05/10/2017

LES DÉLICES DE TOKYO

Tokyo 01.jpgQuatrième de couverture : « Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayakis, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d'embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu'elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l'écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

Prix des lecteurs du "livre de poche" 2017.

 

 

 

Tokyo 02.jpgL'auteur : SUKEGAWA Durian

 

Nationalité : Japon, né à  Tokyo , 1962

Biographie :

Artiste éclectique, Durian Sukegawa est poète, écrivain et clown, diplômé de philosophie et de l'École de pâtisserie du Japon. D'abord scénariste, il fonde en 1990 la Société des poètes qui hurlent, dont les performances alliant lecture de poèmes et musique punk défraient la chronique.

De 1995 à 2000, il anime sur les ondes d'une radio nationale une émission nocturne plébiscitée par les collégiens et les lycéens.

Il est l'auteur de nombreux romans et essais. "Les délices de Tokyo" est son premier livre traduit en français. Il a été adapté pour le cinéma par Naomi Kawase.

 

 

 

Mon avis : Une belle histoire, un peu comme un conte philosophique, un roman qui se consomme calmement comme les fameux dorayakis de Sentarô.

Un roman empreint de douceur et d'humanité, de poésie et de tendresse, une belle leçon de vie. Pas de sexe, pas de sang, ni hypocrisie, ni perversité, un roman tout en délicatesse, un roman d'amitié, de tristesse, d'espoir et de tolérance.

C'est court, c'est vite lu, c'est touchant, sans doute aurais-je aimé des doryakis un peu moins guimauve et un peu plus salés.

 

Tokyo 05.pngEn marge du livre :

Le film tiré du livre a fait l'ouverture de la section "un certain regard" à Cannes en 2015.

 Naomi Kawase signe une ode à la cuisine et la vie, en toute simplicité. Délicieux.

Les délices de Tokyo", dixième long métrage de Naomi Kawase, a la saveur de la gâterie culinaire qui lui donne son titre original, en japonais : "An". L’"an" est cette pâte confite de haricots rouges dont sont friands les Japonais et avec laquelle les pâtissiers nippons fourrent les dorayakis, petites crêpes épaisses. A l’instar de l’écriture de Sukegawa, simple et sans fioriture, la mise en scène de Kawase est limpide et claire. Ce qui n’exempt pas la poésie, avec un art consommé de la contemplation de la nature, des choses et des êtres. Le recours à des images muettes filmées en Super 8 reflète la tempérance de la méditation intérieure, qui sied bien au propos comme à la figure de Tokue. La réalisatrice signe ce qui est à ce jour son film le plus accessible au grand public - et au public familial. Garanti sans arôme artificiel, durable et à consommer sans modération.

Bande annonce du film : https://youtu.be/k_ySsqUptJs

02/10/2017

LE COMPLEXE D'EDEN BELLWETHER

Eden 1.jpgQuatrième de couverture : Cambridge, de nos jours. Un soir, en passant dans le campus après le travail, Oscar, aide-soignant,  est attiré par les sons de l'orgue provenant de la chapelle de King's College. Subjugué malgré lui, il ne peut maîtriser un sentiment d'extase. Dans l'assemblée, une jeune femme capte son attention. Iris n'est autre que la sœur de l'organiste prodige, Eden Bellwether. Introduit par Iris dans leur cercle d’amis, Oscar va découvrir la passion exclusive d’Eden pour la musique baroque et ses conceptions étranges sur l’usage hypnotique de son art.

Un premier roman magistral sur les frontières entre génie et folie, la manipulation et ses jeux pervers.

 

 

 

 

 

 

 

Eden 2.jpgL'auteur : Benjamin WOOD

Nationalité : Royaume-Uni

Biographie :

Benjamin Wood, né en 1981, a grandi dans le nord-ouest de l’Angleterre.

 

Son livre "Le Complexe d'Eden Bellwether" connait un grand succès et il a été bien accueilli par la critique et a obtenu le Prix roman "FNAC" 2014.

