24/01/2017

LE FILS

roman d'aventures,texas,indiens,philipp meyer,usa,sagaQuatrième de couverture : Eli McCullough, le Colonel, marqué à vie par trois années de séquestration chez les Comanches, prend part à la conquête de l'Ouest avant de s'engager dans la guerre de Sécession et de bâtir un empire. Peter, son fils, révolté par l'ambition dévastatrice du père, ce tyran autoritaire et cynique, profite de la révolution mexicaine pour faire un choix qui bouleverse son destin et celui des siens.

Jeanne-Anne, petite-fille de Peter, ambitieuse et sans scrupules, se retrouve à la tête d'une des plus grosses fortunes du pays, prête à parachever l'œuvre de son arrière-grand-père.

De 1850 à nos jours, une réflexion sur la condition humaine et le sens de l'Histoire à travers les voix de trois générations d’une famille texane.

Une fresque sidérante, un tour de force littéraire. (Lire.)

Un monument d’histoire sur la création et l’évolution du Texas, et au-delà, de la mythologie américaine. (Le Parisien.)

Une superbe épopée, d’une grande finesse. (Le Monde des livres.)

Prix Littérature-monde étranger 2015.

 

 

 

fils 2.jpgL'auteur : Philipp MEYER

Nationalité : États-Unis

Né à : New York City , le 1 mai 1974

Biographie :Philipp Meyer a grandi à Baltimore dans le Maryland.

Après avoir travaillé pendant cinq ans comme mécanicien et occasionnellement comme bénévole à Baltimore Shock Trauma Center, Philipp Meyer a tardivement repris ses études à l'Université Cornell, où il a étudié l'anglais. Puis il a travaillé comme trader chez UBS avant de se consacrer à sa passion : l'écriture. Lorsque les tentatives de publication de son roman a échoué, Meyer a trouvé des emplois comme technicien médical des services d'urgence et ouvrier du bâtiment. Il se préparait à une carrière à long terme comme un auxiliaire médical lorsque, en 2005, il a reçu une bourse à l'Michener Center for Writers à Austin, au Texas, où il a écrit une grande partie de son roman American Rust ( Un arrière-goût de rouille).

Il partage son temps entre le Texas et Ithaca, New York.

Un arrière-goût de rouille, qui a fait l'unanimité de la critique et du public outre-Atlantique, est son premier roman.

 

 

Mon avis : Philipp MEYER nous livre une grosse brique de plus de 700 pages, une saga familiale sur plusieurs générations, jamais ennuyeuse, toujours passionnante et captivante, une formidable épopée.

Le récit est construit sur 3 personnages, sur 3 époques de 1850 à nos jours, il y a d'abord Eli, le colonel enlevé par les Comanches à l'âge de 11 ans, il y a Peter son fils qui a beaucoup de mal à adhérer à ce monde brutal et impitoyable et Jeanne-Anne l'arrière petite fille, riche héritière qui gère d'une main de fer son héritage mais qui rate sa vie privée.

Les chapitres sont courts, le style est simple et direct, l'auteur passe alternativement d'une époque à l'autre et l'arbre généalogique en début du livre est bien utile pour s'y retrouver dans tous les personnages.

Les 3 époques sont un peu inégales, la narration est différente, les chapitres concernant Eli sont écrits à la première personne, pour ce qui est de Peter, c'est son journal intime qui nous est livré quant à la partie dédie à Jeanne-Anne, c'est écrit à la 3ème personne.

Les chapitres les plus passionnants concernent Eli et sa vie pendant 3 ans chez les Comanches, on y découvre à travers un beau travail de documentation de l'auteur, les us et coutumes de ceux-ci, leur vision de la vie. C'est brutal et cruel mais à la fois romantique et plein d'humour.

Tout y est, la chasse au bison (dans le bison tout est bon !), le vol des chevaux et du bétail, le scalp des ennemis, la torture incroyable des captifs, le viol, l'importance des femmes, la sexualité , mais aussi beaucoup d'humanité.

C'est du cinéma, du western mais avec beaucoup plus d'images, on est dans l'action, dans les paysages splendides du Texas, dans les troupeaux de bovins, dans les mustangs, puis dans la guerre avec les Mexicains, dans la guerre de Sécession et dans la découverte de l'or noir. J'ai retrouvé des films comme "Légendes d'automne" de Edward Zwick, "Géant" de Georges Stevens, ou encore de "La prisonnière du désert" de John Ford.

