16/03/2018

LES PASSEURS DE LIVRES DE DARAYA

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Lu et commenté par Marie-Line

Quatrième de couverture: De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd'hui d'étouffer. Ce récit, fruit d'une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

 

 

Daraya 2.jpgL'auteur: Delphine MINOUI

 

Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd'hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. Elle est également l'auteur des Pintades à Téhéran (Jacob-Duvernet), de Moi, Nojoud, dix ans, divorcée (Michel Lafon), de Tripoliwood (Grasset) et de Je vous écris de Téhéran (Seuil).

 

Ma critique:

"A travers les mailles d'une mauvaise connexion internet, unique lucarne sur le monde extérieur, il me raconte sa ville dévastée, les maisons en ruine, le feu et la poussière, et dans tout ce fracas les milliers d'ouvrages sauvés des décombres et rassemblés dans ce refuge de papier auquel tous les habitants ont accès. Des heures durant, il évoque en détail ce projet de sauvetage du patrimoine culturel, né sur les cendres d'une cité insoumise. Puis il me parle des bombardements incessants. Des ventres qui se vident. des soupes de feuilles pour conjurer la faim. Et de toutes ces lectures effrénées pour se nourrir l'esprit. Face aux bombes, la bibliothèque est leur forteresse dérobée. Les livres, leurs armes d'instruction massive."

Dès les premières pages, le récit prend aux tripes, s'insinue dans le cœur et le fait gonfler d'espoir. Dès les premières pages, j'ai senti que cette lecture serait un coup de cœur et, en effet, je ne l'ai plus lâchée jusqu'à la dernière ligne! Les larmes ont coulé quelques fois, le souffle s'est coupé souvent, mille sentiments se sont bousculés, la raison s'est dérobée, le cœur s'est déchiré... d'autant plus qu'il ne s'agit pas d'un roman mais d'un témoignage! Et si, n'étant pas une spécialiste de la politique internationale, je n'ai pas toujours tout compris, j'ai été très ébranlée par ce récit, qui laisse un gout amer et sans nul doute une trace indélébile!

 

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"Les voilà, ces jeunes de Daraya. Les voilà zigzaguant dans les gravats, des piles de livres dans les bras.

Derrière eux, un décor de désolation. Immeubles éventrés. Taule arrachée. Murs lacérés. Collines de béton reconquises par les herbes folles. Et ce sourire sur les visages, petite victoire face au chaos, à chaque fois qu'ils déterrent de nouveaux trésors de papier."

15/02/2018

JE SUIS NÉ UN JOUR BLEU

asperger 1.jpgQuatrième de couverture :  "Je suis né le 31 janvier 1979. Un mercredi. Je le sais parce que dans mon esprit, le 31 janvier 1979 est bleu. " Daniel Tammet est un autiste savant aux capacités hors du commun, un génie des nombres. Il a ainsi mémorisé les 22514 premières décimales de Pi, parle dix langues et a appris l'islandais en quatre jours. Pour lui, les nombres sont des formes et des couleurs. Dans ce témoignage plein d'espoir, il explique comment il a mis toute son énergie pour sortir de ces ténèbres qui l'ont longtemps coupé du monde et comment il a réussi à se socialiser. Un voyage en couleur qui entrouvre la prison de l'autisme. "

 

 

 

 

 

 

asperger 2.jpgL'auteur : Daniel TAMMET

Daniel Tammet, né Daniel Paul Corney le 31 janvier 1979 à Barking, est un écrivain, poète et hyperpolyglotte anglais, diagnostiqué avec de l'épilepsie dans l'enfance, puis le syndrome d'Asperger à l'âge adulte.

Il s'est fait connaître par sa synesthésie, à l'origine de ses capacités de mémoire. Le 14 mars 2004, il récite les 22 514 premières décimales de Pi en 5 heures, 9 minutes et 24 secondes, établissant un record du monde.

Daniel Tammet est l'aîné d'une fratrie de neuf enfants, et vit une enfance très modeste dans le sud de l'Angleterre. Il souffre de crises d'épilepsie à l'âge de 3 ans (crises aujourd'hui définitivement guéries) qui sont sans doute à l'origine de sa synesthésie.

