28/07/2017

UNE VIE

Lu et commenté par Maryline

Biographie, Simone VeilQuatrième de couverture: Simone Veil accepte de se raconter à la première personne.Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée en France et à l'étranger ; son autobiographie est attendue depuis longtemps.

Elle s'y montre telle qu'elle est : libre, véhémente, sereine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

veil 5.jpgL'auteur : Simone VEIL

Née à Nice (France) le 13/07/1927 ; Morte à Paris (France) le 30/06/2017

Femme courage à l’adolescence tragique, Simone Veil est l’une des figures politiques françaises les plus populaires. Légalisant l’avortement en 1975, elle a été la première présidente du Parlement européen (1979) et la première femme ministre d’État (1993). 

Simone Jacob naît à Nice le 13 juillet 1927 au sein d’une famille juive. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, elle est déportée à Auschwitz à l’âge de 17 ans et y perd sa mère. Après sa libération, elle entreprend des études de droit, épouse Antoine Veil et entre dans la magistrature en 1957. En 1970, elle est la première femme à occuper le poste de secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature. Cette ascension professionnelle et ses positions politiques centristes l’amènent à être nommée ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, Simone Veil fait voter la loi sur la légalisation de l’IVG en 1975. Sa popularité ne cesse alors de croître.

Sur le plan extérieur, Simone Veil se positionne largement en faveur de l’union européenne. C’est la raison pour laquelle, en 1979, elle participe aux premières élections européennes, représentant la liste de l’Union pour la démocratie française (UDF). Élue députée, elle est ensuite amenée à présider le Parlement européen jusqu’en 1982. En 1993, elle rejoint le gouvernement d’Édouard Balladur en tant que ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, puis devient membre du Conseil constitutionnel en 1998 pour une durée de neuf ans. Particulièrement active, Simone Veil est également présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah de 2000 à 2007 et membre du conseil d’administration de l’IFRI (Institut français des relations internationales).  

En 2007, elle a exprimé son soutien pour Nicolas Sarkozy lors des présidentielles. Simone Veil présente sa candidature à l’Académie française en octobre 2008. Elle est élue et reçue parmi les « Immortels » dès le premier tour du scrutin. En 2012, elle est la première adhérente au parti UDI de Jean Louis Borloo. En 2013, elle perd son conjoint, Antoine Veil, qu'elle avait épousé en 1946. Simone Veil décède à son tour le 30 juin 2017 à l'âge de 89 ans.

 

Mon avis:

J'avais envie de lire cette autobiographie depuis longtemps, je l'ai reçue en cadeau quelques jours avant le décès de Simone Veil. Les articles, les hommages, les citations ont de nouveau attisé ma curiosité et mon envie de connaître un peu mieux cette grande dame, de mieux comprendre et apprécier ses combats.

A la lecture de ce livre, j'ai rencontré l'enfant téméraire puis la jeune fille déportée ; j'ai vibré au témoignage de sa souffrance, de son courage et du courage de tous ceux dont elle transporte le souvenir.

Puis, j'ai rencontré la magistrate, la ministre, la présidente du parlement européen... et là j'ai perdu la femme. Les faits sont relatés comme une succession de postes et d'expériences à la manière d'un curriculum vitae, mais la femme, la mère est à peine esquissée et Simone Veil ne se définit que par ses fonctions, sa carrière (même si elle se dit non carriériste). Elle cite plus qu'elle n'explique et donne l'impression que ses différentes fonctions lui tombent du ciel.

Certes, le propos reste très intéressant et permet de comprendre les coulisses de la politique, les subtilités de la diplomatie. C'est d'ailleurs parfois difficile à suivre. Cependant, la femme se dévoile peu. Par pudeur? Par humilité?

En fait, je l'ai découverte beaucoup plus à travers ses discours qui se trouvent en annexes et je regrette un peu cette distanciation qui m'a empêchée finalement de découvrir la militante.

Bref, un livre intéressant mais qui m'a laissée trop à la surface.

 

En marge du livre:

veil 4.jpgEn 1975, l'avortement est un acte réprimé par la loi et passible de prison. Quelques années plus tôt, la situation a commencé à évoluer avec la loi de Neuwirth (1967), qui autorise la contraception. Mais cette loi n'a réellement été appliquée que vers 1974. Le problème de l'avortement clandestin n'était pas résolu, et chaque année il était responsable de la mort de plus de 250 femmes.

L'avortement est aussi l'aboutissement d'un long combat mené dans la rue dès les années 70. En 1971, 343 femmes dont certaines célébrités reconnaissent avoir déjà avorté. On les appelle les 343 salopes. En 1972, a lieu le procès de Bobigny. Marie-Claire, 17 ans, est jugée pour avoir avorté après un viol. Gisèle Halimi la défend et l'emporte. Le délit d'avortement n'a plus lieu d'être. Trois ans plus tard, la loi sur l'IVG consacre la liberté de choix de la femme. Le 17 janvier 1975 une date historique pour toutes les femmes de France. La loi qui dépénalise l'avortement est adoptée. Elle est l'œuvre et le combat d'une femme à l'écoute des femmes, la ministre de la Santé de l'époque Simone Veil. Pendant trois jours de débats houleux à l'Assemblée nationale pour défendre son projet de loi, Simone Veil fait face à des attaques personnelles et à des réactions hostiles de tous bords politiques. Même si elle est finalement adoptée, la loi sur l'IVG représente un tabou.

Pour permettre aux femmes de recourir à l'avortement dans un lieu approprié, des centres d'IVG sont créés en 1979. Lieux d'accueil et d'écoute, ils facilitent leur prise en charge. Malgré ce progrès et une meilleure compréhension de l'opinion, certains mouvements d'opposants comme "Laissez-les vivre" resurgissent de façon régulière pour exprimer leur désaccord moral. Mais ces manifestations ponctuelles n'inquiètent en rien Simone Veil, sa loi est inscrite dans l'Histoire. La loi est assumée et va même plus loin. En 1982, l'IVG est désormais remboursée par la Sécurité sociale.

 

En 1975, la loi Veil autorise l'IVG jusqu'à la douzième semaine de grossesse et pour les mineures, il faut une autorisation parentale. Mais face au nombre de femmes qui chaque année partent à l'étranger pour avorter, soit parce qu'elles ont dépassé la date limite soit parce qu'elles sont mineures, la loi a été modifiée en juillet 2001. Le délai pour interrompre sa grossesse est alors prolongé à la quatorzième semaine d'aménorrhée datée de l'arrêt des règles, et l'autorisation parentale pour les mineures n'est plus nécessaire.

23:43 Publié dans Livre | Tags : biographie, simone veil | Lien permanent | Commentaires (0)