Un petit regret quand même, l'auteur ne rend pas très bien les émotions des protagonistes, néanmoins un très bon moment de lecture.

 

En marge du livre : les Comanches

Pendant plus de 150 ans ,les Comanches ont terrorisé , pillé les colonies blanches et repoussé les tentatives d'empiètement sur leurs territoires de chasse du Texas . Lorsque l'on tombait sur le moindre indice trahissant leur présence , il était recommandé de faire demi tour. Tous les historiens et les récits des premiers voyageurs s'accordent à dire qu'ils ont été redoutés des tribus voisines et des blancs , Espagnols puis Américains C'est en juin 1875 , a fort Sill dans l'Oklahoma, que ces Indiens réputés être les meilleurs cavaliers du monde se rendront aux autorités militaires......

http://tepee17.kazeo.com/les-comanches-a121249286

 

Quanah PARKER :

fils 4.jpgPar ses origines (métis de mère blanche) et son parcours Quanah Parker restera sans doute le plus grand et le dernier chef des Indiens Comanche.

Quanah Parker est né dans la décennie 1840 (entre 1845 et 1849) dans la région de la montagne Wichitaqui se trouve maintenant en Oklahoma. Il est le fils du chef Comanche Peta Nocon et d'une "Anglo-Texane" Cynthia Ann Parker. Outre sa langue, Quanah parlait l'espagnol et l'anglais.

 

Cynthia Ann Parker, la mère de Quanah Parker, était membre de la grande famille Parker de la frontière qui s'était installée à l'est du Texas dans les années 1830. Elle fut capturée en 1836 par des Indiens Comanche pendant l'incursion qu'ils firent à Fort Parker près de Groesbeck, Texas. Peta Nocona, un jeune Comanche âgé de 13 ans qui participait à sa première bataille, kidnappa Cynthia Ann Parker alors agée de neuf ans, qui fut la seule survivante de ce massacre. Élevée dans la tribu on lui donna le nom Indien de Nautdah. Cynthia Ann fut finalement mariée à son kidnapper Peta Nocona (appelé Puhtocnocony par les Indiens). Ils eurent trois enfants: Pecos, Quanah, et Prairie Flower.

http://medarus.org/NM/NMPersonnages/NM_10_03_Biog_Natives...

 

28/12/2016

UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE

Pollock 1.jpgQuatrième de couverture : 1917. Quelque part entre la Géorgie et l’Alabama. Le vieux Jewett, veuf et récemment exproprié de sa ferme, mène une existence de misère avec ses fils Cane, Cob et Chimney, à qui il promet le paradis en échange de leur labeur. À sa mort, inspirés par le héros d’un roman à quatre sous, les trois frères enfourchent leurs chevaux, décidés à troquer leur condition d’ouvriers agricoles contre celle de braqueurs de banque. Mais rien ne se passe comme prévu et ils se retrouvent avec toute la région lancée à leurs trousses. Et si la belle vie à laquelle ils aspiraient tant se révélait pire que l’enfer auquel ils viennent d’échapper ?

Fidèle au sens du grotesque sudiste de Flannery O’Connor, avec une bonne dose de violence à la Sam Peckinpah mâtiné de Tarantino, cette odyssée sauvage confirme le talent hors norme de Donald Ray Pollock.

 

 

 

 

 

 

 

Pollock 2.jpgL'auteur : Donald Ray POLLOCK

Originaire de l'Ohio, Donald Ray Pollock a été ouvrier pendant trente-deux ans dans une usine de pâte à papier, avant de prendre le chemin de l'université et de se consacrer à l'écriture. Publié en 2008 aux États-Unis, son recueil de nouvelles Knockemstiff a marqué l'avènement d'une voix majeure dans la littérature américaine.

À 50 ans, il s'inscrit à des cours d'écriture créative à l'Université d'État de Durant la campagne présidentielle de 2008, le New York Times publie régulièrement ses dépêches sur les élections vues depuis le sud de l'Ohio

Son deuxième ouvrage, The Devil All the Time (Le Diable, tout le temps), paraît en 2011. Publishers Weekly le considère comme l'un des dix meilleurs livres de l'année.

