10/08/2017

AU REVOIR LÀ-HAUT (2)

J'avais publié en février 2016 mon avis concernant ce roman Pierre Lemaître, Prix Goncourt 2013 (http://mesamisleslivres.skynetblogs.be/archive/2016/02/11...). Aujourd'hui je reçois l'avis de Marie-Line, il vient compléter à bon escient la première publication.

 

Au_revoir_la_haut 0.jpgQuatrième de couverture : Rescapés du premier conflit mondial, détruits par une guerre vaine et barbare, Albert et Edouard comprennent rapidement que la pays ne pourra rien faire pour eux. Car la France, qui glorifie ses morts, est impuissante à aider les survivants.

Abandonnés, condamnés à l' exclusion, les deux amis refusent pourtant de céder à l' amertume ou au découragement. Défiant la société, l' Etat et la morale patriotique, ils imaginent une arnaque d' envergure nationale, d' une audace inouïe et d' un cynisme absolu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au_revoir_la_haut 1.jpgL'auteur : Pierre LEMAÎTRE

Pierre Lemaitre est un écrivain et scénariste français, né en 1951 à Paris.

Avant de se tourner vers l'écriture à temps plein, il enseigne aux adultes, et notamment aux bibliothécaires, la littérature française, américaine et la culture générale. Il a déjà plus de 50 ans lorsqu'il se fait connaître avec un premier roman. Il publie en 2006 "Travail soigné" aux éditions du Masque, et reçoit le Prix du premier roman du festival de Cognac. Son deuxième roman, "Robe de mariée", publié en 2009 chez Calmann-Lévy, reçoit plusieurs prix dont celui du meilleur polar francophone. L'auteur se fait remarquer par les amateurs du genre, et ses ouvrages sont des succès. Son troisième roman, "Cadres noirs" (2010), est un thriller qui reprend un fait social. Il reçoit le prix le Point du polar européen.

Par la suite, l'auteur publie coup sur coup "Alex" en 2011 chez Albin Michel (prix des lecteurs policiers du Livre de Poche), "Sacrifices" (2012), "Rosy et John" (2013). Ses polars sont reconnus à la fois par le public et la critique.

Son roman, "Au revoir là-haut" (2013), qui n'est pas un polar mais un roman picaresque, a reçu le prestigieux prix Goncourt. Pierre Lemaitre est aussi scénariste de feuilletons pour la télévision.

 

L'avis de Marie-Line :

Qu'écrire de plus qui n'a déjà été écrit sur ce roman? Et bien, disons qu'il m'a fallu plus d'1 an pour le lire! Commencé dix fois, dix fois il m'est tombé des mains, parce que le début du roman est très lent, au point qu'il m'a été difficile de m'attacher au moindre personnage. Et donc, "Au revoir là-haut a traîné longtemps sur la table de chevet sans m'appeler. Et puis, le Goncourt, les critiques dithyrambiques, les proches qui s'étonnent de ne pas me voir dévorer "ce livre exceptionnel", les "tu vas voir, Lemaître dénonce quand même quelque chose de scandaleux"... ont continué à titiller ma curiosité et j'ai repris ma lecture.

Et oui, c'est un roman intéressant, oui c'est bien écrit, oui il donne matière à réflexion, pourtant il a fallu plus de 200 pages avant que cette histoire m'accroche, avant que les personnages me touchent! Mais, à partir du moment où il fait mouche, ce roman vous happe et c'est vertigineux.

Je me réjouis de voir l'adaptation qu'en aura faite Albert Dupontel au cinéma!

 

Au_revoir_la_haut 2.jpghttps://youtu.be/mMVyKFjhMQE

        

 

 

 

 

 

En marge du roman:

Au_revoir_la_haut 3.jpgAu cœur de ce roman, deux scandales. Mais si l’un, une escroquerie aux monuments aux morts, est fictif, l’autre a bel et bien été inspiré par des faits véridiques survenus en 1920 et 1921. En cause : des milliers d’exhumations illégales de soldats morts au combat…

Les exhumations illicites des corps ont lieu en 1920 et 1921, le plus souvent exécutées par des personnes non formées à ce type de tâche. À l’absence de compétences se mêlent également des pratiques peu scrupuleuses, et même carrément scandaleuses : les familles veulent un corps, on leur en fournit un, et peu importe que le poilu exhumé ne soit pas le bon ! Encore plus choquant : les dépouilles, exhumées en général rapidement et sans trop de précautions en pleine nuit, ne sont parfois pas complètes, ou combinent les restes de morts différents ensevelis dans une même fosse lors des combats. Comble du cynisme, il arrive que les moins scrupuleux des entrepreneurs ou de leurs hommes de main ajoutent du sable dans les cercueils pour faire le poids. Le transport lui-même donne lieu à des mésaventures macabres comme le montre dans sa thèse Béatrix Pau en rapportant cette anecdote : « Sur une route départementale à six kilomètres de Compiègne, alors qu’un camion emportait à vive allure deux corps exhumés clandestinement, les cercueils tombèrent, par suite des cahots. Sous le choc, les bières se brisèrent et les ossements, désormais mélangés, furent éparpillés sur le chemin. Comme il faisait nuit noire, le conducteur ne ramassa pas les débris humains et prit la fuite. Les dépouilles furent découvertes et recueillies par le service de l’état-civil aux armées 12 heures plus tard. Or, en raison de l’état des cercueils et de la dispersion des ossements, il fut certainement impossible au service de l’état-civil d’identifier les corps qui, de facto, devinrent inconnus. »

