10/12/2017

LA SOLITUDE DES NOMBRES PREMIERS

roman, Paolo Giordano, solitude, mal-être, ItalieQuatrième de couverture : Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d'en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l'autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s'éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu'Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

roman, Paolo Giordano, solitude, mal-être, ItalieL'auteur : Paolo GIORDANO

Nationalité : Italie, né à : Turin , le 19/12/1982

Paolo Giordano est un écrivain italien contemporain. Il vit à San Mauro Torinese dont il est originaire. Son père est gynécologue et sa mère enseignante d'anglais.

Diplômé au Lycée scientifique public « Gino Segré », à Turin, il présente une thèse en physique des interactions fondamentales à l'Université de Turin, où il étudie les propriétés des quark bottom.

Auteur du roman La solitudine dei numeri primi (La Solitude des Nombres Premiers ) édité par Mondadori en janvier 2008, il remporte la même année le prix Campiello « première œuvre » et le prix Strega : à 26 ans, il devient le plus jeune auteur à avoir été couronné pour ce prix important de la littérature italienne.

 

Mon avis :  "Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivait de se dire qu'ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu'ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais il songeait aussi que ces nombres auraient peut-être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu'ils n'en étaient pas capables. Cette seconde pensée l'effleurait surtout le soir, dans l'entrelacement chaotique d'images qui précède le sommeil, quand l'esprit est trop faible pour se raconter des mensonges."

Cet extrait résume on ne peut mieux le thème principal du livre, le mal vivre, la solitude des gens différents. Mattia est un surdoué, traumatisé par la disparition de sa soeur jumelle handicapée, réfugié dans l'abstraction des mathématiques, Alice est traumatisée par son handicap physique suite à un accident de ski, elle est anorexique, ils ne trouvent pas leur place dans la société, ils vivent dans leur bulle. Le roman se décline en 5 périodes de la vie de Mattia et Alice, de l'adolescence à l'âge adulte, c'est dans un style concis et incisif que l'auteur conte ce récit, pas besoin de longues description, le ton est simple, percutant, direct.

D'autres thèmes viennent s'ajouter superficiellement à ce récit, le harcèlement à l'école, l'homosexualité, l'automutilation.

Un excellent roman qui se dévore rapidement.

 

En marge du livre : Les signes du mal-être des adolescents

Coup de blues, cafard, déprime, moral dans les chaussettes… Certains parents ont tendance à amoindrir, voire sous-estimer le ressenti de leur ado dans une période où il connaît de profonds changements physiques et psychologiques. « Ce n’est pas grave, ça ira mieux demain. Pense à ton bac, à tes examens… »

Pourtant, les idées noires ne sont pas à prendre à la légère. Chez les jeunes les plus fragiles, elles peuvent conduire à une véritable dépression ou à commettre un acte irréparable pour mettre un terme à leur souffrance.

http://www.lemauricien.com/article/souffrance-les-signes-du-mal-etre-des-adolescents

 

Un film a été tiré de ce roman :La solitude des nombres premiers

solitude 03.jpgDe Saverio Costanzo, avec Alba Rohrwacher, Luca Marinelli, Martina Albano

Synopsis : 1984, 1991, 1998, 2007. Autant d'années qui séparent la vie de Mattia et d'Alice. Deux enfances difficiles, bouleversées par un terrible événement qui marquera à jamais leur existence. Entre leurs amis, leur famille et leur travail, Mattia et Alice sont malgré eux rattrapés par leur passé. La conscience d'être différent des autres ne fait qu'augmenter les barrières qui les séparent du monde, les menant à un isolement inévitable, mais conscient.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19196275&a...

28/11/2017

MILLE FEMMES BLANCHES

cheyennes 01.jpgQuatrième de couverture : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles... L'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auteur : Jim FERGUS

Cheyennes 02.jpgNationalité : États-Unis, né à : Chicago, Illinois , le 23/03/1950

Né d'une mère française et d'un père américain, Jim Fergus, chasseur, pêcheur, et cuisinier hors pair, est chroniqueur dans de nombreux journaux américains.