 

Mon avis : Eden Bellwether est un être étrange, soit un génie, soit un malade mental, organiste hors pair, la musique baroque n'a pas de secret pour lui,  étrange et mystique, il prétend soulager la douleur voir guérir par la musique, il est persuadé qu'il détient un pouvoir particulier.

C'est dans cet univers que l'auteur nous entraîne, la musicothérapie, l'hypno thérapie, la psychiatrie et il maîtrise son sujet de main de maître. Le décor : typiquement anglais, l'université de Cambridge, les étudiants bourgeois de bonne famille, une famille très aisée et Oscar, aide soignant qui a quitté l'école pour quitter sa vie de famille et commencer une nouvelle vie.

Dans un style fluide, Benjamin Wood arrive à nous tenir en haleine tout au long des pratiquement 500 pages du récit, un genre de thriller psychologique mais sans véritable suspens.

Un premier roman très abouti, même si je ne comprendrai jamais pourquoi il faut révéler l'issue dans un prélude de 2 pages qu'on oublie heureusement rapidement. J'ai été moins convaincu par la fin de l'histoire, comme si l'auteur avait quelques difficultés à y mettre le point final.

L'auteur s'est inspiré de textes sur  la personnalité narcissique, sur l'esthétique musicale et sur un article de Andi Rierden concernant l'hypnose.

Benjamin Wood cite John Dryden : "Les grands esprits sont sûrement de proches alliés de la folie, et de minces cloisons les en séparent."

Un livre attachant et comme dit Marine Landrot dans Télérama : "Un livre diabolique, impossible à lâcher".

 

 

Eden 5.jpgEn marge du livre : La musicothérapie

La musicothérapie utilise le son et la musique sous toutes ses formes, en tant que moyen d'expression et de communication. Elle a pour but de rétablir et de maintenir la santé psychique et physique. Il s'agit d'une approche globale qui met en jeu le corps, la sensorialité, l'affectivité ainsi que les facultés intellectuelles et mentales.

En musicothérapie, le son et la musique constituent les médiateurs dans la relation entre le patient et le musicothérapeute. Le recours à l'expression musicale distingue la musicothérapie des autres formes de thérapie. Cette particularité se fonde, entre autres, sur les qualités de pénétration et de contact du son, tels que rythme, mélodie, etc ; sur ses effets physiologiques ; sur son pouvoir d'évocation, d'association et d'éveil des émotions ; sur son potentiel de stimulation de la créativité et d'accès à une dimension spirituelle.

http://www.convergences.ch/?sit=musico

 

09/09/2017

UNE PROMESSE

promesse 1.jpegQuatrième de couverture : Nous sommes en Mayenne, une maison à l'orée d'un village. Tout est silencieux, les volets fermés et la porte close. Nuit et jour pourtant, sept amis en franchissent le seuil. Les uns après les autres, chacun son tour et chacun sa tâche. S'accomplit ainsi le serment de sept âmes sombres: la parole donnée pour retarder le deuil.
Voici l'histoire d'un mystère et d'une fraternité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

promesse 2.jpgL'auteur : Sorj CHALANDON

Sorj Chalandon est un journaliste et écrivain français né le 16 mai 1952. Membre de la presse judiciaire, grand reporter puis rédacteur en chef-adjoint au quotidien Libération de 1974 à février 2007, il a couvert de nombreux conflits - en Irlande du Nord, notamment - ainsi que le procès de Klaus Barbie ; des reportages qui lui ont valu le prestigieux prix Albert-Londres en 1988. Aujourd’hui, Sorj Chalandon a rejoint la rédaction du Canard Enchaîné .

Ecrivain, il a publié tous ses romans, tous chez Grasset, tous salués par la critique et tous couronnés de prix… Son premier ouvrage Le Petit Bonzi qui raconte l’histoire (autobiographique…) d’un enfant bègue dans les années 60 à Lyon reçoit deux prix du premier roman. Suivront le Prix Médicis pour Une promesse en 2006, puis le Prix Joseph-Kessel en 2008 pour Mon traître un roman autour de la trahison de Denis Donaldson, figure emblématique de l’IRA.

