08/06/2015

SI C'EST UN HOMME

Levi 2.JPGQuatrième de couverture :

« On est volontiers persuadé d'avoir lu beaucoup de choses à propos de l'holocauste, on est convaincu d'en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l'accumulation, on a envie de crier grâce. C'est que l'on n'a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l'état du malheur.

Peu l'ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l'air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n'est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n'est que futilité." (Angelo Rinaldi.)

« Ce volume est aussi important que la Bible. Un livre fonda une religion humaniste il y a des millénaires. Un autre livre raconte la fin de l’humanité au XXè siècle » (Frédéric Beigbeder)

 

 

 

 

 

 

 

Levi 3.jpgL’auteur : PRIMO LEVI

Nationalité : Italie

Né à : Turin , le 31/07/1919

Mort à : Turin , le 11/04/1987

Biographie :

Primo Levi est un écrivain italien.

Né dans une famille bourgeoise juive, il fréquente le lycée d'Azeglio puis l'Université de Turin où il obtient en 1941 un doctorat de chimie. Il travaille un temps dans une mine d'amiante puis, à Milan, dans une entreprise suisse de médicaments.

Après la chute de Mussolini le 25 juillet 1943, il tente de rejoindre le groupe de résistants antifascistes du Partito d'Azione mais il est arrêté le 13 décembre de la même année dans les montagnes du Val d'Aoste par la milice de la République sociale de Salo. Il est emprisonné au camp italien de Fossoli di Carpi puis livré aux allemands et déporté à Auschwitz le 20 février 1944.

Il y travaille au laboratoire de chimie de l'usine de caoutchouc de Monowitz d'où il sort le 27 janvier 1945, lors de la libération du camp par l'Armée rouge soviétique. Il trouve alors un emploi dans une petite entreprise de peinture dont il devient par la suite directeur et où il reste jusqu'à sa retraite.

Dès son retour il ressent le besoin d'écrire ses souvenirs. En 1947, il publie chez un petit éditeur son premier livre, intitulé "Si c'est un homme." Ce récit de sa survie dans l'univers concentrationnaire ne connaît pas immédiatement un grand succès mais marque ensuite fortement les esprits de l'Europe d'après-guerre. Au cours des décennies suivantes, il est traduit dans une trentaine de langues, intégré dans les programmes scolaires, et se vend aujourd'hui encore à 200.000 exemplaires par an rien qu'en Italie.

A sa retraite, Primo Levi se consacre pleinement à l'écriture et à son travail de mémoire. Il publie plusieurs récits poignants sur son expérience de juif italien, de chimiste ou de prisonnier. Citons entre autres "La Trêve" (1963) où il raconte son voyage de retour en Italie après sa libération, "Le Système périodique" (1975), "La Clé à molette" (1978), "Maintenant ou jamais" (1982) ou encore "Les Naufragés et les Rescapés" (1986).

Primo Levi ne détient pas d'un style littéraire particulier et n'appartient à aucun mouvement artistique. En effet, il ne commence à écrire qu'après sa détention à Auschwitz. Comme il le dit dans la préface de son roman "Si c'est un homme", « Je suis conscient des défauts de structures de ce livre ».

Dépressif, Primo Levi se donne la mort, dans la cage d'escalier de son immeuble, sans laisser aucune lettre ou explication sur ce suicide.

 

 

 

Mon avis : Que dire devant toutes ces atrocités, devant cette barbarie ! L’auteur décrit sans haine  et sans rancœur, avec précision ce qu’il a vécu au camp d’Auschwitz. Comme il le dit lui-même il ne décrit que ce dont il a été personnellement témoin ou ce qu’il a vécu.

« Je me suis limité à rapporter les faits dont j'avais une expérience directe, excluant ceux dont je n'ai eu connaissance que plus tard, par les livres et les journaux. Vous remarquerez, par exemple, que je n'ai pas cité les chiffres du massacre d'Auschwitz, pas plus que je n'ai décrit le mécanisme des chambres à gaz et des fours crématoires : cela, parce que ce sont des données que je ne connaissais pas quand j'étais au Lager, et que je n'ai possédées que par la suite, en même temps que tout le monde. »

Un livre qui est devenu un classique de la littérature concernant les camps de concentration, un livre à faire lire à tous nos adolescents.

