06/11/2017

LE GANG DES RÊVES

gang 01.jpgQuatrième de couverture : New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

 

 

 

 

 

 

gang 02.jpgL'auteur : Luca DI FULVIO

Nationalité : Italie , né à : Rome , le 13/05/1957

Luca Di Fulvio est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique et de littérature d'enfance et de jeunesse.

Avant de fonder sa propre compagnie de théâtre (Le Moveable Feast), il travaille avec Paola Bourbons, Sergio Graziani, Mario Marans, Andrzej Wajda. Il est également consultant éditorial de plusieurs maisons d'édition.

Publié en 1996, son premier roman, "Zelter", est une histoire de vampire.

Son deuxième roman, "L’empailleur" (L'impagliatore, 2000), est un thriller qui est adapté au cinéma en 2004 par Eros Puglielli sous le titre "Ochi di cristallo".

Les droits cinématographiques de son roman "L'échelle de Dionysos" (La scala di Dioniso, 2006), dont il a aussi écrit le scénario, sont vendus avant même la parution du livre en librairie.

Sous le pseudonyme de Duke J. Blanco, il aborde la littérature d'enfance et de jeunesse avec "I misteri dell'Altro Mare" en 2002.

Luca Di Fulvio est devenu l'un des nouveaux phénomènes littéraires à suivre avec la sortie de "Le gang des rêves" (La gang dei sogni, 2008) publié en France en juin 2016 chez Slatkine & Cie et premier tome d'une forme de trilogie. Plébiscité par les libraires et les lecteurs, le livre, qui raconte le New York des années 20 par les yeux d'un jeune Italien, s'est lentement mais sûrement transformé en best-seller.

Un an après ce beau succès, Luca Di Fulvio est de retour avec "Les enfants de Venise" (La ragazza che toccava il cielo, 2013).

La parution du troisième volet est annoncée pour 2018.

 

Mon avis :  900 pages de plaisir, captivant et passionnant du début à la fin, Luca Di Fulvio nous livre un roman sur lequel je ne peux écrire que des éloges. Que tous ceux qui sont un peu fâchés avec la lecture se précipitent sur cette saga, ils seront enchantés.

Un livre impossible à lâcher qui se lit comme on regarde un film, un vrai bonheur.

Un belle brochette de personnages auxquels on s'attache qu'ils soient sympathiques ou franchement dégueulasses, des destins qui se croisent, c'est bouleversant et plein d'émotions.

Des chapitres courts, l'auteur passe d'un personnage à l'autre, dans une chronologie volontairement chamboulée, un style direct et fluide qui donne beaucoup de rythme à cette brique jamais ennuyeuse.

Le décor, c'est New York des années 1920, c'est Manhattan, c'est Harlem, le Lower East Side. Les thèmes sont nombreux, le racisme envers les migrants italiens, irlandais, envers les juifs et les noirs, la mafia, les grands bandits, les petits voyous, les gangs, les règlements de compte,  la prostitution, la pornographie, les trafics en tous genre, la drogue, les débuts du cinéma parlant, la radio, c'est aussi l'Amérique des pauvres et des riches, des paumés et des nantis, c'est le rêve américain mais c'est avant tout et surtout un grand roman d'amour et d'amitié.

C'est aussi la Californie, Hollywood et le monde impitoyable du cinéma

Luca Di Fulvio est un formidable conteur d'histoires, qui sait jouer sur les cordes sensibles et les sentiments.

Un très bon roman, émotions garanties, du grand art.

Un vrai coup de coeur.

 

gang 04.jpgEn marge du livre : Le rêve américain, mythe ou réalité ?

Les plaines verdoyantes de la Nouvelle-Angleterre venaient s’échouer au pied des Monts Appalaches, mais au delà s’étendaient encore des terres. Des terres déjà plus sèches et qui devenaient franchement arides à l’approche des Rocheuses, mais là encore, elles continuaient de s’étendre indéfiniment.

Ici débutait l’Amérique, c’est à dire ailleurs. Ici commençait le rêve, par un mouvement susceptible de ne jamais s’arrêter. Plus loin. Mieux.

En 1774, le gouverneur de Virginie décrivait le peuple américain de la sorte : « s’ils atteignaient le paradis, ils le quitteraient après avoir entendu parler d’un endroit meilleur à l’Ouest. »

Longtemps pour l’Europe, l’Ouest n’eut d’autre réalité qu’un océan immense et infranchissable. Quand au XIX° siècle, des générations d’irlandais, d’allemands et d’italiens tournent leur regard vers l’Amérique, le mouvement qui va présider à leur quête est inédit. Le sens de lecture du monde vient soudainement de changer. Le Vieux continent va rajeunir. Le pauvre s’enrichira. L’esclave sera libéré. Quand il est permis de commencer le livre par la dernière page, tout devient possible.