Il est diagnostiqué autiste Asperger à l'âge de 26 ans, au centre de Recherche sur l'Autisme de l'université de Cambridge, par Simon Baron-Cohen. Il a la particularité d'avoir à la fois développé des capacités de communication proches de la norme, ce qui différencie le syndrome d'Asperger des autres formes d'autisme, ainsi que des aptitudes singulières dans les domaines des nombres et des langues.

 

Œuvres principales :

Je suis né un jour bleu (2007)

Embrasser le ciel immense (2009)

L'Éternité dans une heure (2013)

C'est une chose sérieuse que d'être parmi les hommes (2014)

Mishenka (2016)

Chaque mot est un oiseau à qui on apprend à chanter (2017)

https://youtu.be/U0G1K7zTTLo

 

Mon avis : un témoignage étonnant et intéressant d'un jeune homme autiste qui arrive à exprimer clairement sa vie depuis sa tendre enfance. Il nous fait découvrir et nous aide à comprendre ce que vivent et ressentent les autistes. Il partage avec beaucoup de sincérité ses expériences positives et négatives, ses craintes, ses habitudes, ses phobies, ses progrès, sa vie sociale, ...

Un jeune homme  différent qui a accepté sa différence et qui est arrivé à être différent parmi les autres, un jeune homme heureux dans la vie.

Un beau message d'espoir pour les parents d'autistes, un récit émouvant car authentique.

 

 

En marge du livre : L'étrange monde de la synesthésie

La synesthésie est un phénomène dans lequel une stimulation unimodale conduit à une perception dans une autre modalité. Par exemple, des notes de musique, des lettres et des chiffres peuvent entrainer la perception de couleur, des gouts peuvent être associés à des formes tactiles. Des recherches récentes ont montré que la synesthésie est un phénomène bien réel avec des corrélats génétiques, perceptifs et cérébraux. Nous allons présenter dans cet article quelques uns de ces faits ainsi que les questions qui nécessitent encore des investigations, notamment chez l’enfant. Les prochaines générations de scientifiques et de pédiatres devront reconnaitre la synesthésie chez l’enfant pour en explorer les racines développementales et leurs conséquences.

En 1871, Arthur Rimbaud publia un sonnet intitulé voyelles qui a amené le monde artistique européen de la fin du XIXième siècle à s’intéresser au phénomène de la synesthésie qui associe, par exemple, certaines lettres avec certaines couleurs. Bien qu’il soit généralement admis que Rimbaud n’était pas synesthète lui-même, son poème demeure une description frappante de ce que cela doit être d’expérimenter cette insolite association des sens. Certains synesthètes perçoivent du bleu lorsqu’ils entendent la note Ré jouée sur un piano et du rouge pour la note Fa (audition colorée), ou même ressentent des formes tactiles lorsqu’ils goûtent différentes nourritures. D’autres synesthètes voient en couleur les lettres de l’alphabet, même lorsqu’elles sont imprimées en encre noire. Ces personnes ne sont ni folles, ni ne souffrent d’un désordre neurologique. Elles font partie du petit groupe, estimé entre 1/20 et 1/2000, de gens normaux qui sont synesthètes.

Chez eux, les sens, toucher, gout, audition, vision et odorat, sont « mélangés » au lieu de rester séparés...              Suite de l'article à l'adresse suivante :

http://acces.ens-lyon.fr/acces/thematiques/neurosciences/...

 

28/12/2017

SYSTEMAFRIC 2.0

systemafric 1.jpgQuatrième de couverture : Les chroniques de Jean-Claude Logé enfin réunies et imprimées dans son Blook ! L’homme est connu pour son franc-parler. Il parle tout haut de ce que beaucoup pensent tout bas. 

Systemafric est un cri de rage contre un système capitaliste à l’agonie, une démocratie confisquée par des ploutocrates, une justice paralysée, des guerres de religions qui menacent à l’évidence.