Ses parents décèdent alors qu'il a 16 ans et il part vivre dans le Colorado ou il poursuit ses études. Il vivra ensuite en Floride où il est professeur de tennis avant de revenir dans le Colorado en 1980.

Il s'installe dans la petite ville de Rand, qui compte treize habitants, pour se consacrer exclusivement à l'écriture.

Il publie en tant que journaliste de nombreux articles, essais ou interviews dans la presse magazine et collabore à des journaux. Son premier livre, A Hunter's Road (Espaces sauvages), mémoire de voyage et de sport, paraît en 1992.

Son premier roman, One Thousand White Women (Mille femmes blanches), l'histoire de femmes blanches livrées aux indiens par le gouvernement américain pour partager leur vie, est publié aux États-Unis en 1998 et rencontre le succès.

Il a sillonné seul avec ses chiens le Middle West, pendant plusieurs mois, sur les pistes des Cheyennes, afin d'écrire ce livre.

Son second roman The Wild Girl (La Fille sauvage), paraît en 2005, celui-ci raconte cette fois l'histoire d'une Apache enlevée à sa tribu en 1932.

Il a ensuite publié Marie Blanche en 2011, l'histoire de sa propre famille à travers celles de sa mère et de sa grand-mère et en 2013 "Chrysis", l'histoire (authentique) d'une jeune peintre Gabrielle Jungbluth dans le Montparnasse des années vingt.

En 2016, il publie "La vengeance des mères".

site officiel: http://www.jimfergus.com/

 

 

Mon avis : A partir d'un fait réel, et c'est le seul fait historique de ce roman, la rencontre entre le chef cheyenne Little Wolf et le président Grant, Jim Fergus imagine une histoire assez rocambolesque et originale, le troc de mille femmes blanches contre mille chevaux.

Un roman de fiction tout à fait savoureux, à la fois drôle, émouvant et dramatique. A travers ce récit, l'auteur nous fait découvrir, les us et coutumes des indiens cheyennes, leurs croyances, l'organisation de leur société, la place des femmes dans celle-ci, leur culture, leur vie en symbiose avec une nature généreuse, leur cruauté ou leur extrême respect du prochain. Toute une galerie de portraits de femmes, plus attachantes les unes que les autres, qui ont quitté de leur plein gré la civilisation et qui découvrent la vie des "sauvages".

Jim fergus se place du côté des indiens, défend leur cause, ce peuple épris de liberté qui vit dans une nature d'une grande beauté, ce peuple de chasseurs qui vit dans des terres qui regorgent de gibier, pourquoi accepterait-il d'aller vivre dans une réserve et devenir des agriculteurs ?

Un très bon moment de lecture, présenté sous la forme d'un journal écrit par une de ces femmes, tellement réaliste qu'on doute si c'est la réalité ou la fiction.

 

 

En marge du livre : Les Cheyennes

cheyennes 06.jpgLe nom "Cheyenne" vient du sioux "Sha-iye-na" qui veut dire "parle rouge", un nom par lequel les Sioux désignaient un peuple de langue étrangère. Les Cheyennes s'appelaient eux-mêmes "Tsistsistas" qui signifie "Notre Peuple". Le dialecte cheyenne, dont ils sont très protecteur, appartient à la famille des Algonquins. Leur alphabet contient 14 lettres.

Les Cheyennes ont souvent été considérés comme les plus fiers et les plus braves parmi les Indiens des Plaines, peut-être seulement égalé au Crows. Les Cheyennes étaient connu pour la vertu et la beauté de leurs femmes.

La nation cheyenne a été l'une des tribus indiennes qui s'est battue avec le plus de courage et d'opiniâtreté pour protéger ses terres contre l'invasion blanche et sauvegarder son mode de vie.

Les Cheyennes sont des Algonquins originaires du sud des Grands Lacs. A la fin du XVIIè siècle, ils se déplacèrent vers l'Ouest, atteignant le Missouri. Les Arapahos, leurs alliés, suivirent la même route. Installés le long du Haut Missouri et de ses affluents, ils pratiquèrent l'agriculture autour de leurs villages.

http://www.les-cheyennes.ch/F_tribu.html

19/11/2017

LA LETTRE QUI ALLAIT CHANGER LE DESTIN D'HAROLD FRY

roman, Rachel Joyce, angleterre, coupleQuatrième de couverture : Il aura suffit d'une lettre - la lettre d'adieu d'une amie qui se meurt-pour jeter Harold Fry sur les routes d'Angleterre. Quelques sous en poche, une paire de chaussures bateau et l'espoir de la revoir une fois encore...

