06/01/2018

TROIS JOURS ET UNE VIE

roman noir, pierre lemaitre, disparition, tempêteQuatrième de couverture : "À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt.

Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Pour Antoine, qui fut au centre de ce drame, tout commença par la mort du chien…"

 

 

 

 

 

 

 

 

roman noir, pierre lemaitre, disparition, tempêteL'auteur : Pierre LEMAITRE

 Biographie : http://mesamisleslivres.skynetblogs.be/archive/2017/08/10/au-revoir-la-haut-2-8755005.html

Pierre Lemaitre est l'auteur de Travail soigné (éditions du Masque, 2006) prix du premier roman du festival de Cognac, Robe de marié (Calmann-Lévy, 2008) prix du Meilleur polar francophone, Cadres noirs (Calmann-Lévy, 2009) prix du Polar européen du Point, Alex (Albin Michel, 2010), Dagger international (2012), Sacrifices (Albin Michel, 2012) et Rosy & John (Livre de Poche, 2013). Au revoir là-haut, son dernier roman paru aux éditions Albin Michel, a reçu le prix France-Télévisions et le prix Goncourt 2013.

Ses romans sont traduits en trente langues et plusieurs sont en cours d'adaptation au cinéma et au théâtre.

Prix littéraires :

Alex , Prix des lecteurs du Livre de Poche-Polar - 2012

Cadres noirs, Prix LE POINT du polar européen - 2010

Robe de marié, Prix du Meilleur Polar Francophone - 2009

 

 

Mon avis : Après la découverte de "Au revoir là haut", prix Goncourt largement mérité, j'attaquais avec une certaine curiosité "Trois jours et une vie". Au final, un bon livre mais qui n'a ni la puissance, ni la créativité du précédent.

Une histoire attachante, bien contée, ce n'est pas vraiment un thriller tout en étant assez proche, parlons d'un roman noir psychologique.

L'auteur dépeint avec un talent certain l'atmosphère et les habitants d'une petite ville rurale, les réactions de ceux-ci quand des évènements tragiques surviennent, rumeurs, délations, soupçons, ...

Le récit fait la part belle (peut être un peu trop, ce qui entraîne certaines longueurs) au questionnement permanent du jeune Antoine qui a 12 ans quand un de ses actes aura des conséquences tragiques. On retrouve le "héros" 12 ans plus tard, un nouvel événement va changer toute sa vie puis 4 ans plus tard pour un final surprenant.

Pierre Lemaitre sait imaginer et raconter des histoires surprenantes, je n'en resterai pas là dans la découverte de cet auteur dont on dit le plus grand bien également dans le genre thriller.

 

roman noir, pierre lemaitre, disparition, tempêteEn marge du livre : les grandes tempêtes de 1999

Les deux tempêtes qui ont abordé la France en cette fin décembre 1999 on été très violentes : Lothar et Martin ont provoqué 140 victimes en Europe dont 92 en France; 3,5 millions de foyers ont été privés d'électricité; de très nombreuses habitations et une partie de notre patrimoine historique (Château de Versailles, Moulin de Valmy, Cathédrale de Rouen) ont été endommagés ; 138 millions de mètres cubes de bois ont été abattus c'est-à dire 17% de la forêt française.

Les vitesses de vent atteintes sont sans équivalence par leur force à l'intérieur des terres : jusqu'à 170 km/h en région parisienne et des rafales supérieures à 140 km/h de manière généralisée. Enfin sur les côtes les rafales ont atteint quasiment 200 km/h en Charente-Maritime. Avec de telles vitesses de vents, de nombreux anémomètres ont été détruits ou bloqués à leur maximum ce qui ne permet souvent pas de reporter les valeurs réellement enregistrées. Enfin, la surface touchée par ces deux tempêtes est sans commune mesure avec les précédentes tempêtes remarquables du XXème siècle.

Ces deux tempêtes de Noël 1999 sont classées comme "mémorables" du fait de leur étendue spatiale, de leur violence exceptionnelle : records de vent en rafale et de vent moyen battus dans de nombreuses stations, des dégâts impressionnants causés et du nombre de victimes. En France, 14 stations (Dinard, Evreux, Beauvais, Melun, Chateaudun, Orléans, Reims, Dijon, Saint-Dizier, Nancy-Ochey, Strasbourg, Colmar, Biscarosse et Pau) ont dépassé leur valeurs de vent séculaire, c'est-à-dire les valeurs d'une durée de retour de plus de 100 ans.

https://www.infoclimat.fr/historic-details-evenement-143-...