 

En marge du livre :

Levi 1.jpgLE PROCÈS DE FRANCFORT

Le procès de Francfort, aussi connu sous le nom de second procès d'Auschwitz, fut constitué d'une série de jugements rendus par la justice ouest-allemande entre le 20 décembre 1963 et le 19 août 1965. L'instruction concernait le rôle de 22 prévenus dans le cadre de l'Holocauste et, particulièrement, de leur implication dans le fonctionnement du camp de concentration d'Auschwitz.

 

 


Levi 4.jpgPREMIER PROCÈS D’AUSCHWITZ

La plupart des officiers du camp, y compris Rudolf Höss, qui en fut le commandant sur la plus longue période, avaient été jugés, en 1947, lors de procès menés par les autorités polonaises à Varsovie pour ce qui concerne Höss et à Cracovie pour 41 autres prévenus. Ces premiers procès faisaient suite au procès de Nuremberg pour lequel de nombreux prévenus avaient été entendus comme témoins et renvoyés devant une autre juridiction pour être jugés. Dans la plupart des cas, la peine de mort avait été prononcée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Francfort

http://fr.wikipedia.org/wiki/Proc%C3%A8s_d%27Auschwitz_%2...

 

08/05/2015

ETRE SANS DESTIN

Etre sans destin 1.jpgQuatrième de couverture :

Imre Kertész, juif hongrois, est déporté à Auschwitz puis en 1945 à Buchenwald où il est libéré. Il prend la plume huit ans après, prenant ainsi le temps de passer au tamis de sa mémoire la réalité des camps. Cette période longue entre la souffrance des camps et celle – vraisemblable -  de l’écriture explique sans doute l’esprit du livre.

Imre Kertész  fait un récit désincarné de la vie des camps, en suspension au dessus des événements tragiques qu’il a vécus. Il narre le fil des jours avec un regard d’entomologiste, se contentant de rapporter les faits, petits ou grands, d’une plume et d’une humeur égales, sans juger ni se livrer à la moindre analyse philosophique ou politique. Il se regarde vivre, avoir froid, faim, être dévoré par les pustules sans sentiment ni ressentiment. La fumée des fours crématoires vole au-dessus de sa tête. Il voit. Il sait et traite la corvée de pommes de terre presque sur le même ton. Tout juste l’écriture s’anime-t-elle un peu à la question : « Pourquoi moi ? Qu’ai-je fait ? » Sans qu’une réponse soit apportée.

Être l’objet et non le sujet de sa propre histoire, c’est être privé de sa liberté et donc  de son humanité ; c’est « Être sans destin ». Suprême  atrocité.

 

 

 

Etre sans destin 2.jpgL’auteur : IMRE KERTÉSZ

Nationalité : Hongrie

Né(e) à : Budapest, le 9/12/1929

Biographie :

Imre Kertész est un écrivain hongrois.

Né dans une famille juive modeste, d'un père marchand de bois et d'une mère petite employée, Imre Kertész est déporté à Auschwitz en 1944, à l'âge de 15 ans, puis transféré à Buchenwald. Cette expérience douloureuse nourrit toute son œuvre, intimement liée à l'exorcisation de ce traumatisme. Ses ouvrages ouvrent une réflexion sur les conséquences dévastatrices du totalitarisme et de la solitude de l'individu, condamné à la soumission et une souffrance silencieuse.

 Revenu à Budapest en 1945, il se retrouve seul, tous les membres de sa famille ayant disparu. En 1948, il commence à travailler comme journaliste. Mais le journal dans lequel il travaille devient l'organe officiel du Parti communiste en 1951, et Kertész est licencié. Il travaille alors quelque temps dans une usine, puis au service de presse du Ministère de l'Industrie.

 Congédié à nouveau en 1953, il se consacre dès lors à l'écriture et à la traduction. La découverte de "L'Étranger" d'Albert Camus lui révèle, à 25 ans, sa vocation. La philosophie de l'absurde devient un modèle fondateur pour son œuvre. À partir de la fin des années 1950 et tout au long des années 1960, il écrit des comédies musicales pour gagner sa vie. Il traduit de nombreux auteurs de langue allemande comme Friedrich Nietzsche, Hugo von Hofmannsthal, Arthur Schnitzler, Sigmund Freud, Joseph Roth, Ludwig Wittgenstein et Elias Canetti qui ont une influence sur sa création littéraire.

Dans les années 1960, il commence à écrire "Être sans destin", récit d'inspiration autobiographique qui constitue le premier opus d'une trilogie sur la survie en camp de concentration. Il évoque notamment le point de vue de la victime dans l'histoire et son conditionnement occasionnel, voire banal, à l'entreprise de déshumanisation menée par l'Allemagne nazie. L'ouvrage ne peut paraître qu'en 1975, pour un accueil assez modeste. C'est seulement après sa réédition, en 1985, qu'il connaîtra le succès.

