, une enquête au rythme volontairement lent mais aussi  un polar social bien documenté et une réflexion sérieuse sur l'idéal politique.

Un roman attachant du début à la fin, une bonne découverte.

 

En marge du livre : la STASI

https://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/3491-la-stasi-...

Lac 05.jpgLa RDA était un état totalitaire dont l'un des piliers était sa police politique et de renseignement, la Stasi, au nom tristement célèbre et représentatif du régime est-allemand. Ce service naît en 1950 dès les premières heures de l'Allemagne de l'Est et s'inspire des méthodes du KGB, service de renseignement soviétique.

La Stasi (abréviation de Ministerium für Staatssicherheit) a pour mission de garantir le contrôle du parti communiste sur la population. Cela se traduit dans les faits par une surveillance de toute la société (à l'école, dans l'entreprise , dans les magasins…) de manière à connaître les activités et les opinions de la population. Il s'agissait de détecter et d'éliminer toute forme d'opposition politique. Tout le monde était donc potentiellement suspect et les agents de la Stasi vérifiaient le courrier ou mettaient de nombreux téléphones sur écoute.

La Stasi comptait environ 91 000 agents officiels et près du double, soit environ 175  000 d'informateurs non officiels recrutés dans la population par volontariat ou par pression. Ce nombre élevé d'agents permet un espionnage très efficace même s'il se fait discret. De plus, la Stasi dispose de nombreuses caméras de surveillance, de micros et d'un matériel technologique de surveillance. En RDA, on pouvait, par exemple, se faire espionner par ses voisins et il fallait rester plus que discret sur ses opinions, sur son envie de fuir en RFA ou sur la critique des autorités…

A partir de cet espionnage, un fichage impressionnant des habitants de RDA a été réalisé : plusieurs centaines de milliers d'entre eux sont concernés.

Lac 06.jpgLa Stasi pouvait arrêter et emprisonner toute personne qu'elle suspect d'opposition politique ou de vouloir fuir à Berlin-Ouest. Il y avait 17 prisons de détention préventive où se trouvaient toujours en moyenne 30 000 personnes toutes prisons confondues.

Les suspects y subissaient des interrogatoires interminables et les agents de la Stasi usaient de violence psychologique plus que physique (même s'il y a eu des actes de torture physique).

Par ailleurs de nombreuses pressions étaient exercées pour briser des débuts d'opposition politique. La Stasi forçait certains à démissionner ou à abandonner leurs études. Enfin des personnes arrêtées devenaient des informateurs non officiels pour la Stasi pour retrouver la liberté. Ces derniers, en plus des informateurs volontaires, contribuaient à renforcer l'emprise idéologique de l'Etat.