Conformément à la loi de décembre 1915 instituant la création des grands cimetières militaires destinés à regrouper les poilus inhumés dans les multiples cimetières de fortune du front, ce sont au total les restes de 960 000 corps qui, en 1924, auront été exhumés par les autorités. Environ 240 000 ont été rendus aux familles, les autres étant ré-inhumés dans les nouvelles nécropoles. Entretemps, la loi du 29 octobre 1921 avait institué, aux frais de l’État, le droit au pèlerinage annuel pour les familles désireuses de se rendre sur la tombe de leur parent inhumé dans une sépulture perpétuelle (un droit qui, en 2014, est toujours en vigueur). Combien de soldats ont été exhumés illégalement durant ces années ? Impossible de le dire, mais le nombre s’élève sans doute à plusieurs milliers n’appartenant pas tous, loin s’en faut, à des familles aisées capables de supporter le coût de ces transferts illicites.

Malgré les menaces judiciaires qui, conformément à la loi, ont pesé sur ces parents, très peu de poursuites ont été engagées, les acteurs de la justice s’étant montrés sensibles à la détresse des familles. Il y a pourtant bien eu, ici et là, des « mercantis de la mort » et des parents condamnés, principalement à des amendes, mais ils ont été peu nombreux et ces condamnations ont principalement été prononcées lorsque les exhumations ont été faites dans des conditions telles qu’elles ont abouti, dans certaines fosses, à des mélanges des restes humains interdisant de facto toute identification sérieuse des corps demeurant inhumés.

Source : racontemoi1418.fr

 

15/07/2017

LA VOIX SECRÈTE

Lacenaire 2.jpgQuatrième de couverture : Durant l’hiver 1835, sous le règne de Louis-Philippe. Dans un Paris rongé par la misère et les attentats, la police enquête sur un tueur d’enfants, issus des quartiers miséreux. Tous les indices orientent Allard, chef de la Sûreté, et son adjoint vers Lacenaire, le célèbre poète assassin.

Incarcéré à la Conciergerie, celui-ci passe ses journées à recevoir des visiteurs et rédiger ses Mémoires. Un autre crime se produit, révélant davantage de similitudes avec ceux commis jadis par Lacenaire. Allard décide de le solliciter, au grand dam de son adjoint, dans l’espoir de résoudre au plus vite cette enquête tortueuse.

 Entre le policier et l’assassin s’instaure une relation ambiguë, faite de respect et de manipulation. Cette collaboration les entraîne dans les coulisses d’un Paris mystérieux et malsain. Critiqué par ses pairs, Allard s’enlise peu à peu dans ses questions : son ami Lacenaire est-il impliqué dans les crimes ? Si tel est le cas, sa participation à l’enquête ne risque-t-elle pas de nuire à l’enquête et d’aggraver le chaos ambiant ?

 « Ce roman est inspiré de la vie de Pierre-François Lacenaire, célèbre poète et assassin du XIXe siècle. Soucieux de retranscrire le réalisme de l’époque, j’ai néanmoins choisi de traiter l’intrigue sous un angle moderne… comme l’a été à sa manière Lacenaire, premier criminel « rock’n’roll » de l’histoire de France ». (Michaël Mention)

 

 

Lacenaire 3.jpgL'auteur : Michaël MENTION

Nationalité : France, né à : Marseille , le 13/11/1979

Michaël Mention est romancier et scénariste. Il publie son premier roman en 2008 et devient une étiole montante du polar avec Sale temps pour le pays (Grand Prix du roman noir français au Festival de Beaune en 2013) ainsi que Et Justice pour tous (Prix Transfuge du meilleur espoir polar en 2015), tous deux publiés chez Rivages. Il est aussi l'auteur d'un récit documentaire, Fils de Sam, et de Jeudi noir (chez Ombres noires), un roman sur le match de football France-Allemagne de 1982.

 

Mon avis : En général j'aime les romans historiques, surtout si l'auteur s'est bien documenté et qu'il rend un récit près de la vérité. Je ne sais si c'est le cas de cet auteur mais le résultat est plutôt décevant.

Il aurait sans doute fallu que je lise un ouvrage sur la vie et le destin de Lacenaire, j'aurais sans doute mieux appréhendé ses 3 derniers jours qui sont évoqués ici.

J'ai trouvé ce roman beaucoup trop superficiel, je n'y ai trouvé rien d'intéressant, ni de poignant, une approche plus psychologiques des personnages et des relations entre eux aurait sans doute donné plus de relief et de crédibilité à cette histoire où on ne sait la part de réel et d'imaginaire.