 Tenu à l'écart par le régime communiste, Kertész ne commence à être reconnu comme un grand écrivain qu'à la fin des années 1980. Il obtient en 2002 le prix Nobel de littérature, «pour une œuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire».

 

Mon avis :

Roman ? Autobiographie ? sans doute un peu des deux, surprenant par le ton, un sujet qui ne laisse pas indifférent et une manière de l’aborder atypique.

L’histoire est racontée par un jeune adolescent juif hongrois de 15 ans que l’on peut identifier comme l’auteur lui-même. Au début, c’est assez surprenant qu’un sujet aussi grave puisse être vécu et raconté avec la candeur naïve de ce jeune homme, avec une espèce d’insouciance ou d’inconscience. Il ne conçoit pas la haine que les gens ont pour les juifs.

Il semble même accepter cette situation, comme si elle était normale.

De l’insouciance, le récit bascule tout doucement dans l’horreur, ce jeune homme découvre la faim, les coups, la maladie, les blessures, la mort. Un jour il se rend compte de la déchéance physique et morale de ses compagnons, à un point tel qu’il ne reconnaît plus certain. Le récit bascule dans le réalisme, la prise de conscience mais en gardant une certaine candeur. La fin du récit est tout aussi troublante, inattendue et étonnante.

Un récit bouleversant, par un auteur qui mérite amplement son prix Nobel de littérature.

 

Etre sans destin 3.jpgEn marge du livre : La Shoah hongroise

 

Une victime sur dix de la Shoah, à savoir environ 550.000 personnes, était d'origine juive hongroise ou déporté de Hongrie. Le 19 mars 1944, quand les troupes allemandes ont occupé la Hongrie, la majorité des Juifs hongrois étaient encore en vie. Selon les données officielles du recensement de 1941 et selon des estimations fiables, 725.000 personnes de religion juive et environ 100.000 convertis (Juifs convertis à la foi chrétienne) vivaient en Hongrie. Jusqu'au 15 mai 1944, Adolf Eichmann et son Sondereinsatzcommando d'environ 200 personnes ont organisé la stigmatisation, la spoliation et l'enfermement en ghettos de plus de demi-million de Juifs, tout cela accompagné d'un soutien discipliné, parfois expressément zélé des autorités hongroises, à la joie d'une partie non négligeable de la population et à l'indifférence de la majorité. La déportation massive des Juifs hongrois a commencé le 15 mai 1944. En moyenne de 3 à 5 trains par jour quittaient le bassin carpatique et de 8.000 à 12.000 Juifs arrivaient chaque jour à Auschwitz. Le 6 juillet, pour des raisons et des considérations qui ne sont toujours pas claires, Miklós Horthy, le Régent de la Hongrie (21 mars 1920 - 15 octobre 1944), a arrêté les déportations. Eichmann, déçu, a quitté Budapest en août et il n'y est rentré qu'après la prise du pouvoir par les Croix-Fléchées (15-16 octobre 1944) pour organiser la déportation de plusieurs milliers de Juifs, en majorité à pied.

 

http://primus.arts.u-szeged.hu/legegyt/oktatok/Karsai_Las...

 

Extrait :

" Je n’aurais jamais cru, par exemple, que je me transformerais si vite en un vieil homme flétri. Au pays, il faut du temps  pour cela, cinquante ou soixante ans au moins ; au camp, trois mois pnt suffi pour que mon corps me trahisse. Je peux affirmer qu’il n’y a rien de plus pénible, de plus décourageant que de relever, de comptabiliser jour après jour ce qui meurt en nous. A la maison, même si je n’y accordais pas trop d’attention, j’étais dans l’ensemble en harmonie avec mon organisme, j’aimais – pour ainsi dire- cette machinerie. Je me rappelle un après-midi d’été, je lisais dans ma chambre un roman captivant pendant que ma main caressait avec une agréable distraction la peau docilement lisse de ma cuisse, brunie par le soleil, aux poils dorés, tendue sur mes muscles. A présent, cette même peau pendouillait, ridée, elle était jaune et desséchée, recouverte de toutes sortes d’abcès, de ronds bruns, de gerçures, de crevasses, de rugosités et de squames qui, surtout entre les doigts provoquaient des démangeaisons désagréables."