 

10/08/2017

AU REVOIR LÀ-HAUT (2)

J'avais publié en février 2016 mon avis concernant ce roman Pierre Lemaître, Prix Goncourt 2013 (http://mesamisleslivres.skynetblogs.be/archive/2016/02/11...). Aujourd'hui je reçois l'avis de Marie-Line, il vient compléter à bon escient la première publication.

 

Au_revoir_la_haut 0.jpgQuatrième de couverture : Rescapés du premier conflit mondial, détruits par une guerre vaine et barbare, Albert et Edouard comprennent rapidement que la pays ne pourra rien faire pour eux. Car la France, qui glorifie ses morts, est impuissante à aider les survivants.

Abandonnés, condamnés à l' exclusion, les deux amis refusent pourtant de céder à l' amertume ou au découragement. Défiant la société, l' Etat et la morale patriotique, ils imaginent une arnaque d' envergure nationale, d' une audace inouïe et d' un cynisme absolu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au_revoir_la_haut 1.jpgL'auteur : Pierre LEMAÎTRE

Pierre Lemaitre est un écrivain et scénariste français, né en 1951 à Paris.

Avant de se tourner vers l'écriture à temps plein, il enseigne aux adultes, et notamment aux bibliothécaires, la littérature française, américaine et la culture générale. Il a déjà plus de 50 ans lorsqu'il se fait connaître avec un premier roman. Il publie en 2006 "Travail soigné" aux éditions du Masque, et reçoit le Prix du premier roman du festival de Cognac. Son deuxième roman, "Robe de mariée", publié en 2009 chez Calmann-Lévy, reçoit plusieurs prix dont celui du meilleur polar francophone. L'auteur se fait remarquer par les amateurs du genre, et ses ouvrages sont des succès. Son troisième roman, "Cadres noirs" (2010), est un thriller qui reprend un fait social. Il reçoit le prix le Point du polar européen.

Par la suite, l'auteur publie coup sur coup "Alex" en 2011 chez Albin Michel (prix des lecteurs policiers du Livre de Poche), "Sacrifices" (2012), "Rosy et John" (2013). Ses polars sont reconnus à la fois par le public et la critique.

Son roman, "Au revoir là-haut" (2013), qui n'est pas un polar mais un roman picaresque, a reçu le prestigieux prix Goncourt. Pierre Lemaitre est aussi scénariste de feuilletons pour la télévision.

 

L'avis de Marie-Line :

Qu'écrire de plus qui n'a déjà été écrit sur ce roman? Et bien, disons qu'il m'a fallu plus d'1 an pour le lire! Commencé dix fois, dix fois il m'est tombé des mains, parce que le début du roman est très lent, au point qu'il m'a été difficile de m'attacher au moindre personnage. Et donc, "Au revoir là-haut a traîné longtemps sur la table de chevet sans m'appeler. Et puis, le Goncourt, les critiques dithyrambiques, les proches qui s'étonnent de ne pas me voir dévorer "ce livre exceptionnel", les "tu vas voir, Lemaître dénonce quand même quelque chose de scandaleux"... ont continué à titiller ma curiosité et j'ai repris ma lecture.

Et oui, c'est un roman intéressant, oui c'est bien écrit, oui il donne matière à réflexion, pourtant il a fallu plus de 200 pages avant que cette histoire m'accroche, avant que les personnages me touchent! Mais, à partir du moment où il fait mouche, ce roman vous happe et c'est vertigineux.

Je me réjouis de voir l'adaptation qu'en aura faite Albert Dupontel au cinéma!