Outre le droit à la Vie et à la Liberté, la constitution américaine garantit à ses citoyens un droit « à la poursuite du Bonheur ». Autant que ce dernier puisse être relatif, le Rêve Américain fut d’abord protéiforme.

Pratiquer librement son culte. Posséder la terre que l’on travaille. Manger à sa faim. Echapper au joug d’un ordre social, religieux, familial. Les avatars du Rêve étaient aussi nombreux que les rêveurs. Du fait de leur individualité, ils partageaient toutefois une vision commune : c’est par leur valeur et leur travail, en tant qu’hommes et femmes uniques qu’ils s’accompliraient.

Quand en 1931, James Truslow Adams emploie pour la première fois l’expression de Rêve Américain, il lui associe les notions de liberté et d’ascension sociale par le mérite. Cette assertion donne au Rêve ses contours définitifs.

http://www.american-arts.com/blog/2013/05/04/reve-america...

 

30/10/2017

LA FEMME QUI FUIT

Fuit 1.jpegQuatrième de couverture : Anaïs Barbeau-Lavalette n'a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s'appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.

Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l'auteur a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n'allaient pas tarder.

 

 

 

 

 

 

 

 

Fuit 2.jpgL'auteur : Anaïs BARBEAU-LAVALETTE

Nationalité : Canada, née en 1979

Biographie :

Anaïs Barbeau-Lavalette est une comédienne et réalisatrice québécoise. Elle est la fille de la cinéaste Manon Barbeau et du directeur photo Philippe Lavalette.

Elle est détentrice d'un baccalauréat de l'Université de Montréal en Études Internationales et diplômé de l'Institut national de l'image et du son (INIS) en 2002.

Elle s'est fait connaître principalement par son film "Le Ring" sorti en salle en 2007, et par son rôle d'Isabelle dans l'émission jeunesse "Le club des cents watts" diffusée à Télé-Québec à la fin des années 1980. Elle publie son premier roman, "Je voudrais qu'on m'efface", aux Éditions HMH Hurtubise à l'automne 2010. Le livre raconte l'histoire d'enfants d'Hochelaga-Maisonneuve vivant dans le même immeuble à loyer modique. Son livre se retrouve parmi les finalistes au Prix des libraires du Québec 2011, catégorie Roman québécois.

En 2015, elle publie un roman inspiré de la vie de sa grand-mère, "La femme qui fuit". Ce livre remporte le Grand prix du livre de Montréal 2015.

 

Mon avis : voilà un livre encensé par la critique, qui a remporté le grand prix du livre de Montréal 2015 et qui a été sélectionné pour le prix des lecteurs du "Livre de poche" 2017.

Critiques :

"Impossible de lâcher ce texte magnifique" : Estelle Lenartowicz , Lire

"Un joyau au style éblouissant-lapidaire, chatoyant, poétique" : Delphine Peras, L'Express

"Ca ferait un film de Xavier Dolan absolument extraordinaire" : Olivia de Lamberterie, Télématin

"Une perle rare" : Sandrine Bajos, Le Parisien

"C'est l'histoire d'une mère enragée de l'être, une histoire qui gifle et étreint" : Marie de Tilly, Le Point

Après 74 pages, ce qui m'arrive rarement, j'ai abandonné ce roman, je n'ai rien aimé dans ce récit. Tout d'abord ce texte à la deuxième personne du singulier m'a vraiment dérangé, l'auteur s'adresse à sa grand mère qu'elle n'a pratiquement pas connue, avec des "tu ceci, tu cela" et ensuite le style est très loin de ce que j'aime, de très courts chapitres et de toutes petites phrases, parfois sans verbe (voir extrait pris au hasard ci-dessous). Je n'ai ressenti l'expression d'aucun sentiment, d'aucune situation, un récit qui ne m'a procuré aucune émotion.

Toutes les critiques littéraires ci-dessus sont féminines, ce roman de vie plairait-il plus à la gent féminine ? Je suppose que c'est le cas.

 

Extrait : "Un champ de pissenlits. Une vingtaine  d'hommes s'y affairent déjà. Tu remontes ta jupe et sors de la voiture. Tu suis ton père, qui salue en anglais ses quelques compagnons d'infortune.

Et tu te mets à l'ouvrage. Il faut déraciner la fleur, donc l'attaquer par la racine. Tu veux être bonne, tu travailles de tes deux mains.

Autour, on converse vide, l'anglais se mêle au français, le terrain vague se défait rapidement de ses pissenlits.

Un homme te regarde travailler. Ses yeux sur ta peau. Une planque à sa virilité. Un espace où être mâle.

Tu cherches ton père du regard, concentré, plus silencieux que les autres.

Il empile les mauvaises herbes pour en faire du feu où un peu de lui brûlera aussi. Il se consume déjà, délié de toi.

Tes doigts deviennent jaunes.

Tu ne peux compter sur personne. Tu devras apprendre à courir.