Jean-Claude Logé, entrepreneur infatigable, a animé le paysage technologique belge pendant 30 ans avec sa société Systemat et ses 2000 collaborateurs...jusqu’à son arrivée  en Afrique qui est devenue sa révélation, car comme il le dit : « je me suis assez occupé de moi, il est temps que je m’occupe des autres parce que j’ai mal aux autres… »

https://www.leseditionsdelhirondelle.com/catalogue-leh/57-systemafric-9782960204018.html

 Le livre est également disponible sur Amazon.

 

 

 

systemafric 2.jpgL'auteur : Jean-Claude LOGÉ

Né le 30 mars 1941, Jean-Claude Logé est un entrepreneur belge.

Sa formation de base il l'a acquise au Collège Saint Servais de Liège, une période pénible qui lui a forgé un caractère d'acier, normal dans la cité des métallos.

Après les Jésuites de Liège, il continue ses études dans les auditoires de l'UCL à la faculté des Sciences Commerciales et Financières dont il sortira diplômé en 1963.

Sa vocation de commerçant commence d'abord dans le domaine des assurances pour se diriger ensuite vers les nouvelles technologies. En bon visionnaire qu'il a toujours été, c'est dans les solutions informatiques qu'il prend sa véritable dimension. Systemat naît, le succès est au rendez-vous et le conduit jusqu'au titre de manager de l'année en 1996.

Quand la retraite sonne, cet hyperactif a du mal à trouver sa place dans la société. Finalement après un divorce et un remariage, il s'installera au Sénégal ou il peut donner libre cours à sa vision critique du monde, il distille avec la verve, l'humour et un cynisme incroyable, un billet d'humeur qui ne laisse personne indifférent.

Son bonheur au Sénégal sera de courte durée comme il le dit : "Mon Hiroshima s'est produit très exactement le 21/05/2016 à 16h30... Tout s'est écroulé en 15 minutes chrono!”. Victime d'un complot qui visait à l'enfermer chez les fous, il fuit le Sénégal pour revenir en Belgique. Ses ennuis sont loin d'être terminés et son combat continue.

https://jeanclaudeloge.com/

https://www.facebook.com/jeanclaude.loge

 

 

Mon avis : Un livre atypique, qui ne ressemble à aucun autre, dans un certain sens philosophique et auto biographique, c'est avant tout un cri de rage,  une critique impitoyable du monde dans lequel nous vivons.

Systemafric 2.0, un livre qui lui ressemble, cet homme au grand cœur, à la sensibilité à fleur de peau est aussi un caractère bien trempé qu'il ne faut pas ennuyer, ni énerver, il vaut mieux être son ami que du côté de ses ennemis. Un homme très attachant qui a un égo surdimensionné, une haute opinion de lui même.

A la page 17, le ton est donné : "Ma vie fut un roman de capes et d'épées avec une prise de conscience, comme jeune quadragénaire, de la fulgurance cosmique de ma pensée géniale".

Ce blook, c'est du lourd au propre comme au figuré, 511 pages, 650 grammes sur  papier fort, des photos couleurs, un ouvrage de qualité.

Un livre qui se déguste par petites gorgées comme un vieil armagnac "Chabot"- 1996, lentement il faut en mesurer toute la profondeur, il faut en apprécier la richesse et la puissance, il est long en bouche, il monte à la tête.

Ce pavé se décline en 7 rubriques : Afrique, Belgique, Jungle, Entreprise, Systemat, Histoire, Religions, tous les thèmes de prédilection de JCL qu'on retrouve sur sa page facebook et sur son blog.

Personne n'échappe à la critique, elle est forte, cynique, l'humour corrosif est omniprésent mais que de vérités bien exprimées.

Un livre dans lequel j'irai me replonger régulièrement.

 

systemafric 4.jpgQuelques morceaux choisis : Comme je le disais plus haut, personne n'échappe à la critique, les américains, les syndicats, les organisations patronales, les politiciens, les banquiers, les juifs, les flamands, l'enseignement, etc...