En 2012, Donald Ray Pollock reçoit la Bourse Guggenheim (Guggenheim Fellowship) dans la catégorie « Arts créatifs et champ de la fiction »

Son premier roman, Le Diable, tout le temps, publié en France en 2012,  a rencontré un succès absolu, distingué par le Grand Prix de Littérature policière et élu « Meilleur livre de l'année 2012 » par le magazine Lire.

 

 

Mon avis : J'avais vraiment apprécié son premier roman, "le diable tout le temps" (voir ma publication) et j'étais curieux de découvrir son deuxième roman, la confirmation n'étant pas toujours évidente;
On retrouve quelques points communs entre les 2 livres : l'intrigue se passe dans l'Amérique profonde, dans l'Ohio et plus particulièrement dans les terres désolées du milieu agricole où il n'y a aucun avenir et les personnages qui sont tout aussi tordus et tarés que dans le premier roman.

Pollock nous propose en parallèle une double histoire, la première concerne la fratrie des Jawett, une famille de miséreux bouseux qui décide le jour où leur père décède d'arrêter de travailler comme des forçats pour des salaires de misère, ce sera l'argent facile en attaquant des banques. Ces trois frères font vraiment penser aux Dalton, seul l'aîné sait lire, le second est obsédé par les femmes, le troisième est arriéré.

La seconde histoire concerne une famille de petits agriculteurs qui se sont faits escroqués pitoyablement, qui ont perdu leurs 1000 dollars économisés tout au long d'une vie de labeur et dont le fils de 16 ans, alcoolique et bon à rien, a quitté la maison sans crier gare.

Toute une série de personnages secondaires gravitent dans l'entourage de ces "héros", pratiquement pas un seul n'est à tirer du lot, des affreux, sales et méchants, des sadiques, des illuminés, des tordus, tous ont des pedigrees incroyables, du barman assassin au lieutenant homosexuel en passant par le proxénète, les prostituées , le négro de service, les pervers de la pire espèce, etc..

Ce roman est véritablement l'anti thèse du roman à l'eau de rose, c'est dur, cruel, déjanté, glauque, sanglant, l'humour omniprésent est noir et grinçant, les situations sont burlesques et il vaut mieux tout prendre au second degré. Tous ces personnages finiront par se croiser dans un final assez époustouflant.

L'auteur arrive à insérer quelques moments de tendresse dans cet univers tellement cruel, il nous livre un roman qui se boit comme du petit lait ou plutôt comme un rude Whiskey qui racle la gorge et brûle l'estomac.

Et comme l'écrit le "Figaro littéraire" : "Ce livre nous laisse sonné, hagard, au bord de la route, avec à peine la force de tendre le pouce. A côté, tous les romans semblent fades."

 

 En marge du livre :

Le journal du Quebec

http://www.journaldequebec.com/2016/11/19/un-roman-qui-vaut-vraiment-la-peine-detre-lu

L’Américain Donald Ray Pollock nous offre une nouvelle raison de l’apprécier à sa juste valeur, Une mort qui en vaut la peine ressuscitant avec brio l’époque des voleurs de grands chemins.

 

Pollock 4.jpgLe camp Sherman de Willicothe, c'est autour de ce camp militaire que gravite une partie de l'histoire. En fait Pollock voulait écrire un roman historique mais en définitive il n'a gardé que le lieu, tout le reste est de son imagination.

http://www.ohiohistorycentral.org/w/Camp_Sherman

28/02/2016

LE SEIGNEUR DES PORCHERIES

Porcherie 1.jpgQuatrième de couverture : Ce premier roman singulier commence avec la mort d'un mammouth à l'ère glaciaire et finit par une burlesque chasse au porc lors d'un enterrement dans le Midwest d'aujourd'hui. Entre-temps, on aura assisté à deux inondations, à quatorze bagarres, à trois incendies criminels, à une émeute dans une mairie, à une tornade dévastatrice et à l'invasion de méthodistes déchaînés ; on aura suivi la révolte d'une équipe d'éboueurs et vu comment un match de basket se transforme en cataclysme.


Tout se passe dans la petite ville de Baker, sinistre bourgade du Midwest ravagée par l'inceste, l'alcoolisme, la violence aveugle, le racisme et la bigoterie. Au centre des événements, John Kaltenbrunner, un enfant du pays, en butte à toutes les vexations, animé par une juste rancoeur. Comment John se vengera-t-il de la communauté qui l'a exclu ? Jusqu'où des années de désespoir silencieux peuvent-elles conduire un être en apparence raisonnable ?