Cottage après cottage, bocage après bocage, Harold marche, persuadé que tant qu'il avance, son amie vivra. Il marche et repense à sa vie, Mille kilomètres parcourus pour que le destin d'Harold Fry rejoigne celui de sa femme, son fils, son amie, et tous ceux qu'il croise sur sa route.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

roman, Rachel Joyce, angleterre, coupleL'auteur : Rachel JOYCE

Nationalité : Royaume-Uni, née à : Londres , 1962

Rachel Joyce a été pendant plus de vingt ans scénariste pour la radio (BBC Radio 4), et la télévision (BBC2), et comédienne de théâtre, récompensée par de nombreux prix.

Elle écrit "La lettre qui allait changer le destin d’Harold Fry arriva le mardi…" (The Unlikely Pilgrimage of Harold Fry, 2012) dans la douleur et la rage alors que son père était en phase terminale.

Dès sa parution, il est en tête des ventes en Angleterre et connait un gros succès international (traduit en 29 langues, il s'est vendu à 120 000 exemplaires en France). Elle reçoit en 2012 le prestigieux National Book Award.

"Deux secondes de trop" (Perfect, 2013) est son second roman.

Rachel Joyce vit en Angleterre, dans une ferme du Gloucestershire, avec sa famille.

site officiel : http://www.rachel-joyce.co.uk/

 

 

Mon avis : un roman assez savoureux qui alterne l'humour et le tragique.

Harold Fry est un homme insipide, incolore et inodore, toute sa vie s'est déroulée ainsi dans une espèce d'indifférence générale. Sa vie de couple depuis 20 ans est une sorte de traversée du désert, sa femme Maureen s'est enfermée dans une véritable carapace depuis la disparition de leur fils.

A la pension depuis 6 mois, il reçoit cette fameuse lettre à laquelle il décide de répondre et en allant la poster il prend une décision instantanée et irréfléchie, il ira la porter à sa destinataire à l'autre bout de l'Angleterre. Il n'est ni préparé physiquement, ni équipé, il n'a ni gsm, ni carte ainsi commence son périple de 87 jours.

Le début de l'histoire à l'humour très anglais m'a fait penser à Mr Bean sur la route, c'est léger et amusant mais au fil des kilomètres Harold se remémore son passé, ses erreurs, les incompréhensions et cela tourne tout doucement au tragique.

Harold qui a enfin pris une décision dans sa vie, trouve un nouveau bonheur, fait des rencontres empreintes d'admiration et d'amitié, il redécouvre la nature, la vie en plein air.

De son côté Maureen vit mal l'absence de ce mari qu'elle ignorait, elle aussi se remémore le bonheur passé et rêve de retrouver une nouvelle vie.

L'auteur aborde les problèmes de couple avec beaucoup d'authenticité et de simplicité, c'est distrayant, à la fois amusant, tendre et triste.

 

 

En marge du livre : Berwick upon Tweed

roman, Rachel Joyce, angleterre, coupleBerwick-upon-Tweed, ou simplement Berwick, est une commune britannique située dans le comté de Northumberland. Elle est la ville la plus au nord de l'Angleterre, sur la côte Est, à l'embouchure de la Tweed. Elle est ainsi située à 4 km au sud de la frontière écossaise.

La ville a été fondée à l'époque du royaume anglo-saxon de Northumbrie, au Haut Moyen Âge. Le site a joué un rôle central dans les guerres qui ont opposé l'Angleterre et l'Écosse pendant des siècles ; la dernière fois que la ville a changé de main fut en 1482 quand les Anglais l'ont reconquise. Selon les historiens, elle a changé 13 fois de main au cours des siècles1.

Berwick est une ville traditionnelle, connue pour son marché et pour ses quelques particularités architecturales, en particulier ses remparts de défense, son château médiéval et ses casernes.