Un roman que je vais très vite oublier.

 

Lacenaire 5.jpgEn marge du livre : Pierre François de Lacenaire

Fils d'un bourgeois lyonnais, Pierre-François Lacenaire (1803-1836) est un élève brillant féru de littérature. Après une querelle avec un prêtre qu'il accuse de pédophilie, il est exclu du lycée.

Apprenti employé chez un notaire, il tente quelques petites escroqueries tout en s'essayant à la poésie. Engagé dans l'armée, il déserte et se retrouve sans ressources sur le pavé de Paris.

Les Mémoires, révélations et poésies de Lacenaire, écrits par lui-même à la Conciergerie, seront publiés à titre posthume quelques mois plus tard, en partie censurés par l'éditeur.

Pour en savoir plus : http://republique-des-lettres.com/lacenaire-9782824900872...

 

18/06/2017

UNE PASSION INDIENNE

passion 1.jpgQuatrième de couverture :  1908 : la superbe danseuse andalouse Anita Delgado épouse le maharajah de Kapurthala.

1925 : la "cinquième épouse" se sépare de son mari et quitte l'Inde. Entre ces deux dates, Anita aura vécu une passion tumultueuse à l'origine d'un des plus grands scandales de l'Empire britannique. Une plongée étourdissante dans les fastes d'un monde emporté par l'Histoire, entre conte de fées moderne et roman vrai d'une femme libre.

 

 

 

 

 

 

 

 

passion 2.jpgL'auteur : Javier MORO

 

Javier Moro est un écrivain espagnol né à Madrid le 11 février 1955.

Il fait des études d'histoire et d'anthropologie.

Il a longtemps vécu aux États-Unis où il était scénariste.

 

En 2001, il publie un récit écrit à quatre mains avec son oncle Dominique Lapierre, Il était minuit cinq à Bhopal sur la catastrophe de Bhopal.

Une passion indienne est une biographie romancée d'Anita Delgado, l'épouse de Jagatjit Singh , maharadjah de Kapurthala au début du XXe siècle.

Le roman Le Sari rose, une biographie romancée de Sonia Gandhi, créée une polémique lors de sa sortie en Inde. Le journal India Today lui reproche des inexactitudes, jusque dans le titre (le titre original est El sari rojo [Le Sari rouge], littéralement traduit par The Red Sari dans l'édition indienne, mais selon le journal, le sari de Sonia Gandhi était rose, confusion qui ne concerne pas l'édition française dont le titre avait été initialement rectifié.

En 2011 il obtient le prix Planeta pour son roman L'Empereur aux mille conquêtes.

 

 

Mon avis : le résumé du quatrième de couverture est bien pauvre par rapport au contenu de ce roman historique, il donne à penser qu'il s'agit d'un de ces romans à l'eau de rose pourtant c'est bien plus que cela.

Ce n'est pas de la grande littérature cependant ce récit est intéressant de plusieurs points de vue.

Tout d'abord il y a ce destin absolument incroyable d'Anita Delgado. Elle a 16 ans et est d'une grande beauté quand elle est remarquée lors d'un spectacle de flamenco qu'elle donne avec sa sœur, par un maharadjah âgé de 36 ans. Celui-ci en tombe immédiatement amoureux et véritablement "achète" la jeune fille à ses parents, des personnes pauvres qui ne peuvent résister à la fortune qu'on leur offre.

Anita Delgado épouse donc ce maharadjah et quand elle arrive en Inde elle apprend qu'il a déjà 4 épouses et 4 fils. Sa vie sera évidemment fastueuse mais pas évidente à vivre, rejetée par les autres épouses, ignorée par les autorités britanniques, elle fera front avec un courage et une volonté extraordinaire.

Le roman est également un véritable témoignage de l'histoire des maharadjahs, extravagants, excentriques, qui ne reculent devant rien pour s'offrir tout ce qu'ils ont envie, pour satisfaire tous leurs caprices et cela va très très loin.

Si l'histoire d'Anita Delgado est surprenante, la vie de son mari, maharadjah de Khapurtala ne l'est pas moins.

Puis c'est aussi la période de la première guerre mondiale, les contingents de soldats indiens qui sont envoyés en Europe, l'impérialisme britannique, la montée de Gandhi et la fin du règne de ces seigneurs d'une autre époque.

Un très bon moment de lecture, des destins et des vies incroyables. Un auteur qui s'est très bien documenté et si son récit est romancé, l'histoire est très proche de la réalité.

 

 

En marge du livre : Jagatjit Singh Maharadjah de Khapurtala

 

passion 5.jpgpassion 4.jpgJagatjit Singh était amoureux de la France et du style Louis XIV ; le palais d’Agrat qu’il se fit construire est presque une réplique de Versailles.

Cet article est savoureux ; il montre que le Tout-Paris était impressionné par le faste et la richesse de ces Maharadjahs indiens. Il révèle aussi le décalage qui existe entre l’occident et l’orient…

http://www.indiablognote.com/article-le-maharadjah-de-kap...