 

Au_revoir_la_haut 2.jpghttps://youtu.be/mMVyKFjhMQE

        

 

 

 

 

 

En marge du roman:

Au_revoir_la_haut 3.jpgAu cœur de ce roman, deux scandales. Mais si l’un, une escroquerie aux monuments aux morts, est fictif, l’autre a bel et bien été inspiré par des faits véridiques survenus en 1920 et 1921. En cause : des milliers d’exhumations illégales de soldats morts au combat…

Les exhumations illicites des corps ont lieu en 1920 et 1921, le plus souvent exécutées par des personnes non formées à ce type de tâche. À l’absence de compétences se mêlent également des pratiques peu scrupuleuses, et même carrément scandaleuses : les familles veulent un corps, on leur en fournit un, et peu importe que le poilu exhumé ne soit pas le bon ! Encore plus choquant : les dépouilles, exhumées en général rapidement et sans trop de précautions en pleine nuit, ne sont parfois pas complètes, ou combinent les restes de morts différents ensevelis dans une même fosse lors des combats. Comble du cynisme, il arrive que les moins scrupuleux des entrepreneurs ou de leurs hommes de main ajoutent du sable dans les cercueils pour faire le poids. Le transport lui-même donne lieu à des mésaventures macabres comme le montre dans sa thèse Béatrix Pau en rapportant cette anecdote : « Sur une route départementale à six kilomètres de Compiègne, alors qu’un camion emportait à vive allure deux corps exhumés clandestinement, les cercueils tombèrent, par suite des cahots. Sous le choc, les bières se brisèrent et les ossements, désormais mélangés, furent éparpillés sur le chemin. Comme il faisait nuit noire, le conducteur ne ramassa pas les débris humains et prit la fuite. Les dépouilles furent découvertes et recueillies par le service de l’état-civil aux armées 12 heures plus tard. Or, en raison de l’état des cercueils et de la dispersion des ossements, il fut certainement impossible au service de l’état-civil d’identifier les corps qui, de facto, devinrent inconnus. »

Conformément à la loi de décembre 1915 instituant la création des grands cimetières militaires destinés à regrouper les poilus inhumés dans les multiples cimetières de fortune du front, ce sont au total les restes de 960 000 corps qui, en 1924, auront été exhumés par les autorités. Environ 240 000 ont été rendus aux familles, les autres étant ré-inhumés dans les nouvelles nécropoles. Entretemps, la loi du 29 octobre 1921 avait institué, aux frais de l’État, le droit au pèlerinage annuel pour les familles désireuses de se rendre sur la tombe de leur parent inhumé dans une sépulture perpétuelle (un droit qui, en 2014, est toujours en vigueur). Combien de soldats ont été exhumés illégalement durant ces années ? Impossible de le dire, mais le nombre s’élève sans doute à plusieurs milliers n’appartenant pas tous, loin s’en faut, à des familles aisées capables de supporter le coût de ces transferts illicites.

Malgré les menaces judiciaires qui, conformément à la loi, ont pesé sur ces parents, très peu de poursuites ont été engagées, les acteurs de la justice s’étant montrés sensibles à la détresse des familles. Il y a pourtant bien eu, ici et là, des « mercantis de la mort » et des parents condamnés, principalement à des amendes, mais ils ont été peu nombreux et ces condamnations ont principalement été prononcées lorsque les exhumations ont été faites dans des conditions telles qu’elles ont abouti, dans certaines fosses, à des mélanges des restes humains interdisant de facto toute identification sérieuse des corps demeurant inhumés.

Source : racontemoi1418.fr

 

11/02/2016

AU REVOIR LÀ-HAUT

la haut 1.jpgQuatrième de couverture : Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d'eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant devenu une "gueule cassée", est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, tous deux sont condamnés à l'exclusion.
Refusant de céder à l'amertume ou au découragement, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d'une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence... Et élever le sacrilège et le blasphème au rang des beaux-arts. Bien au delà de la vengeance et de la revanche de deux hommes détruits par une guerre vaine et barbare, ce roman est l'histoire caustique et tragique d’un défi à la société, à l'Etat, à la famille, à la morale patriotique, responsables de leur enfer.
Dans la France traumatisée de l'après guerre qui compte son million et demi de morts, ces deux survivants du brasier se lancent dans une escroquerie d'envergure nationale d'un cynisme absolu.

 

 

 

 

L'auteur : PIERRE LEMAITRE

La haut 2.jpgNationalité : France
Né(e) à : Paris , le 19/04/1951
Biographie :

Né à Paris, Pierre Lemaitre a beaucoup enseigné aux adultes, notamment les littératures française et américaine, l’analyse littéraire et la culture générale.
Il est aujourd’hui écrivain et scénariste. Il a rendu hommage à ses maîtres (James Ellroy, William McIlvanney, Bret Easton Ellis, Émile Gaboriau…) dans son premier roman, "Travail soigné", qui a obtenu le Prix Cognac en 2006.