 

 Etre sans destin 4.JPGLe film : ETRE SANS DESTIN réalisé par Lajos KOLTAI

 Synopsis et détails

Gyuri Koves, dit "Gyurka", est un adolescent de 14 ans. Un jour, près de Budapest, il est arrêté par un policier hongrois. Après une longue attente, il est emmené vers une destination encore inconnue et qu'il a du mal à prononcer : Auschwitz-Birkenau. Gyurka est ensuite transféré de camp en camp. L'enfer commence. Gyurka, très malade, manque de mourir jusqu'à ce que le camp soit finalement libéré par les Américains.

Sur le chemin du retour vers Budapest, sa ville natale, toujours vêtu de ses habits rayés de prisonnier, Gyuri éprouve l'indifférence, voire l'hostilité de la population hongroise. Ses anciens voisins et amis le pressent d'oublier les terribles moments qu'il a passés dans les camps, sont gênés dès qu'il évoque son expérience et ses souvenirs du camp. Le jeune garçon est alors livré à lui-même pour comprendre ce qu'il lui est arrivé.

 

10/04/2015

LE FANTÔME DE STALINE

Staline 1.jpgQuatrième de couverture :

Les archives de l’ex-URSS étant désormais accessibles, il est maintenant possible de dresser un portrait plus précis de Staline, le tyran rouge. À la lumière d’une longue enquête, Vladimir Fédorovski apporte également un nouvel éclairage sur la personnalité ambiguë de Vladimir Poutine, l’homme fort de la Russie d’aujourd’hui, plus de quatre-vingt-dix ans après la révolution bolchévique. Un regard neuf sur la Russie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur : Vladimir Fédorovski

staline,urss,ivan le terrible,poutine,guerre,naziNationalité : Russie

Né(e) à : Moscou, le 27/04/1950

Biographie :

 Vladimir Fédorovski est un écrivain et ancien diplomate russe.

Vladimir Fédorovski a d'abord été élève à l'Institut d'État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Ayant acquis une parfaite connaissance des langues anglaise, française et arabe, il a commencé par travailler comme attaché à l'ambassade soviétique de Mauritanie, avant d'être nommé dans les années 1970 interprète au Kremlin, assistant Léonid Brejnev dans ses rencontres avec les dirigeants des pays arabes. En 1977, il est nommé à l'ambassade soviétique à Paris et en 1985, passe un doctorat d'État en histoire sur le rôle des cabinets dans l'histoire de la diplomatie française.

De retour à Moscou, il travaille au ministère des affaires étrangères comme chef de cabinet du vice-ministre Vladimir Petrovski (qui écrit les discours de Léonid Brejnev et du ministre Gromyko), et fait la connaissance d'Alexandr Iakovlev, émince de Gorbatchev et futur inspirateur de la perestroïka ; Fédorovski sera ensuite nommé conseiller diplomatique pendant la période de la glasnost. Partisan de Gorbatchev, il est porte-parole du Mouvement des réformes démocratiques pendant le putsch de Moscou d'août 1991, s'opposant à la ligne « dure » du Parti communiste.

Devenu écrivain, il enseigne à HEC depuis 1992, a été fait officier des Arts et des Lettres et a obtenu la nationalité française en 1995. Membre de la Société des auteurs de Normandie, il est également conseiller historique au Mémorial de Caen pour la période de la guerre froide, et a été distingué de plusieurs prix littéraires dont le prix d'histoire André Castelot en 2006. Il a publié son premier roman en 1997, Les Deux sœurs (Lattès), puis une série romanesque de l'histoire russe en trois volumes (Le Roman de Saint-Petersbourg, Le Roman de Moscou, et Le Roman de la Russie insolite) de 2003 à 2004 ; il dirige par ailleurs la collection « Le Roman des lieux magiques » des Éditions du Rocher et est Président d'honneur de la Fédération Française des Salons du livre.

 

 

Mon avis :

 En 280 pages, l’auteur résume l’histoire de l’URSS du XXème siècle, autant dire qu’il n’entre pas dans les détails. En fait les trois quarts du livre concernent Staline, il le qualifie de tsar rouge et le compare à Ivan le terrible. L’auteur s’attache à démontrer qu’il y a une certaine constante dans l’histoire russe, c’est celle du contrôle de la population par la terreur.

 Parallèlement, il nous raconte la vie de Boris Pasternak qui fut pratiquement l’unique intellectuel opposant à avoir été épargné par Staline qui appréciait le brillant écrivain.