Tu aimais les pissenlits avant. Tu en faisais même des bouquets au printemps. Tu trouvais que c'était une fleur vaillante, la première à pousser, à braver les restes d'hiver....."

26/10/2017

RUE DES VOLEURS

voleurs 1.jpgQuatrième de couverture : C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.

Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.

Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées.

Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille.

Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.

 

 

 

Voleurs 2.jpgL'auteur : Mathias ENARD

Nationalité : France , né à : Niort , le 11/01/1972

Mathias Enard après des études d’arabe et de persan et de longs séjours au Moyen-Orient s’installe en 2000 à Barcelone. Il y anime plusieurs revues culturelles.

Il participe aussi au comité de rédaction de la revue Inculte à Paris.

Il a publié "La Perfection du tir" (2003 – Prix des cinq continents de la francophonie 2004), "Remonter l’Orénoque" (2005) et "Bréviaire des artificiers" (2007).

En 2008, Acte Sud publie son roman "Zone" caractérisé par une seule phrase de 500 pages. "Leroman" reçoit la même année, le Prix Décembre et le Prix du livre Inter.

Mathias Enard a obtenu le 25e Prix du livre en Poitou-Charentes pour "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants". Il reçoit le Goncourt des lycéens en 2010.

Marion Laine adapte au cinéma "Remonter l'Orénoque" en 2012 sous le titre "A cœur ouvert" avec J.Binoche et E. Ramirez.

En 2015, il publie "Boussole" qui obtient le Prix Goncourt 2015.

Le premier prix Liste Goncourt/Le Choix de l'Orient 2012 a été attribué à Mathias Enard pour son roman "Rue des voleurs" (Actes Sud).

 

 

Mon avis : Lakhdar a fauté avec sa jeune cousine Meryem, renié et exclu par sa famille, commence alors pour lui une vie d'errance et de questionnement. Un personnage attachant pour un roman qui l'est tout autant.

Mathias Enard situe son récit, écrit à la première personne du singulier, c'est le jeune marocain qui raconte, dans une période difficile, c'est le printemps arabe en Tunisie, en Egypte, la crise financière et économique, le djihad, les attentats, le mouvement des indignés et notre jeune héros de 17 ans qui se retrouve seul dans ce monde en plein chaos a les pires difficultés à trouver sa voie, à comprendre le sens de la vie.

Sa foi en Dieu et en l'Islam est ébranlée, son espoir en l'amour est mis à mal, seule sa passion pour les livres et les polars en particulier lui permet de s'évader d'un monde incompréhensible.

Une épopée qui conduit le jeune marocain de Tanger à Barcelone en passant par Algésiras et Tunis, et partout il découvre des combats pour la liberté, un monde de révoltes et de violence.

Ce n'est nullement un roman politique, l'auteur ne prend pas position, il ne critique pas, il invite à la réflexion sur la religion, sur la vie actuelle, sur la société en général.

Un très bon roman, écrit dans un style direct, bien rythmé, qui dénonce ce monde chaotique dans lequel nous vivons.

 

Voleurs 5.jpgEn marge du livre : 17 Décembre 2010

"LE 17 DÉCEMBRE 2010, Muhammed Bouazizi, marchand ambulant, s’immole par le feu à Sidi Bouzid et déclenche la Révolution tunisienne. La révolte naît du désespoir ; elle commence par porter la main sur soi, par un sacrifice. La perte de patience. Le suicide ou l’action. Le Printemps arabe, longtemps attendu, commence dans la mort.

“L’arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l’élan d’une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre” : ainsi Camus terminait-il son Homme révolté.

Les mois qui ont suivi ont vu la défaite de dictateurs sous les coups de la révolte, la difficulté de l’établissement de la justice et de la démocratie, les victoires des partis islamistes au Maroc, en Tunisie, en Égypte. Aujourd’hui, une guerre terrifiante se poursuit en Syrie ; la campagne présidentielle française a atteint des sommets de xénophobie et de bêtise, la crise économique jette l’Europe du Sud dans la violence et la tentation du fascisme.

Tout cela m’est apparu comme différents visages d’un même combat en cours, le combat pour la liberté, pour le droit à une existence digne, qu’il se livre en Tunisie, en Égypte, en Espagne ou en France.

J’ai entrepris de raconter ces luttes, à travers un voyage dans ce champ de bataille qu’est notre univers – Tanger, Tunis, Algésiras et Barcelone en sont les principales étapes. Un roman d’aventures, de l’aventure tragique du monde d’aujourd’hui. On y croisera des jeunes qui rêvent d’un avenir meilleur, d’autres qui n’en rêvent plus, des islamistes, des musulmans, des mendiants, des putains, des voleurs – et des livres, beaucoup de livres, qui restent, en définitive, avec le feu, la seule façon de combattre les ténèbres. »

Mathias Énard