 

 

 


L'auteur : TRISTAN EGOLF

roman,usa,tristan egolfNationalité : États-Unis
Né à : San Lorenzo del Escorial,Espagne , le 19/12/1971
Mort à : Lancaster , le 07/05/2005
Biographie :
Son père, Brad Evans, est journaliste à la National Review, et sa mère peintre. Après le divorce de ses parents, il prend le nom de famille de son beau-père, Gary Egolf. Il a une sœur actrice, Gretchen Egolf.
Acteur et écrivain, Tristan Egolf publie Le Seigneur des porcheries en 1998, un premier roman qui le fait connaître du grand public.
Son manuscrit a pourtant été refusé par plus de soixante-dix maisons d'éditions américaines. Pour gagner de l'argent, il fait du théâtre, de la peinture et s'installe à Paris où il joue de la guitare sur le pont des Arts.
Il est repéré par la fille de Patrick Modiano. Celle-ci l'héberge et présente son roman aux éditions Gallimard, qui le signent.

En 2002 il écrit un deuxième roman Jupons et violons, un autre, Kornwolf, est publié en 2009. La critique le compare à John Steinbeck et William Faulkner.
Activiste politique, l'écrivain affiche au grand jour ses convictions. En juillet 2004, il est arrêté par la police en Pennsylvanie. Lors d'une visite du président George W. Bush, il forme, avec d'autres hommes en string, une pyramide humaine pour dénoncer les tortures dans la prison d'Abou Ghraïb en Irak.
Tristan Egolf, que l'on disait dépressif, se suicide à l'âge de trente-trois ans.

 

Mon avis :

Les trente premières pages intitulées "l'argument", m'ont laissées un peu K.O., même en les lisant deux fois, rien ne me paraissait ni clair, ni emballant. Déjà la première phrase d'une longueur étonnante est assez indigeste, voilà qui ne disait rien de bon pour la suite.
Pourtant, dès le premier chapitre qui est d'un tout autre style, on peut commencer à découvrir le destin tragique de John Kaltenbrunner et on accroche au récit.
Il y a dit-on des personnes nées sous une mauvaise étoile, c'est le cas de notre héros qui vient au monde orphelin de père, qui est élevé par une mère dépressive qui ne lui donne aucun amour. D'une intelligence redoutable, complètement asocial, il se prend en charge dès son plus jeune âge, à 8 ans il commence à remettre en ordre la ferme familiale, il commence un élevage de poulets, ensuite de moutons jusqu'au jour où une tornade vient tout détruire. La suite est une succession de déboires plus incroyables les uns que les autres.
L'histoire se passe dans le Mid-west, l'Amérique profonde et un peu comme dans le roman "Le diable tout le temps" de Donald Ray Pollock Pollock, roman que j'avais évoqué il y a quelques semaines, les personnages les plus affreux font partie du décor.

J'ai adoré le style, direct, sans temps mort, parfois quelques longueurs, c'est cruel, noir, d'un humour acide comme j'aime, un style très imagé qui fait merveille avec ce récit. Une étude de mœurs sans doute caricaturale et exagérée, où chacun en prend pour son grade, les dames de charité de l'église méthodiste sont appelées "les harpies", les ouvriers d'usine sont "les rats d'usine", les ploucs sont des "trolls", il y a encore les "rats de rivière", les "hessiens", les "torche-collines", etc...
Je me suis régalé avec ce roman, tout est dans la démesure, c'est révoltant et finalement on se prend à aimer ce John Kaltenbrunner qui est pourtant loin d'être un enfant de coeur. Sa haine de la société va l'entraîner dans un parcours tout à fait étonnant.

Un roman comme on en redemande.

 

En marge du livre : Juste pour un peu situer le décor, l'action se passe dans le MidWest dans ce qu'on Porcherie 3.jpgappelle la "Corn Belt", une région rude qui produit jusqu'à 80% de la production totale de maïs aux Etats Unis mais parfois victime de conditions climatiques catastrophiques.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/04/13/la-seche...

 

19:58 Publié dans Livre | Tags : roman, usa, tristan egolf | Lien permanent | Commentaires (0)