Je vous livre quelques extraits, histoire de vous mettre l'eau à la bouche :

 

La Complexité du gigantisme.(29-07-2015)

"Une fois encore, force est de constater que toute œuvre humaine, entachée de gigantisme, sombre rapidement dans l'escroquerie, la corruption, la voracité féroce de ses cadres dirigeants ...ce fut vrai pour la FIFA.....c'est vrai de toutes les sectes religieuses.... c'est vrai de toutes les multinationales du crime organisé...Plus c'est grand, plus c'est gros...plus c'est con, plus c'est dangereux.

L'esprit humain n'est pas fait pour gérer la complexité du gigantisme.....cela finit chaque fois en catastrophes que nous sommes incapables de maîtriser...Or la course au gigantisme est lancée.

Tchernobyl, Fukushima, Plutonium, Bulles immobilières, Krachs boursiers, Junk bonds, subprimes, Dettes souveraines n'ont donc rien appris à personne...Depuis 1930, tout repart chaque fois de plus belle avec la complicité arrogante de ces gens qui savent tout quand nous devrions savoir qu'ils ne savent rien.

Le pire est donc certain...c'est la date qui est incertaine... Le niveau de risque n'est humainement plus gérable...il devient une certitude dans un agenda qui nous échappe...Comme les habitants de Naples à proximité du Vésuve, nous dormons sur plusieurs volcans qui n'attendent que leur momentum pour entrer en éruption."

 

....Le bilan de Monsieur Obama n'est pas mauvais...il est simplement catastrophique...Come si ce n'était pas assez, il faut encore qu'il menace la Russie de Vladimir Poutine avec l'Ukraine nazie, sa Crimée Russe, base navale historique de la flotte russe en Mer Noire.

Preuve est faite qu'il ne suffit pas de se promener dans son Boeing "Air Force One", descendant la passerelle avec ce déhanchement chaloupé du basketteur-pivot de Berchem-Ste-Agathe pour régler des questions complexes.

Heureusement il a sa copie conforme gominée, le cowboy grisonnant, John Kerry du Colorado, l'amerloque perdu dans son univers impitoyable...Avec Obama on sait qu'il ne se passera rien, avec Kerry, on en est sûr.

Arriverait bientôt la femme-piranha, Hillary Clinton, cornaquée par son mari play-boy, amateur de pipes. On entre alors dans la caverne de Platon qui annonce de nouvelles catastrophes."

 

Le syndicalisme (15-12-2014)

Le syndicalisme tel qu'il a été pratiqué à Bruxelles, avec des métastases en province, est juste une honte...un vomitorium....une chiotte....un égout...un tas de merde orchestré par des salauds confortablement installés dans leurs bureaux capitonnés du boulevard de l'Empereur.

Lancer des hordes de débiles ivrognés sur notre délicieuse capitale en obligeant de malheureux policiers à se battre pour éviter le pire est un crime contre l'ordre public. Cela n'a rien à voir avec le droit de grève ou de manifester... Ce ne sont plus que des attaques à main armée organisées par des esprits malades de cette haine rouge sang qui transpire en Belgique.

Le grand jour est arrivé mais il n'est pas encore vécu à l'heure où j'écris.. il ne nous reste plus qu'à croiser les doigts et à espérer que la raison l'emporte...Ce qui est évidemment peu probable...Le syndicalisme tel qu'il est conçu aujourd'hui n'est plus qu'un appel à la haine des patrons dans une totale confusion des genres...comme si le patron, entrepreneur d'une PME était le patron manager de Delhaize ou Belgacom...Tout cela est évidemment grotesque.

Pour avoir vécu l'entrée des syndicats dans une moyenne entreprise, je connais leurs capacités de nuisance et cette volonté de se servir de l'entreprise au lieu de la servir.

Pour les délégués syndicaux très protégés, il ne s'agit que d'acquérir une garantie d'emploi et un confort de vie au service d'un syndicat qui ne les paye pas...nombreuses formations inutiles, réunions superfétatoires...Ils ne font que critiquer l'entreprise qui les emploie, qui les paye, tout en se gardant bien de la quitter pour aller exercer leurs talents évidents sous d'autres cieux.....Ils aiment trop leur entreprise....Zut alors..