Le livre laisse paraître aussi un Staline plus humain et plus cultivé que ce qu’on imaginait, le décrivant comme cultivé, passionné de ballets et de lecture.

Ce n’est qu’en toute fin du livre que Vladimir Poutine est évoqué, après avoir montré que le système « Staline », le système totalitaire s’est perpétué sous Khroutchev, Brejnev et Andropov (élimination des personnes gênantes). Poutine qui a su se servir du KGB et de ses contacts pour prendre le contrôle du pays.

Un livre d’histoire intéressant et très accessible.

 

 

Extrait :

Si la police secrète a toujours été au cœur de l’Etat russe, une autre tradition stalinienne veut qu’on ne lui permette jamais d’acquérir trop d’influence. Car un tsar qui s’appuierait exclusivement sur elle serait condamné. Le président a sans doute médité plus d’une fois sur le destin de Beria, éliminé dans des conditions dramatiques.

Poutine déclare pourtant chercher à rétablir les grands fiefs verticaux, mais au service d’une technocratie moderne, ouverte sur le marché mondial, et non plus seulement au service des grandes baronnies répressives du passé. En véritable manipulateur, il joue sur tous les tableaux : l’ex-KGB contre l’armée ou encore contre les oligarques.

Comprenant qu’il ne pourrait conserver la confiance de l’opinion, le soutien des services secrets et de l’armée qu’en prenant des mesures contre la corruption, dans ce pays où l’économie est largement criminalisée, il lance l’assaut contre celle-ci ;

 

 

En marge du livre :

 

Staline 3.jpgIVAN LE TERRIBLE :

Ivan IV, ou le Terrible, tsar de Russi , né en 1530, mort en 1584. Il n'avait que trois ans à la mort de son père Vasili III. La régence fut exercée par la mère d'Ivan, Hélène Glinskaïa, et après la mort de cette princesse par un conseil de boïars (de 1538 à 1547). Dès l'âge de treize ans, Ivan montra un comportement sanguinaire; exaspéré par les querelles de ses tuteurs, il en fit mettre à mort quelques-uns; il se plaisait à torturer les animaux, à galoper par les rues de Moscou avec une bande de jeunes débauchés, à écraser les passants.

En 1547, il prit solennellement le titre de tsar qui jusque-là avait été réservé aux empereurs byzantins ; il fit même répandre le bruit que le fondateur de la dynastie nationale Rurik descendait directement de l'empereur Auguste. Il accorda une influence considérable à la famille Glinsky; des révoltes éclatèrent. Sons l'influence du prêtre Sylvestre et du boïar Adachev, les farouches passions du jeune tsar semblèrent se calmer. De 1547 à 1560, il se montra relativement sage et humain.

http://www.cosmovisions.com/IvanIV.htm

 

Staline 4.jpgSTALINE :

 

Né à Gori (Géorgie) le 21/12/1879 ; Mort à Moscou (Russie) le 05/03/1953;

Homme fort de l’URSS pendant plus d’un quart de siècle, Staline fut l’un des acteurs majeurs de l’histoire contemporaine. « Petit père des peuples » et fondateurs des goulags, il est à la fois le grand vainqueur d’Hitler, le modernisateur de l’URSS et l’artisan d’une terreur généralisée dans son pays. Doté d’une réputation d’homme médiocre et peu cultivé, il déploie en réalité un talent exceptionnel pour parvenir au sommet du pouvoir et y rester. Peu importe si Lénine prônait son éviction, il se présente aux yeux du peuple comme le gardien du marxisme-léninisme face aux élites intellectuelles de la révolution. De même, bolchevique et géorgien, il n’hésite pas à jouer l’identification avec les grands tsars Ivan le Terrible ou Pierre le Grand pour s’approprier le nationalisme grand russe. Dénué de compétences militaires, il se laisse attribuer le bénéfice de la victoire sur l’ennemi nazi. En somme, Staline sait pervertir tout élément susceptible de renforcer sa prééminence dans l’Etat et l’emprise de l’Etat sur l’individu. Mais derrière les images du Staline « politique », architecte du totalitarisme, la vie de l’homme semble obscure. En fait, le « vojd », dont on affiche le portrait dans toutes les Républiques populaires, mène une vie austère et laborieuse qui se confond avec son seul objectif : le pouvoir. Manœuvrant dans l’ombre pour écarter ses ennemis, réprimant dans le sang toute menace pour son règne, Staline incarne, à l’instar de son « frère ennemi » Hitler, une image du tyran transposée au XXème siècle.

http://www.linternaute.com/biographie/staline/