"Alex", prix des lecteurs du livre de poche, deuxième volet de la trilogie Verhoenen renoue avec le style de narration de "Robe de marié"(2009), publié entretemps après "Travail soigné" (2006).
En 2010 sort "Cadres noirs" qui rompt avec le style de ses autres polars et qui s'inspire d'un fait réel survenu à France Télévisions.
Le troisième volet de la trilogie "Sacrifices" est sorti en octobre 2012.
"Les grands moyens" est une nouvelle aventure de Camille Verhoeven, en marge de la trilogie.
En 2013 sort "Au revoir là haut", récompensé du Prix Goncourt 2013 et prochainement adapté au cinéma par Albert Dupontel.
En 2016, Lemaitre renoue avec le roman noir avec Trois jours et une vie qui raconte la destinée d'un jeune assassin de 12 ans.
"Alex" sera adapté au cinéma prochainement par le producteur américain James B. Harris.


Mon avis : la critique d'une amie commençait ainsi : "Quel roman !! Dès les premières pages, on est captivés par ce récit hors normes", tandis qu'un ami l'exprimait ainsi : "quel bouquin ! dramatique, jouissif, historique, superbe quoi !"
Je suis entièrement d'accord avec eux, quel très bon moment de lecture. Je dois dire que j'apprécie vraiment ces écrivains qui ont une imagination extraordinaire pour nous sortir un récit qui ne l'est pas moins.
Un roman étonnant qui nous fait découvrir sous un angle particulier la guerre 14-18 et plus particulièrement les faits qui se sont passés dès l'Armistice signée. Le fond de ce roman est donc en partie historique, l'écrivain s'est très bien documenté, notamment sur le scandale des exhumations militaires.
C'est à la fois dramatique et particulièrement désopilant avec des personnages bien campés et une satire acide de la haute bourgeoisie.
Il y a le lieutenant un aristocrate dont la famille est ruinée et la gentilhommière en état de délabrement avancé. Il n'a qu'un but dans la vie c'est de retrouver le lustre et la dignité de sa famille et ce sans aucun scrupule, une vie, ni une mort n'a de valeur pour lui.
Il y a les deux héros Albert et Edouard, rescapés de la guerre mais l'un en sauvant l'autre y a perdu la moitié du visage. Edouard est un fils de la haute bourgeoisie tandis qu'Albert, petit comptable sans prétention, a un cœur d'or mais il ne sait prendre aucune décision. Ils forment un couple attendrissant, ils n'attendent pas grand chose de la France, sont désœuvrés, ils vont se venger de la société en mettant au point une arnaque extraordinaire.
Et puis il y a tous les personnages secondaires, le fonctionnaire vétilleux, le maire qui n'y comprend rien, le gros bourgeois et ses amis politiques, la petite bonne aguichante, etc. tous de véritables caricatures.
Le genre de livre qu'on a difficile à quitter, on veut connaître la suite et encore la suite puis on se rend compte à regrets qu'on est au bout des 560 pages.


En marge du livre : La violation des sépultures militaires, 1919-1920


la haut 3.jpgDès la cessation des hostilités le vœu le plus cher de la majorité des familles éprouvées par un deuil de guerre fut de ramener le corps de leur parent mort au feu afin de l’inhumer dans le cimetière communal. Or le gouvernement, qui avait interdit dès le 19 novembre 1914 l’exhumation et la restitution des corps des militaires morts au feu, maintint cette mesure après guerre. Cette prolongation suscita le mécontentement d’un grand nombre de familles. Aussi certains parents, estimant avoir trop attendu et pensant avoir le droit de reprendre leur mort, n’hésitèrent pas à outrepasser à la loi et ramenèrent clandestinement les restes mortels de l’être aimé. Les années 1919 et 1920 furent donc marquées par la violation des sépultures militaires par des parents éprouvés par le deuil et dont le but était de ramener le corps à tout prix. Bafouant la loi et parfois la morale, ils firent appel à des mercantis de la mort ou procédèrent eux mêmes aux opérations. Face à ces exhumations et transports clandestins, la politique de l’État oscilla entre prévention et sanction, mais ces actes illégaux ne furent pas enrayés pour autant.

http://rha.revues.org/6980