En 2011, paraît Retour à Killibegs , qui se déroule toujours en Irlande du Nord, toujours autour de la trahison, mais évoquée cette fois du point de vue du traître, et qui obtient le Grand Prix du roman de l’Académie française . Pour la rentrée littéraire de septembre 2013, Chalandon rompt avec l’Irlande mais pas avec la guerre… et nous emmène au Liban, avec Le Quatrième Mur .

Suite de la biographie.http://mesamisleslivres.skynetblogs.be/archive/2016/10/25...

 

 

Mon avis : C'est le troisième roman de Sorj Chalandon et encore une fois je suis ravi du style, de la forme et de la construction du récit. Les 2 premiers romans que j'ai lus étaient fondamentalement différents, celui-ci l'est tout autant.

Une chronique douce amère avec comme thèmes, l'amitié, l'oubli, la mort, le deuil. Un espèce de huis clos fraternel, il ne s'y passe pas grand chose mais l'auteur arrive avec son style imagé à tenir l'attention du lecteur et un peu le mystère.

Ce roman a obtenu le prix Médicis en 2006.

 

 

Extrait : "Ils venaient en troupe bruyante et rieuse pour écouter Etienne leur raconter un livre. Ils ne lisaient pas, ou peu. Ils s'asseyaient par terre et Etienne ouvrait pour eux le secret de ses pages. Il lisait. Il lisait doucement pour capturer leur attention, puis leurs yeux, puis leur silence. Il lisait dix pages, jamais plus. Il lisait en mettant le ton. Il chaloupait l'océan, il soufflait le vent, il ricanait le chacal, il croassait le corbeau. Lorsqu'un coup de feu éclatait, ils sursautaient à la force du bruit. Etienne marchait. Il lisait en parcourant la pièce. Il tournait le dos, il revenait, il appuyait certains mots et tremblait certains autres. Il regardait un à un ces enfants de la terre, il les aimait, il en était. Pour eux il tournait chaque page comme on ouvre un rideau et quand il était temps, lorsqu'il était trop soir, ou qu'il allait pleuvoir, ou qu'il fallait rentrer, il murmurait un mot, comme une voix qui s'éteint d'avoir été brûlante. C'était ainsi chaque fois. Pour qu'ils soient de retour la semaine suivante, au moment d'anxiété, à l'instant de savoir, juste avant la réponse que tous attendaient, il refermait le livre et disait au revoir."

 

En marge du livre : La vie du personnage principal a été bouleversée par la grande tempête de 1930.

promesse 5.jpgLa Tempête de 1930, un drame sans précédent.

Pour Étel, l'année 1930 reste marquée d'une pierre noire. « Les mois de juillet et d'août s'avèrent décourageants pour la pêche : le thon ne monte pas », explique Michel Le Leuch.

Les premiers jours de septembre apportent du baume au coeur : les dundées sortis à la toute fin d'août rentrent avec de bonnes prises. « Un grand nombre de voiliers des ports thoniers bretons et vendéens reprennent la mer vers le sud de l'Irlande, raconte Michel Perrin. Une flotte de plus de 200 voiliers se retrouve en pêche dans ces parages le 17 septembre. »

Et la tempête se leva.

Le 18 septembre en fin d'après-midi, le vent a fraîchi brusquement. « Sa violence est telle qu'à 1 h du matin le 19 septembre l'aiguille de l'anémomètre du phare du Créac'h, à Ouessant, se bloque sur le maximum enregistrable à l'époque, 199 km/h, relate Michel Le Leuch. Elle restera dans cette position toute la journée et ne la quittera que le 20 en début de soirée ».

La suite est ici : http://www.ouest-france.fr/bretagne/etel-56410/la-tempete-de-1930-un-drame-sans-precedent-4403616